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Histoires Des Invités

Le Journal de Jason, Chapître 7

Par Eïnar Pórshöfn

 

Repas de sperme:

Je quittais Gaëlle rempli de doux souvenirs érotiques. J’attendais une prochaine occasion que je me promettais de vivre dans la même plénitude physique. Mais Gaëlle ne m’appartenait pas. Elle restait fidèle à Karim, au point de vouloir lui avouer notre infidélité d’une nuit torride. Elle en avait l’intention, m’a-t-elle laissé entendre, s’attendant même à une « Apocalypse », dont elle était incapable d’envisager le contenu. « Les heurs et malheurs librement acceptés… La vie est violente… » Les paroles de Gaëlle me turlupinent. A-t-elle avoué à son maître Karim l’infidélité commise…

Je fus vite fixé. Quelques jours plus tard, coup de fil de Karim : « Allo, Jason ? » - « Oui… » - « Ici Karim, est-ce que je te dérange ? » - « Non, pas du tout. » Au ton de sa voix, je sens qu’il y a de l’eau dans le gaz. Je devine pourquoi, puisque j’en suis en partie responsable. Karim essaie de maîtriser au mieux son malaise « Gaëlle m’a dit ce qui s’est passé, l’autre soir, entre elle et toi. Elle m’a même précisé le genre de petit déjeuner qu’elle a pris au lit avec toi – de toi, devrais-je dire. » - « Karim, compte tenu de ce que nous avons vécu ensemble, toi et moi, n’attends pas que je le regrette. D’autant plus que, si j’ai bien compris, Gaëlle accepte de devenir ta soumise, même si ce n’est qu’en pointillés. Ce qui la place sur une frontière où le jeu est encore possible. » - « Je n’en disconviens pas, répond Karim. D’ailleurs, ajoute-t-il, je ne lui reproche rien ; elle n’est pas formellement mon esclave. Pour l’instant, elle s’est contentée de se livrer une fois entre mes mains dans mon donjon. Je n’ai aucun droit sur elle. » - « Mais tu es jaloux, demandai-je. C’est ça ? » - « Oui, acquiesce Karim ; je le reconnais, je suis jaloux. Et je désire me venger. » - « Te venger, Karim ! Comment cela ? » - « Je ne sais pas encore. J’attends le jour où elle acceptera de m’accompagner une nouvelle fois dans mon donjon, ou dans celui d’un ami. » - « Tu veux la punir, ajoutai-je. » - « Oui, la punir ; même si le mot punition n’entre pas dans son vocabulaire, ni dans celui de Maître Tsuno Deshimaru, ni dans le tien. Je sais qu’elle prendra ça autrement qu’une punition. Mais ça, c’est son problème. Pour moi ce sera une punition en forme de vengeance ; pour elle, ce sera peut-être autre chose, mais c’est son problème : non pas, peut-être, la contrepartie d’une faute, mais simplement un événement indépendant de sa volonté, un orage de grêle qui tombe sur son jardin, un accident de vélo qui lui égratigne le genou, et qu’elle assumera dans un esprit de totale liberté. » Cette présentation pue l’autojustifiction. Mais je me tais.

Je pense à Maître Tsuno Deshimaru et à ses deux anciennes esclaves Euphémie et Joséphine, pour qui le mot ‘punition’ n’existe pas. Je demande à Karim : « Quel rôle envisages-tu pour moi dans cette punition ? » - « Je n’en sais rien encore ; mais, promets-le-moi, je veux que tu sois présent. » - « Ah, je vois. Que le coupable se sente partie-prenante de la sentence… » - « Je ne te reproche rien, dit Karim ; mais c’est un peu ça. Alors, tu promets ? » - « Oui, si tu veux. »

Trois semaines plus tard, je reçois un carton d’invitation pour une séance dans un « club échangiste » (bel euphémisme) « Séance au cours de laquelle Maître Karim présentera sa nouvelle soumise Gaëlle ». Le pas est franchi, me dis-je. Gaëlle est devenue formellement l’esclave de Karim. Le jour dit, au lieu indiqué, une vingtaine de maîtres se trouvent rassemblés dans un grand donjon fort bien aménagé, mieux équipé que celui de Karim, et, qui plus est, décoré d’une manière soft qui témoigne du goût raffiné de son propriétaire. Un coin salon, des fauteuils, un bar, des tapis, rien ne rappelle l’austère rigueur des donjons faits à la va-vite, aménagés vaille que vaille dans un garage, un vieil entrepôt ou un sous-sol d’immeuble

Les soumises sont parquées dans un coin. L’hôte de ces lieux, la figure avenante mais le visage aussi sévère que ceux des statues du Mur de la Réformation à Genève, invite chacun à placer son esclave dans la posture qui lui plaira, de manière à laisser place libre à Karim et sa nouvelle conquête. Aussitôt, dans un brouhaha marqué de petits cris et de pleurs, chacun rejoint sa soumise et l’attache, qui sur une croix de saint André, qui sur un cheval d’arçon, qui sur une poutre triangulaire, qui sur un pilori qui laisse la tête offerte à la discrétion, sinon des tomates pourries (pas dans ce beau salon) du moins des mains baladeuses et des sexes en érection. Deux esclaves sont liées ensemble comme un saucisson, et accrochées à un palan, lustre filiforme que n’agrémente aucune lumière.

Finalement les maîtres reviennent au centre de la pièce, font cercle autour du Maître de ces lieux qui ouvre la séance par ces mots « Merci mes amis de vous être joints à nous ce soir. La séance est marquée par la présentation de Gaëlle, la nouvelle esclave de Karim. Un contrat de soumission a été signé entre elle et son maître ; un mot de sûreté a été choisi, le plus simple qui soit : ‘stop’. Je laisse la parole à Maître Karim. » Il n’a pas été le chercher loin, son mot de sûreté, pensai-je, pendant que Karim s’avance, tenant en laisse une Gaëlle qui, pour la première fois depuis que je la connais, montre des yeux qui trahissent la gène et la peur.

« Mes amis, dit Karim, je vous présente ma nouvelle esclave, Gaëlle. Son éducation ne fait que commencer. Cependant, déjà, elle mérite une punition. En mon absence, elle s’est livrée à un amant. Certes, faute avouée est à moitié pardonnée. Cependant, pour lui apprendre les bonnes manières de la soumission, elle va subir, avec votre participation, la peine qui correspond le mieux à sa faute. Elle a reconnu qu’elle avait pratiqué sur son amant une fellation, pour compenser, prétend-elle, la frustration d’un repas trop tôt interrompu. Elle avait faim. C’est reconnaître qu’elle se nourrit de sperme. Telle que vous la voyez, mon esclave n’a rien avalé depuis ce matin. Elle est à jeun. Elle est goulue. Elle a faim, elle a soif. Elle va vous supplier de lui donner à manger cette bonne purée liquide un peu laiteuse qui sort de votre méat urinaire lorsqu’il est excité d’une manière idoine. »

Karim se tourne vers Gaëlle, et attend. Gaëlle, frappée de stupeur, ne réagit pas. « Allons, dit Karim, n’as-tu pas faim ? N’as-tu pas soif ? Demande à ces messieurs la permission de pratiquer sur eux une fellation en bonne et due forme. Tu les suces à fond, tu avales le sperme de tous ceux qui auront pitié de ton gosier affamé. » Gaëlle, terrorisée, ne réagit toujours pas. Je compatis.

Karim fait signe au maître de maison de lui fournir un fouet. S’adressant à Gaëlle : « As-tu donc perdu ta voix ? » - Pas de réponse. Un coup de fouet claque. Gaëlle pousse un cri. « J’entends que ta voix est revenue » dit Karim. Gaëlle se tait toujours. Nouveau coup de fouet. Nouveau cri. Le scénario se répète quatre ou cinq fois avant que Gaëlle ne dise, entre deux larmes. « Non, pas le fouet. » - « Veux-tu que j’arrête ? Tu as deux solutions, soit le mot que tu connais, et notre relation disparaît pour toujours, soit tu implores gentiment ces messieurs de te laisser pratiquer sur eux une fellation complète. » Tout en reniflant, Gaële sèche ses larmes d’un revers de mains et dit « Je suis prête. » - « Prête à quoi ? » - « À sucer » - « À fond ? » - « Oui. » - « Qui ? » - « Tous ceux qui le veulent. » - « Voilà qui est bien. La parole est maintenant aux actes. Mes amis, que lèvent la main ceux qui désirent recevoir une fellation de ma chienne Gaëlle. » Après un instant d’hésitation, une main se lève, puis une autre. Entraînées par le mouvement, finalement pas moins de douze mains se manifestent. Gaëlle en a le souffle coupé ; elle tremble de peur. Va-t-elle céder à la panique ?

« Gaëlle, place-toi ici, à genoux, que chacun puisse jouir du spectacle. Si tes genoux sont endoloris, entre deux fellations, tu as le droit de te lever et de faire quelques pas pour te détendre ; ton service n’en sera que meilleur. Attention, aucune goute de sperme ne doit tomber sur le tapis. Il est trop beau pour être souillé par ton inadvertance. Tu as faim et soif, tu es goulue, avale tout. »

Je détourne la tête. Si ce n’est pas une humiliation gratuite, qu’est-ce que c’est ? Gaëlle a beau qualifier cette posture d’événement de hasard qu’il faut librement assumer, et non pas d’humiliation consciemment voulue, je suis incapable d’entrer dans sa logique. Quant à mon ami Karim, je le connais trop, j’ai trop participé naguère à ses jeux pervers, pour m’illusionner sur sa motivation. En attendant leur tour, les invités s’occupent de leur soumise, discutent en eux des moyens d’obtenir ceci ou cela ; ils comparent les seins, les fesses, les reins, les cuisses, comme les bouchers mettent en valeur les cuissots de chevreuils ou les jarrets de bœufs. Parfois un fouet se fait entendre, suivi d’un cri.

Gaëlle, toujours à genoux, travaille de plus en plus péniblement les sexes dressés. Tantôt un maître lui enfonce son dard au fond de la gorge, l’empêchant de respirer, tantôt un autre l’agrippe par les cheveux pour accentuer le va-et-vient. L’un d’entre eux, insatisfait du rythme de la prestation, la soufflette violemment. Ravalant ses larmes, mais sans protester, Gaëlle reprends les testicules entre ses mains et la hampe dans sa bouche. Avant de poursuivre sa prestation, elle se lève, se précipite dans le coin toilettes pour vomir. Puis, elle revient, le visage méconnaissable. On dirait un zombie. Au total, le supplice dure près de deux heures. Finalement les douze ‘volontaires’ ont été satisfaits. Gaëlle se lève pour soulager ses genoux endoloris.

Survient alors le pire. Karim s’approche de son esclave, lui ordonne de se remettre à genoux, déboutonne sa braguette, met au jour son phallus, le présente devant la bouche de Gaëlle. « Je te donne quatre minutes pour me faire jouir, petite chienne. Passé ce délai, chaque demi-minute supplémentaire te vaudras un coup de fouet… » Gaëlle s’active. Je regarde ma montre. Karim décharge au bout de six minutes. « Quatre coups de fouet » annonce Karim. « Non, pitié. » Karim n’entend pas. Il saisit le fouet, en applique un coup terrible sur le dos de son esclave toujours à genoux. Gaëlle s’écrase sur le sol. Au moment où Karim lève le fouet pour la deuxième fois, je me précipite, lui arrache le fouet des mains, le regarde dans les yeux : « Karim, je me moque du qu’en dira-t-on ; je me moque de ce que tu penses de mon geste ; je me moque même des élucubrations justificatrices de Gaëlle. Mais ça suffit. Gaëlle ne recevra plus un coup ce soir. » Je me tourne vers Gaëlle : « Allons, viens avec moi. Ces pratiques infâmes sont terminées. » D’un geste de la tête, elle me fait comprendre que je me trompe. « Non », dit-elle dans un souffle, puis, se tournant vers Karim : « Achève la punition que tu veux m’appliquer pour ton bon plaisir. » Karim a un sourire de triomphe. Une telle soumise, quelle gloire !

Une fois la sentence exécutée, je m’adresse à Karim : « Peux-tu me prêter un instant ton esclave ? » - Tout ressentiment ayant quitté Karim (sans doute aux vues de la docilité de Gaëlle), il me répond : « Bien volontiers ». Je m’approche de Gaëlle, l’entraîne vers un fauteuil. « Gaëlle, tu veux me faire croire que tu ne ressens pas d’humiliation à être traitée en objet ? » - « Jason, je ne veux rien te faire croire du tout. Je veux simplement te présenter un problème de logique. Karim a peut-être voulu m’humilier. Je n’en sais rien. Je ne veux pas le savoir. C’est son problème, pas le mien. Et je ne veux pas projeter sur ses actes mes propres interprétations. Quant à sentir si je suis humiliée… Moi-seule peux savoir, pas toi. Et, si d’aventure je me sentais humiliée, c’est mon problème, pas le tien. Ne m’impose pas ton interprétation ; même si elle part d’un bon sentiment, je n’en veux pas. » - « Qu’as-tu donc ressenti, si ce n’est pas de l’humiliation ? » - « Tu veux vraiment le savoir ? » - « Oui » - « J’ai ressenti ce que tout homme ou toute femme libre ressent devant un accident, un événement malheureux imprévu, une situation qui détruit ses projets. Je l’ai ressenti brutalement et douloureusement. La douleur -plus morale que physique, d’ailleurs- a été atroce. Et si ça peut te consoler, cette douleur me terrifie dans la perspective qu’elle puisse se renouveler selon l’arbitraire de Karim. Mais j’espère la recevoir comme j’ai reçu dans ma bouche ces bites crasseuses et ce flot gluant de sperme, comme n’importe quelle réalité inattendue, que j’essaie d’intérioriser en toute lucidité, sans la nier ni la considérer comme négligeable. »

Je ne comprends pas. Je quitte le donjon sans dire au revoir à personne.

 

(à suivre)

 

 

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