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Histoires Des Invités

Le Journal de Jason, Chapître 3

Par Eïnar Pórshöfn

 

Le sadisme de Sapho

L’attente des deux combattantes est meublée par une musique guerrière, genre Chevauchée des Walkyries de Wagner. La tension monte. Des applaudissements un peu bêtes se font entendre lorsque Bakitah, nue, entre dans la salle de sport en traînant Babeth par une laisse qui relie le cou des deux femmes. Chacune tient à la main une cravache. Babeth s’adresse aux invités : « Le mariage n’a pas éteint nos personnalités profondes. Le spectacle que nous vous présentons, nous l’avons joué plusieurs fois, à mains nues, attachées comme vous le voyez de telle sorte que toute fuite nous soit interdite. Seules nos fesses étaient l’enjeu du combat. En ce premier anniversaire de notre mariage, nous voulons vous offrir un spectacle plus haut en couleur. Un combat de fouets, d’une durée de quinze minutes. La cravache que tient en main Bakitah est enduite d’huile colorée de pigments couleur bleue-foncée, celle que je tiens à la main est enduite d’huile pigmentée de blanc ; ceci pour que tous les coups portés sur le corps adverse laissent des traces visibles, ce qui permettra de départager la gagnante. » Puis se tournant vers moi : « Jason, puisque tu nous as offert pour notre anniversaire le symbole en or de ce que nous voulons vivre, Bakitah et moi, acceptes-tu de servir d’arbitre ? Tu tiendras le chronomètre. Pour le résultat, tu trouveras facilement deux ou trois assesseurs. »

Le rôle d’arbitre dans ce genre de situation me laisse mal à l’aise. Mais je n’ose refuser. Bakitah prend le relais : « L’enjeu du combat est simple, si vous le voulez bien : la gagnante choisit parmi vous celui ou celle qui, dans la chambre discrète attenante au salon, la cajolera pendant un quart d’heure. La perdante sera soumise, en public, durant un quart d’heure également, à l’arbitraire du premier ou de la première qui en manifestera le désir. Il s’agira de vous décider vite si vous voulez assouvir vos instincts de maître sur une esclave docile. »

Un silence un peu lourd pèse sur l’assemblée. Les deux femmes se placent au milieu de l’espace circonscrit par les spectateurs. Elles s’observent soigneusement. Le premier assaut vient de Bakitah. Babeth esquive, mais une légère trace bleue colore sa cuisse gauche ; elle répond immédiatement en profitant du déséquilibre provoqué par le premier assaut. La cravache claque sur les reins de Bakitah, laissant une belle marque blanche. Bakitah réagit par un coup bien ajusté. Babeth laisse échapper un petit cri, mais elle riposte en faisant jouer la chaîne qui relie le cou des deux combattantes. Le choc porte droit sur les seins. La lutte se poursuit ainsi au hasard des engagements et des esquives, scandée par des cris, voire des hurlements lorsque la cravache atteint son but. Le lien entre les deux femmes ajoute des éléments d’incertitude. Le quart d’heure écoulé, j’interromps les assauts. Applaudissements fournis. Les deux femmes, toujours liées l’une à l’autre, respirent bruyamment. Je fais signe à Karim et Laurence de venir constater avec moi le résultat inscrit en couleur sur la peau des deux adversaires. L’hésitation n’est pas permise : Babeth a gagné.

Je porte alors sur les invités un regard interrogateur. Aucune réaction. Je rappelle l’enjeu : la perdante devient, durant quinze minutes, et en public, l’esclave du premier ou de la première qui se désignera. Plusieurs secondes s’écoulent en silence. Finalement Laurence lève la main. Je dis, un zest de regret dans la voix : « Bakitah est à toi, traites-là en esclave devant nous tous. Mais auparavant, Babeth doit désigner celui ou celle qu’elle désire pour la consoler. Je me tourne vers Babeth. » Sans hésiter, un seul mot sort de la bouche de la gagnante : « Karim. » J’en suis estomaqué, car je connais les penchants pervers de mon ami le Berbère. Sans dire un mot, Karim s’approche, défait le collier qui serre le cou de son ancienne maîtresse devenue pendant un temps son esclave, et très doucement, l’emmène hors de la salle de sport.

Une fois Babeth et Karim partis, j’invite Laurence et Bakitah à se placer au centre de la salle. Je regarde ma montre. Laurence allonge son dos sur le cuir, les jambes pendantes de part et d’autre de l’une des extrémités, puis, dans un geste naturel, remonte sa robe et laisse voir la touffe épaisse de son bas-ventre, dans la posture de la femme du tableau peint par Courbet L’origine du monde, posture imitée en mai 2014 par l’actrice Déborah De Robertis, qui, à la grande joie des visiteurs du musée d’Orsay, a posé devant le célèbre tableau, de la même façon, assise sur le sol, remontant sa robe, -élégante au demeurant- genoux pliés et cuisse largement écartées. Comme la femme du tableau, comme l’actrice imitatrice, Laurence ne porte pas de culotte ! Qui l’eut cru en voyant cette quadragénaire habillée chez Chantal Thomass.

S’adressant à Bakitah : « Tu me lèches le minou. Je te donne sept minutes exactement pour me faire monter au septième ciel. Si tu y arrives, je te tiens quitte de tout le reste. En cas d’échec, tu recevras autant de coups de cravache qu’il restera de minutes avant la fin du quart d’heure durant lequel tu m’appartiens. Mentalement, je calcul que, les sept minutes écoulées, il en restera quatre ou cinq.

Bakitah se met à genoux dans le prolongement du cheval d’arçon. Elle colle son nez sur le pubis de Laurence, cherche de la langue le bouton d’amour. L’épaisse toison rend cette manœuvre difficile. La langue s’emmêle dans les poils, n’arrive pas à sentir la chair tendre de Maîtresse Laurence. Bakitah cherche alors à pénétrer de sa langue le vagin. Vaine tentative. Elle se résout alors à utiliser ses mains, puisque sa maîtresse ne l’a pas interdit. Mais il est trop tard. Je regarde ma montre. Les sept minutes sont écoulées. J’interromps la prestation de Bakitah. Laurence se redresse. « Combien de minutes reste-t-il avant l’échéance du quart d’heure ? » me demande-t-elle. - « Quatre minutes. » - « Ce sera donc quatre coups de cravache, un par minute. » Bakitah tente, en vain, de faire bonne figure.

Laurence commande à son esclave de s’allonger, ventre à plat sur le cheval d’arçon, jambes écartées de part et d’autre. Puis, elle saisit la cravache abandonnée par Babeth. Son premier coup, d’une force inouïe, frappe les fesses de l’esclave. Bakitah hurle. Laurence tombe en contemplation devant la ligne blanche qu’elle vient d’imprimer sur le corps de la suppliciée ; elle attend près d’une minute avant de porter le coup suivant. La cuisse gauche fait les frais du deuxième coup. Bakitah hurle de nouveau. Laurence attend que les gémissements s’apaisent avant de frapper le troisième coup, sur la cuisse droite. Bakitah crie, gémit, pleure, mais ne prononce aucune parole. « Retournes-toi et allonges-toi sur le dos. Tes seins vont absorber le dernier coup ; et ce sera fini. »

Bakitah se redresse péniblement, ses jambes semblent ne plus la porter. Elle s’allonge, le dos sur le cuir du cheval d’arçon, les deux jambes pendantes. Laurence lui noue les poignets avec la chaine du collier pour maintenir les bras dans le prolongement de la tête. Toute esquive est ainsi prévenue. Laurence semble hésiter : sein gauche ou sein droit ? Elle se décide brutalement pour le sein gauche. La marque blanche qui s’en suit semble couper en deux le mamelon. Bakitah ne crie plus ; mais un gémissement ininterrompu sort de ses lèvres. Laurence attend, le gémissement ne s’éteint pas. Puis laissant tomber la cravache sur le sol. « J’en ai fini avec mon esclave sexuelle d’un quart d’heure » me dit-elle.

Les invités restent sans voix. Pas un murmure, pas un applaudissement. Les tendances sadiques tapies au creux de chacun n’osent pas se manifester devant l’outrance du spectacle donné par Laurence et Bakitah. Du milieu de cette atmosphère gênée, Joséphine s’approche alors de Bakitah, détache la chaine, prend tendrement la suppliciée dans ses bras, et la berce avec une infinie douceur, comme une mère qui cajole son enfant malade. « Chapeau bas ! » me dis-je en moi-même. Je ne connaissais pas ce côté attachant de Joséphine. Dans le dojo de Maître Deshimaru, j’avais pu constater sa ténacité, sa résistance à la douleur, son courage, ses hautes aspirations, mais je n’avais pas imaginé sa bonté sans esbroufe qui fait fi du qu’en dira-t-on.

Pendant ce temps, Laurence a rejoint le groupe des invités, les uns la scrutant du regard avec curiosité, les autres détournant les yeux par peur d’avoir à lui parler. Finalement Laurence trouve une contenance en prenant langue avec un homme de sa connaissance qui, parce qu’il partage le même penchant sadique, les mêmes pratiques ou la même intimité, ou tout simplement par pure politesse, s’est cru obligé de lui faire la conversation.

Au moment où Joséphine emmène Bakitah hors de la salle de sport, Babeth et Karim réapparaissent, tous les deux sont habillés. Seul Karim montre un visage satisfait. Babeth en revanche ne peut cacher qu’elle a pleuré. « Que pouvait donc bien imaginer Babeth en choisissant pour la cajoler son ancien amant devenu dominateur sadique ? » Je me promets, à la première occasion, d’éclaircir ce point avec Karim : que s’est-il passé entre eux durant ce quart d’heure qui aurait dû être jouissif pour les deux ? Cependant, Babeth s’efforce de faire bonne figure. « Le lunch vous attend » dit-elle simplement d’une voix brève. Les invités quittent cette salle qui vient de connaître des événements auxquels beaucoup ne s’attendaient pas.

 

(à suivre…)

 

 

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