Histoires Des Invités

 

Le Loup 10

Par Arkann

 

Valérie avait l’air un peu inquiète. Elle se mordillait la lèvre inférieure, tentait de ne rien laisser paraître. C’était bien la première fois depuis qu’elle m’appartenait que je m’affirmais d’une telle manière. Je n’étais pas très confortable, mais c’est elle qui avait décidé de faire de moi son Maître, et elle pouvait arrêter quand bon lui semblait.

Et puis, j’avais décidé de trouver un moyen de la punir pour la surprise délectable qu’elle m’avait fait, quelques heures plus tôt, sans m’en parler.

Nous étions dans sa chambre. Son embarras était profond. Avec un Maître de Shavayan, elle n’aurait aucunement été timide, mais avec quelqu’un sans… instruction, provenant de Kivat de surcroît?

Sa garde-robe contenait beaucoup de vêtements. De beaux vêtements, de très bonne qualité. Certains étaient très osés, d’autres étaient clairement voués à la chambre à coucher. Il me faudrait la faire parader dans ses vêtements, afin d’apprécier tous les styles, toutes les nuances.

Sa nervosité augmentait alors que je m’approchai de la commode avec ses tiroirs. Ceux du haut contenaient ses sous-vêtements. Encore plus de choses à lui faire essayer. Les deux tiroirs du milieu contenaient plusieurs autres vêtements.

Une boîte d’acier épais, barrée. « Mes armes, » elle me dit. Je lui répondis d’un hochement de tête. Je brûlais de curiosité, mais j’assouvirais celle-ci un autre jour.

Puis les deux tiroirs du bas… je m’étais attendu à des surprises… j’étais servi. Tout était bien rangé dans des boîtes, par catégorie. Tout plein d’objets dont le but m’échappait. Mais d’autres ne laissaient aucun doute. Des menottes, des chaînes, des gants de cuir qui ne permettaient pas l’usage des doigts. De la corde. De petits cadenas. Des bracelets de cuir, pour les poignets et les chevilles, avec des anneaux. Des colliers. Tout ça dans une seule boîte.

J’en ouvris une autre. Une sorte de petite culotte en métal et en cuir, avec une serrure. Je la tournai de tous les bords, pour comprendre ce que c’était. Puis je la regardai. « Ceinture de chasteté, » elle m’informa, avec un petit sourire mal à l’aise. J’avais entendu parler de telles choses, mais avant maintenant… j’étais un peu sidéré.

Il y avait une sorte de harnais dans la même boîte, encore une fois fait pour être porté comme une petite culotte. Un regard vers elle.

« Est-ce bien nécessaire, Maître, » elle me demanda, plaintivement.

« Oui. Je suis fasciné. »

« Harnais pour godemiché. Cela me permet de satisfaire une femme. De tenir le rôle du mâle. »

« Oh. » Je pouvais l’imaginer dans les bras de Vaya, lui faisant l’amour ainsi. L’image m’excitait. « Tu l’as souvent fait avec Vaya? »

Elle ne me répondit pas immédiatement. « Je ne peux pas répondre. »

Non. Pas la renarde jouant le mâle avec une louve. Non. Mais je pouvais très bien voir Vaya avec un item similaire, faisant usage de la renarde. Une suspicion. « Tu l’utilises avec ses autres esclaves, avec les mâles! »

Elle ne répondit pas, mais je savais la lire, de mieux en mieux. Elle aurait pu crier l’affirmative, et ça aurait été aussi clair. Puis, avec un sourire effronté, contre-attaquant, « les mâles aiment beaucoup, Maître. Je suis très douce, quand je le veux. Je comprends que vous ne vous êtes jamais fait monter ainsi? »

Je lui jetai un regard carnassier. « C’est pas demain la veille. »

Elle ignora l’avertissement implicite, me donnant un sourire innocent. « Vous verrez, c’est très bon, surtout si une autre femme s’occupe de… l’autre bord. Mia ho’Shavayan adorerait, je suis certaine. »

« Ça je n’en doute pas. Ne va surtout pas lui mettre des idées dans la tête. »

Un silence coupable s’ensuivit. Elle y avait pensé.

Je replaçai les objets, puis refermai la boîte. Une autre. Tout plein de bouteilles et de petits flacons. Des huiles, des parfums, des lubrifiants. L’une d’elle montrait un loup mâle, l’air égaré, la langue pendante. Aucune autre information.

J’étais curieux. Elle reconnu la bouteille. « Maître! Non! » Elle bougeait vite, eut le temps de mettre une main sur la mienne alors que je dévissais le capuchon. J’arrêtai, la regardant curieusement. Elle allait expliquer, mais… j’avais commencé à dévisser, et quelques traces de l’odeur parvinrent à mon nez. Des traces, seulement.

Une odeur de louve en chaleur, concentrée, intense. Je regardai la bouteille avec horreur. Il s’en était fallu de peu pour que je renifle le goulot. Les quelques traces du concentré étaient déjà suffisantes pour éveiller le loup qui sommeillait en moi. Lorsque les humains nous avaient conçu, ils l’avaient fait en modifiant aussi peu de choses que possible dans notre code génétique afin de limiter la complexité déjà énorme de leur tâche. Ils avaient été obligés de réduire la quantité de phéromones que donnait une louve fertile. Ce concentré… avait toute la puissance requise pour me faire perdre la tête, faire un animal en rut de moi. Déjà que les traces avaient un effet puissant…

La renarde prit la bouteille de mes doigts, la rangea soigneusement. Elle me donna l’explication avant que je la lui demande. « Un artifice pour… vous influencer, Maître. En faible dose, dilué dans d’autres parfums. Rien de méchant, je vous l’assure. »

« Prends garde avec ça, » je lui dis, frissonnant un peu. Ma voix avait une profondeur, un grondement inhabituel qui l’accompagnait. Je frémissais d’un besoin, d’un désir primal. De simples traces du concentré, et je me comportais comme si cinq louves en chaleur m’assiégeaient.

« Oui, Maître. »

Un moment de flottement. L’effet ne s’estompait pas, semblait s’amplifier.

« Allez-vous bien, Maître? » Une trace d’inquiétude dans sa voix.

J’allais très bien. Je n’avais jamais été aussi bien. Toujours en contrôle de moi-même, de l’animal qui sommeillait en moi. Que de satisfaction, à me laisser aller un peu, à me libérer pour quelques temps.

Elle était toujours habillée de la manière que Vaya l’avait faite s’habiller; corset, bottes à talon haut, jupon... Elle ne portait pas de petites culottes, ce qui était très bien, dans les circonstances. Il me répugnait de gaspiller des vêtements encore bons en les détruisant. J’étais accroupi. Je me levai lentement, la fixai du regard. Quelle bonne chose que de l’avoir en ma possession en un tel moment, libre de faire avec elle comme bon me semblait.

« Maître? » Je la sentais hésiter. Je la pris par un bras, la tirai à moi. De longs moments à humer son odeur, à savourer la pression de son corps contre le mien, de lire son expression un peu inquiète. L’inquiétude laissait place à une certaine excitation. Elle comprenait qu’elle obtiendrait plus de ces choses qu’elle désirait avec moi dans cet état un peu… hors-contrôle. Il aurait été en mon pouvoir de me ressaisir, mais je ne le désirais pas, et elle non plus.

Son collier de cuir était toujours autour de son cou. Dans mon état, je comprenais certains détails, comme ces trous dans le cuir, bien placés, qui permettaient de mordre la gorge, sans avoir à mordre le collier. La languette qui contrôlait la tension autour de son cou avait de discrètes marques vertes : une hypothèse, aisément testée. D’une main, je tirai cette languette… et la marque suivante révéla sa couleur. Jaune. Une autre coche, puis une autre. Et une autre. Toujours une marque jaune. Il en restait plusieurs autres, avant le début des marques rouges, indiquant le danger sérieux. J’arrêtai la.

La renarde… frémissait. Sa respiration était lourde et laborieuse. Ses doigts étaient enfoncés dans la chair de mes hanches. Mes mains la guidèrent. Une position qu’elle connaissait bien. Genoux au sol, mains plaquées à terre, queue levée haut, soulevant son court jupon, révélant à mes yeux cette cible que j’avais abusé à plusieurs reprises, avec élan.

Cette cible… sur laquelle avait été appliqué… du rouge à lèvre? Un rouge obscène, vulgaire, provoquant.

Je regardais ces fesses si fermes. L’animal en moi ne sommeillait plus du tout, avait de profonds besoins, mais jouer un peu avec cette proie si délectable… il y avait des objets dans un tiroir… l’un d’eux était un manche de bois, avec une languette de cuir longue et large. Le cuir n’était pas trop flexible.

Aucun avertissement. Le son du cuir claquant une fesse, immédiatement suivi d’un cri de surprise mêlée à la douleur et une touche de plaisir. Elle se raidit, tourna la tête. Juste à temps pour voir tomber le deuxième coup. Un autre cri. Elle ferma les yeux, baissa la tête. Écarta un peu les jambes. Un autre coup.

Je prenais mon temps, faisant un précautionneux usage de ma force, conscient de mon inexpérience. Mais j’étais ferme. Alerte pour les signes qu’elle me donnait, mais tout ce que je pouvais voir, c’était un désir, une forme de satisfaction, une certaine surprise rémanente.

« Tu es mienne, Valérie, » je lui rappelai.

« Oui, Maître. »

« Tu as conspiré avec Vaya… »

« Non, Maître. Elle ne m’a rien dit. Je -AH! » Une exclamation plus forte, à un coup porté plus bas, la pointe fouettant la zone entre son sexe et son anus. Le coup était moins fort que les autres, mais la fit vaciller un moment. Une fesse, l’autre, parfois les deux en même temps. Jusqu’à ce qu’elle soit bien endolorie, sans trop l’être.

Je me découvrais un goût, pour ceci. Il ne faisait aucun doute qu’elle aimait. Je caressai une fesse, puis l’autre, amusé par ses petits cris lorsque je pinçais cette chair endolorie. Je caressai la base de sa queue, avec les doigts d’une main, la ou elle était particulièrement sensible, alors que l’autre main, beaucoup moins délicate, pétrissait sa chair. Un contraste entre la douleur et le plaisir. Son odeur était forte, aguichante. Elle respirait lourdement, rapidement.

L’effet du parfum que j’avais accidentellement humé : ma réserve, mes inhibitions, évaporées. Elle était mienne, tout simplement. Totalement. Je le lui dis. Je la vis frémir.

Une main serrée autour de sa nuque, et je la tirai sur ses pieds, l’entraînai dans la chambre de bain. Une chambre de bain qui avait tout ce qui était requis, incluant la machine qui la rendrait… totalement propre, à l’intérieur. Une selle de céramique, surélevée, complète avec des étriers, des poignées. En dessous des fesses, enligné la ou l’anus reposerait, la forme arrondie et luisante du pénétrateur de métal. Les contrôles de la machine étaient simples, et je la réglai pour le nettoyage le plus complet disponible.

« Prends place. »

« Vous n’allez pas rester, Maître!? »

« Normalement, je te laisserais seule, mais je ne suis pas dans mon état habituel, comme tu peux le voir, » je lui répondis, avec un large sourire.

Elle ne répondit rien, prit place sur l’engin, agrippant les barres. Elle bougea sa croupe, força sa petite ouverture contre la tête arrondie du pénétrateur. Je pressai le bouton de démarrage.

Elle se raidit, immédiatement, alors que l’engin s’activa, commença à doucement la pénétrer. L’ordinateur contrôlait tout, s’assurait de ne pas la blesser. Du lubrifiant était injecté en elle. Le pénétrateur, un long tentacule flexible, qui s’enfonçait lentement dans ses profondeurs avec un mouvement sinueux, comme pour un serpent. Ses yeux étaient fermés, et elle tentait de se concentrer sur sa respiration, mais ça ne lui était pas facile avec son collier lui serrant le cou. Ses doigts étaient crispés.

La machine était silencieuse, rien de grossier n’était visible, mais par la manière avec laquelle elle se tortillait, les sensations étaient pour le moins importantes. Sur le panneau de contrôle, je pouvais suivre la progression. L’insertion n’était qu’à 50% complétée.

« Décris. »

Elle ouvrit les yeux, secouant la tête.

« Décris. » Je mis une main sur le panneau de contrôle. Il y avait certaines instructions que je pouvais donner à l’engin…

Elle obéit, d’une voix haletante, embarrassée. Elle décrivit ce qu’elle ressentait, cette sensation de plénitude que rien d’autre ne pouvait lui donner. Elle avoua ce plaisir secret, que même Vaya ne savait pas qu’elle possédait. Elle sentait le tentacule bouger, appliquant une pression intérieure, inconfortable, mais… étrangement plaisante. Et puis, vierge, elle ressentait des… sensations qu’elle n’arrivait pas à bien décrire. Ses yeux étaient fermés, elle avait de plus en plus de difficultés à parler entre ses respirations.

« Ah! »

Je n’avais pas besoin qu’elle ne me dise rien. Le tentacule avait suivi les contorsions du passage, atteint la plus grande profondeur qu’il était souhaitable qu’il atteigne, et le processus de nettoyage… commença. J’allai à elle, la pris dans mes bras. Des lèchements à ses oreilles, des caresses.

Elle ne parlait plus, respirait laborieusement, jouissait. Vacillait. Aurait peut-être tombé si je n’avait pas été la pour la retenir. Le collier serré autour du cou, elle était à la frontière de perdre connaissance, ses sens perdant de leur efficacité, à l’exception de ceux qui importaient vraiment pour le moment présent, intensifiant leur effet d’autant.

Un son provenant de la machine. Le tentacule se retirait, lentement, nettoyant tout sur son passage. Je pouvais imaginer la sensation procurée. Je la sentis perdre connaissance quelques instants, récupérer… recommencer. Je ne la libérai pas de son collier, mais j’étais très alerte. Un état de demi-conscience, et chaque fois qu’elle revenait à elle, c’était à des sensations trop intenses, qui la faisaient retomber.

Un beep sonore et prolongé. La machine avait terminé. Elle était inconsciente, et je la libérai avec quelques difficultés –l’engin était bien fait, elle n’aurait pu glisser-, la transportai au lit, et ce malgré ma jambe, mes béquilles. La déposai, sur le dos, arrangeant les couvertes. Elle respirait difficilement. Je la libérai de son collier, sa respiration revenant rapidement à la normale. Une respiration régulière. Épuisée, elle dormait, malgré son corset.

Dans mon état, j’avais certains besoins. Je quittai, allant chercher des moyens de les assouvir. Vaya…

Le Loup 11

 

ŠLE CERCLE BDSM 2006