|
|
Esclave.
Je suis née esclave. Ce mot me définit mieux qu'aucun autre.
Esclave, c'est ma condition. C'est aussi le nom qu'on me donna bien souvent,
dans les partouzes, lorsqu'on ne connaissait pas le mien. " Lèche-moi
la chatte, esclave ! " ; " Doigte-toi devant moi, esclave ! "
; " Avale mon foutre, esclave ! ". Combien de fois m'a-t-on appelée
ainsi ? Impossible à dire. Mais mon nom est Ayla.
Ma mère aussi était esclave.
Rien d'étonnant, les esclaves représentent environ quarante
pour cent de la population du royaume. Elle appartenait au harem de la
comtesse de Yanta. Lorsqu'elle eut trente-cinq ans, sa maîtresse
décida de se séparer d'elle : à partir de cet âge
une esclave, même très belle, perd rapidement de sa valeur
marchande. Elle aurait pu l'affranchir comme cela se fait parfois mais
n'en fit rien et préféra la revendre.
La comtesse eut quand même un
beau geste : plutôt que de la fourguer à un quelconque bordel
de la capitale, où elle serait devenue une pute vieillissante,
meilleur marché au fil des ans, elle vendit cette femme, qu'elle
avait dû aimer, du moins aimer caresser, au grand groupe industriel
Renac, qui employait alors beaucoup d'esclaves comme ouvriers et ouvrières.
L'intendante du harem procéda
selon un schéma classique : on cessa d'administrer à l'esclave
son traitement contraceptif. Elle tomba bien vite enceinte, et on la vendit
; l'enfant qu'elle portait constituerait une intéressante plus-value
pour l'acquéreur. Cette enfant, c'était moi.
Mon enfance fut assez heureuse ; nous
n'avions rien à nous mais je n'avais pas le sentiment de manquer
de quelque chose. Le groupe Renac soignait particulièrement bien
ses esclaves, et ma mère me disait souvent que sa maîtresse
avait été bonne de la vendre à Renac. Nous vivions
dans les logements contigus à l'usine, à la campagne. Ma
mère travaillait onze heures par jour, à la chaîne.
Dans la journée, j'étais donc assez libre, l'école
n'occupant que trois matinées par semaine. Je n'ai d'ailleurs jamais
été aussi libre que durant ces premières années
d'enfance où je jouais dans la cour avec les autres enfants. Les
soirs d'été et le dimanche, nous allions nous promener dans
la campagne environnante avec ma mère et Jonathan. Nous n'avons
jamais songé à nous enfuir. Le tatouage numéroté
que ma mère et Jonathan portaient au creux du cou nous auraient
bien vite fait repérer. Aucune vie de fuite n'aurait pu être
aussi confortable que celle que nous menions à l'usine Renac. Nous
nous en contentions. Ma mère trouvait que c'était "
déjà bien pour une esclave. "
Jonathan était le compagnon
de ma mère, il travaillait aussi à l'usine. Ils s'étaient
mis ensemble peu après leur arrivée. Il était gentil
mais ma mère m'avait dit que ce n'était pas mon père.
Je n'ai jamais connu mon père. Ma mère n'a probablement
jamais su qui il était. Tant d'hommes avaient dû jouir en
elle à cette époque ! Des hommes qu'elle ne connaissait
pas, ou à peine ! Je me suis parfois demandé qui il pouvait
être ? Un autre esclave, sûrement. Ou peut-être un amant
de la comtesse, peut-être un duc ou un prince. Je ne le saurai jamais.
J'imagine parfois, je ne sais pas pourquoi, que ma mère ne l'a
même jamais vu, qu'au cours d'une des fantaisies érotiques
de la comtesse elle fut prise en levrette alors que son visage était
enfoui au creux du sexe d'une autre femme, ou bien les yeux bandés,
peut-être se sont-ils à peine touchés, seule sa queue
turgescente a défoncé sa chatte avant d'exploser en elle
et de répandre sa semence au creux de son vagin, un peu par hasard,
au lieu de finir comme bien souvent dans sa bouche ou sur son visage,
sur ses beaux seins brillants de sueur et du sperme d'un partenaire précédent.
Peu importe, au fond. D'ailleurs, lorsque j'était enfant, la question
de mes origines me tourmentait fort peu. Une esclave sans père,
c'était plutôt courant !
Je quittai ma mère lorsque j'eus
dix ans, pour entrer au pensionnat. C'était une grande école
pour jeunes filles, financée par Renac. Le groupe tenait à
dispenser à ses esclaves une bonne instruction pour en faire une
main d'uvre qualifiée, ou une marchandise de qualité,
donc plus chère. Les meilleures élèves pouvaient
être amenées à travailler dans les bureaux. On racontait
même que certaines, très brillantes, étaient vendues
à des groupes qui les affranchissaient et leur assuraient une formation
supérieure ; en échange elles s'engageaient à travailler
une dizaine d'années pour eux, comme commerciale, par exemple,
ou ingénieur.
Le pensionnat était une grande
bâtisse sise elle aussi en pleine campagne. L'institution était
pourvue d'un personnel entièrement féminin, et comme nous
ne pouvions sortir de l'enceinte du vaste parc que pour de rares excursions,
toujours en groupe et sévèrement escortées, je n'aperçus
pas l'ombre d'un garçon pendant les huit années que j'y
passai. Je m'y fis en revanche de très bonnes amies, avec lesquelles
de classe en classe nous rîmes et grandîmes, devenant peu
à peu des jeunes filles coquettes, presque des femmes.
Ma meilleure amie s'appelait Yoni.
Elle fut pendant ces huit années ma voisine en classe comme au
dortoir. Nous partagions tout. Le jour de nos quinze ans, quand le moment
d'être tatouée fut venue pour toute la classe, nous nous
arrangeâmes pour passer l'une à la suite de l'autre. Ainsi
nos numéros se suivraient-ils. Le mien fut 1904527 WXCA. Je fus
émue en pensant que ma mère portait une combinaison de lettres
presque identique, WBCA.
Yoni et moi étions accessoirement
parmi les meilleures élèves de notre promotion. Particulièrement
en maths, où nous étonnions notre professeur par nos capacités.
" Yoni et Ayla, laissez un peu répondre les autres ",
nous disait-elle souvent. Nous partions alors d'un même éclat
de rire, bien vite réprimé par la surveillante. Il ne fallait
pas plaisanter avec la discipline.
Celle-ci était rigoureuse mais
juste. Nous fûmes élevées selon des principes stricts
qui devaient nous insuffler le goût du travail et de la discipline.
Normal pour des esclaves, évidemment ! Je me souviens d'avoir été
punie quelques fois. Ca se limitait souvent à quelques pages de
conjugaisons (ça ne me faisait pas peur) et une volée de
martinet (j'aimais moins). Une fois cependant, en dernière année,
je fus consignée au cachot pendant deux semaines, au pain et à
l'eau. Il faut dire que la directrice ne badinait pas avec la morale et
le vice
Il y avait dans la classe une grande fille taciturne, qui
s'appelait Katsa. Elle était assez mystérieuse et parlait
rarement. Je la trouvais très belle, j'enviais ses longues jambes
pâles dépassant de la jupe noire qui composait, avec le chemisier
blanc et les socquettes blanches, l'uniforme de l'école. Plusieurs
fois, nous échangeâmes quelques regards indéfinissables.
Un soir, après la gym, nous nous sommes retrouvées les dernières
dans les douches des vestiaires. Katsa s'est approchée de moi en
me fixant de son regard impénétrable. Nous nous sommes regardées
ainsi sans rien dire pendant une bonne minute, nos respirations accélérées
soulevant la serviette de laquelle nous étions pudiquement couvertes
au sortir de la douche. Puis, lentement, elle a posé l'index sur
ma bouche, comme pour me dire de ne pas parler. Elle a ensuite approché
ses lèvres des miennes et m'a embrassée furtivement, avant
d'effleurer mes seins de la main, puis de l'enfouir sous la serviette.
Je n'ai pas bougé, la laissant poser la paume de sa main sur ma
chatte de jeune vierge. Nous sentions qu'il se passait quelque chose,
sans bien savoir quoi. Bien que nous ayons eu, dans l'éducation
très complète qui nous avait été dispensée,
des cours de biologie et même d'éducation sexuelle, les notions
de désir et de plaisir nous étaient inconnues. Nos connaissances
restaient très théoriques et concernaient surtout les aspects
techniques de la sexualité.
J'était troublée par
le contact de la main de Katsa sur mon sexe. Je ne sais pas jusqu'où
nous aurions poursuivi ce petit jeu, mais le professeur de sport a surgi
dans les douches. Elle a marqué un temps d'arrêt en nous
découvrant ainsi, la main de Katsa glissée sous ma serviette,
puis nous a giflées l'une après l'autre en nous traitant
de petites vicieuses. Elle nous a emmenées ainsi chez la directrice,
qui après nous avoir sermonnées longuement nous administra
chacune dix coups de martinet, renouvelables tous les deux jours pendant
les quinze que nous passerions au cachot. Agenouillée sur le parquet
de son bureau, je criais à chaque morsure cinglante du cuir sur
mes fesses. Lorsque ce fut au tour de Katsa, elle réagit tout autrement,
se mordillant les lèvres pour ne pas crier. Toujours impassible,
son visage se contractait imperceptiblement à chacun des coups.
Apparemment concentrée, elle semblait chercher dans cette punition
douloureuse et humiliante la continuation du trouble qui l'avait envahie
dans les vestiaires. Seuls les trois derniers coups lui arrachèrent
un faible gémissement.
Cette épisode marqua la seule
expérience un tant soit peu sexuelle de mon passage au pensionnat.
Lorsque je sortis du cachot pour regagner le dortoir des " dernière
année ", Yoni me reprocha mon attitude. " Tu n'aurais
pas dû faire ça ", dit-elle. " Attends ",
fis-je, " on n'a quasiment rien fait. " Elle sourit. "
Je crois qu'en fait je suis un peu jalouse ", murmura-t-elle à
mon oreille. " J'aurais voulu que tu le fasses avec moi. Mais c'est
vrai que Katsa est tellement plus jolie que moi " ajouta-t-elle avec
un air boudeur.
Yoni n'était pas très
jolie. Encore enfants, à notre arrivée, nous nous ressemblions
beaucoup. Mais la puberté était passée par là,
avec ses changements physiques imprévisibles. Tandis que je m'affinais
et devenais, de l'avis général, de plus en plus mignonne,
avec de longues boucles brunes dévalant mes épaules hâlées,
mon visage fin éclairé d'un sourire mutin et d'un regard
menthe à l'eau, mon chemisier s'était emplis d'une poitrine
généreuse et harmonieuse qui offrait un pendant artistique
à des fesses très bien dessinées. Yoni, à
son grand désespoir, était devenue à la fois plate
et potelée, ses cheveux s'avéraient revêches au peigne.
Sa myopie s'aggravant, elle avait dû porter de fortes lunettes qui
n'aidaient pas à dégager l'harmonie simple de son visage.
Sans être laide, elle ne répondait pas aux canons précis
de la beauté d'une fille de dix-huit ans. " L'important, dis-je
pour la consoler, c'est que tu sois ma meilleure amie, et j'espère
que tu le resteras. J'espère qu'on restera ensemble."
Et c'était vrai, j'aurais voulu
rester avec Yoni, et toutes mes amies du pensionnat. Mais la fin de la
dernière année approchait, et avec elle l'heure de l'orientation.
Il fallait décider ce qu'on allait faire après. Seulement
voilà, nous n'étions jamais que des esclaves. Notre dix-huitième
année constituait l'âge légal où l'on pouvait
nous vendre séparément de nos parents. Autrement dit, ce
n'était pas à nous de décider.
La responsabilité de l'orientation
revenait à un délégué du groupe Renac qui,
lors du dernier conseil de classe, décidait après consultation
des professeurs, et concertation avec la directrice, ce qu'il advenait
de chaque fille. Une semaine avant la fin du mois de juin, ce fatidique
conseil eut lieu. Nous eûmes toutes du mal à trouver le sommeil
lors de la nuit qui suivit, anxieuses dans l'attente de la proclamation
des résultats. Au matin, nous étions toutes assises à
nos places, dans notre vieille salle de classe, en suivant sans trop de
concentration l'un des derniers cours de maths. Vers 9h00 la directrice
entra. Nous nous levâmes d'un seul élan pour la saluer, le
souffle court, le cur cognant fort. " Asseyez-vous, mesdemoiselles
", nous ordonna-t-elle.
Elle commença par un bref discours,
nous assurant du plaisir qu'elle avait eu à passer toutes ces années
avec nous, qualifiant notre promotion de " très sympathique
". Elle nous souhaita bonne chance dans notre vie future d'esclave,
enfin, l'appel commença.
- Mina, fit la directrice, affectée à la division habillement
du groupe Renac, ouvrière à l'usine de lingerie de Syropolis.
Mina sourit d'un air contrasté. Elle aurait bien voulu se retrouver
dans les bureaux, mais sa moyenne générale n'avait vraisemblablement
pas été jugée suffisante.
- Klaire, poursuit la directrice, employée de maison chez le directeur
de l'usine de Patropolis.
- Achkina, vendue à des particuliers, comme servante. Pour 30000
ducats.
Nous nous regardâmes toutes. Nous devinions ce que le terme de servante
pouvait impliquer. Mais nous n'étions que des esclaves, faites
pour servir nos maîtres, et éventuellement faire leur bon
plaisir. Nous le savions, mais avions tout de même un peu d'appréhension
; après tout nous étions toutes pucelles.
- Kusimi, aux enchères au marché de Lesboa.
Là encore, un silence se fit,
et les yeux de Kusimi s'embuèrent. Lesboa était une ville
du nord, où s'installaient des femmes qui ne trouvaient leur plaisir
qu'avec d'autres lesbiennes. Les hommes n'y étaient pas tolérés.
Il courait sur cette ville d'innombrables rumeurs. Savoir que notre Kusimi
serait vendue au marché de Lesboa, c'était bizarre. On avait
l'impression qu'elle partait si loin ! On prenait conscience que nous
ne nous reverrions plus les unes les autres, sauf coïncidence. Pourquoi
le " conseiller d'orientation " avait-il jugé bon d'envoyer
Kusimi vers un probable harem lesbien ? Il devait avoir ses raisons. Nous
ne les connaîtrions jamais. Il avait tout pouvoir.
- Touna, affectée aussi à
la division habillement du groupe Renac, ouvrière à l'usine
de lingerie de Syropolis.
Touna et Mina se sourirent. Elles ne se retrouveraient pas seules. Nous
les enviions toutes un peu. Je regardai Yoni, comme pour lui montrer que
c'était possible, qu'on pouvait se retrouver ensemble.
- Katsa, aux enchères au marché de Sexopolis.
Sexopolis était la capitale. La renommée de son marché
aux esclaves était immense. Celle de son marché aux vierges
dépassait les limites du royaume. Il fallait que le conseiller
trouvât Katsa bien jolie pour décider de la vendre là
! Katsa demeura imperturbable, comme d'habitude.
- Yoni, annonça la directrice, vendue au groupe Korsnor où
elle suivra une formation pour travailler à la comptabilité.
Pour la très belle somme, je dois dire, de 55000 ducats !
Un murmure d'admiration parcourut la salle. Yoni rayonnait. Son travail
n'avait pas été vain ! Elle s'en sortait vraiment très
bien.
- Karin, aux enchères au marché de Syropolis.
L'énumération se poursuivit. J'avais saisi la main de Yoni
sous la table. J'y croyais. J'avais travaillé aussi dur qu'elle,
nous avions des résultats semblables. Il n'y avait pas de raison
que je ne me retrouve pas moi aussi à la comptabilité. Malgré
tout ma gorge se serrait de plus en plus. Mon tour arriva enfin.
- Ayla, fit la directrice imperturbable, aux enchères au marché
de Sexopolis.
J'en eus le souffle coupé. Je sentis la pression de la main de
Yoni se détendre. Elle me regarda d'un air triste, moi j'avais
les yeux dans le vague tout en sentant les regards se porter sur moi.
Aux enchères ! J'allais être vendue aux enchères à
Sexopolis ! Mes rêves d'une petite vie tranquille s'écroulaient.
Qu'allait-il advenir de moi ? La plupart des filles savaient où
elles allaient, et ce qu'elles allaient y faire. Sauf les quelques-unes
qui allaient être vendues aux enchères ! Qui allait nous
acheter ? Pour quoi faire ? L'angoisse de cette attente des résultats,
bizarrement, ne retombait pas pour nous. Il nous faudrait attendre pour
savoir, quitter le pensionnat sans savoir où l'on allait !
La dernière semaine fut un peu
tristounette. En attendant nos maîtres ou acquéreurs, nous
passions nos journées dans le grand parc que nous allions quitter
pour toujours. Les copines partaient petit à petit, par maigres
contingents. Kusimi fut conduite en gare par une grande femme vêtue
d'un pantalon qui exigea qu'elle l'appelle " maîtresse ".
Elle prit le train pour Lesboa. Yoni partit le lendemain avec un type
du groupe Korsnor. On eut à peine le temps de se dire au revoir
J'étais parmi les dernières
à hanter le grand parc. Enfin la surveillante vint me prévenir
que madame la directrice souhaitait me voir dans son bureau.
Je m'y présentai rapidement.
Une femme très blonde et très belle, la trentaine, y discutait
avec la directrice. Katsa et Aoni, la troisième fille destinée
au marché de Sexopolis, se tenaient immobiles dans leur uniforme,
les yeux baissés, les mains derrière le dos. Je me mis aussitôt
dans l'alignement. La femme s'approcha de moi. " Comment t'appelles-tu
? " demanda-t-elle. Ayla, répondis-je. La femme me souleva
le menton de l'index et contempla mon visage. Elle passa la main dans
mes cheveux, arrangeant les boucles brunes à sa manière,
puis m'enroba d'un regard inquisiteur qui me déplut, s'attardant
sur mes seins et mes fesses. " Elle aussi est très belle "
lâcha-t-elle à l'adresse de la directrice.
- Ce sont vraiment trois filles superbes,
continua-t-elle. Vous pouvez nous assurer qu'elles sont vierges ?
- Evidemment, fit la directrice d'un air outragé. C'est une maison
sérieuse, ici. Je sais, sourit la femme pour la calmer. C'est pourquoi
je vous fais confiance, je vous crois sur parole.
Puis elle se tourna vers nous.
- Esclaves, expliqua-t-elle, je suis chargée d'aller vous vendre
au marché de Sexopolis où, je n'en doute pas, vous trouverez
acquéreur à bon prix. En attendant, vous appartenez toujours
au groupe Renac, que je représente. C'est pourquoi à partir
de cet instant vous n'obéirez qu'à moi, et m'appellerez
" maîtresse ". C'est compris ?
- Oui, maîtresse.
Nous avions répondu les trois en même temps, d'une petite
voix timide. On ne nous avait jamais parlé comme cela. Jamais nous
ne nous étions senties autant esclaves.
- Bien, reprit-elle. Je veux que vous soyez prêtes dans une heure.
Prêtes, ça veut dire soigneusement lavées et changées,
fit-elle en nous tendant à chacune un petit paquetage. Des questions
?
- Non, maîtresse.
- C'est bien. Alors rompez !
Nous nous enfuîmes sans demander notre reste, escaladant quatre
à quatre l'escalier qui menait à notre dortoir. Nous prîmes
une douche puis, nous dévêtant de notre bon vieil uniforme,
entreprîmes de nous changer.
Le paquetage que notre " maîtresse
" nous avait donné contenait en tout et pour tout quatre pièces
d'habillement. Une longueur de tissu blanc devait servir, une fois nouée
sur la poitrine, à cacher nos seins, ou plutôt à les
mettre en valeur, car la largeur du tissu laissait le ventre nu, et décolletait
profondément la poitrine. Je n'avais jamais porter de vêtement
aussi impudique. En lieu et place de culotte, une sorte de mini-short
flottant, que notre maîtresse devait par la suite appeler "
pagne ", laissait l'air passer en dessous, on n'avait guère
l'impression d'être vêtue avec cette chose ! Heureusement,
une légère robe d'été blanche, un peu transparente
malgré tout, jugeai-je en regardant Katsa et Aoni, cachait ces
drôles de vêtements. Elle était tout de même
très décolletée aussi, et ne descendait pas plus
bas que le tiers de la cuisse. Une paire de petites chaussures d'été
qui laissaient le pied nu complétait l'ensemble. Je trouvai Katsa
et Aoni très jolies dans cet ensemble, mais si impudiques ! J'avais
peur de sortir du dortoir ainsi vêtues. J'espérais que personne
ne nous verrait ainsi.
Nous sommes sorties du dortoir. Je
jetai un dernier coup d'il à mon vieil uniforme, abandonné
sur mon lit. Bientôt, ce lit et cet uniforme serviraient à
une autre esclave. Ils ne m'appartenaient pas. Rien ne m'appartenait.
Même mon corps ne m'appartenait pas. Il appartenait pour le moment
à cette femme blonde, qui nous détailla à nouveau
de son regard pénétrant avant de nous faire monter dans
sa voiture.
Quelques heures plus tard, nous étions
à Sexopolis. Je n'avais jamais vu une aussi grande ville. Nous
la traversâmes en voiture, avant d'arrivée à une immense
halle autour de laquelle régnait une forte activité. "
Marché aux esclaves " indiquait une grande enseigne. La voiture
s'engagea dans une petite cour latérale signalée comme "
Entrée des marchandises ". Un vigile actionna une barrière
qui se souleva pour nous laisser passer, après avoir salué
notre maîtresse.
On nous conduisit dans un grand vestiaire
collectif où notre maîtresse nous ordonna de nous asseoir.
Une agitation fébrile y régnait, des gens couraient dans
tous les sens. Il y avait là plein de filles. La plupart étaient
encore moins vêtues que nous. Très peu avaient la chance
de porter une robe et attendaient en sous-vêtements de types très
variés. Certaines paraissaient aussi nerveuses et angoissées
que nous. D'autres, plus âgées, semblaient davantage détendues.
Notre maîtresse était allée voir un homme en costume
cravate, elle lui donna des papiers en nous montrant du doigt. Le type
fit oui de la tête, ils échangèrent quelques mots
puis notre maîtresse vint nous voir.
- Enlevez votre robe et vos chaussures,
fit-elle.
J'étais terriblement angoissée.
Enlever ma robe devant tous ces gens ! Moi qui m'arrangeais toujours pour
prendre ma douche en dernier après le sport, pour ne pas me montrer
nue trop longtemps devant les autres filles. Katsa s'exécuta sans
protester. Il n'y avait rien à y faire. Je l'imitai, Aoni aussi.
Nous nous retrouvâmes vêtues uniquement de notre curieux soutien-gorge
noué sur le devant et de notre pagne, pieds nus sur le carrelage
dont le contact froid me fit frissonner malgré la chaleur régnant
dans la pièce. Notre maîtresse rangea robes et chaussures
dans un sac qu'elle tendit à un coursier. " Mettez ça
dans ma voiture ", fit-elle. Aoni et moi nous regardâmes :
visiblement, il n'était pas question pour nous de remettre un jour
ces vêtements.
Nous suivîmes notre maîtresse
jusqu'à une sorte d'antichambre où patientaient déjà
deux filles. Le type en costume était là, à côté
d'un épais rideau derrière lequel on percevait des murmures
et des cris confus.
- Rangez-vous derrière ces filles,
nous dit-il. Aoni d'abord, ajouta-t-il en lisant ses fiches, puis Ayla
et enfin Katsa. Obéissant à son ordre, nous nous rangeâmes
en file indienne.
- Derrière ce rideau, expliqua-t-il,
il y a une longue scène. Vous entrerez chacune à votre tour,
lorsque je vous en donnerai l'ordre. Quand ce sera votre tour, vous parcourrez
toute la scène, jusqu'au bout, pas trop vite, en regardant droit
devant vous. Arrivée au bout, vous ferez demi-tour et reviendrez
vous placer au centre de la scène face au public. C'est compris
?
Il allait donc falloir se montrer comme
ça en public. Face à nos acquéreurs potentiels, probablement.
Mon cur battait à tout rompre. Le type avait une sorte d'oreillette
avec laquelle il devait communiquer avec la salle. La fille qui était
en tête de file attendait qu'il lui donne l'ordre d'entrer. Elle
était vêtue d'une sorte de bikini rouge. Elle était
moins belle que Katsa et Aoni. Mais quelle importance ? Nous étions
toutes dans la même galère.
- Vas-y, ordonna soudain le type en
costume à la fille, en écartant légèrement
le rideau. Elle le regarda sans bouger, la bouche ouverte. " Entre
! " cria-t-il en lui donnant une grande claque sur les fesses. Cela
fit sur elle l'effet d'un électrochoc, elle avança brusquement,
et le rideau se referma sur elle.
Une minute ou deux s'écoulèrent
avant qu'il ne fasse entrer la seconde fille. Je la trouvai beaucoup plus
belle que l'autre. Cette fois, ce fut beaucoup plus long. Peut-être
quatre minutes, difficile à dire. J'ai une bonne notion du temps
mais je ne me sentais pas dans mon état normal. Il me semblait
que j'aurais été incapable de faire une simple addition
! Aoni entra à son tour. J'étais la suivante. Je me tenais
devant le rideau, percevant de l'autre côté une voix amplifiée
par un micro, sans comprendre ce qui se disait. Le temps me parut à
nouveau très long. Enfin, le type m'ordonna d'entrer en écartant
le rideau. Je fis quelques pas et me retrouvai sur une scène très
longue. Un homme en smoking équipé d'un micro se tenait
sur celle-ci, un peu en retrait. Sur le côté, un parterre
d'hommes et de femmes regardaient la scène, me regardaient. Je
détournai les yeux, me souvenant qu'il fallait regarder droit devant
moi, en marchant jusqu'au bout de la scène. J'avais envie de fuir
mais pour aller où ? Alors je me concentrai sur ma marche, essayant
de ne pas trop accélérer, pour gagner l'extrémité
opposée dans une sorte de torpeur oppressante. Tandis que je marchais,
l'homme s'était mis à parler dans son micro en lisant une
fiche, sa voix résonnait terriblement.
- Le lot suivant est cette superbe
vierge de dix-huit ans, type européen. Prénommée
Ayla. Un mètre soixante-quinze. Totalement innocente. Bonne instruction.
J'avais atteint le bout de la scène
et je fis demi-tour.
- J'ose attirer votre attention sur
le fait que cette fille allie un visage superbe à des formes parfaites.
C'est vraiment un lot de grande qualité. A vous de voir ! conclut
le présentateur en tendant la main vers moi, me faisant brièvement
signe de le rejoindre au milieu de la scène. M'attrapant le bras,
il me fit me tourner vers le public. Tous élégamment vêtus,
les spectateurs me regardaient. Je ne pouvais pas dire combien il y en
avait au juste, car un projecteur braqué sur moi m'aveuglait. "
Trente mille ! " cria une voix d'homme.
- Trente mille pour monsieur, fit le
présentateur en écho. Qui dit mieux ?
- Cinquante, fit une voix de femme,
puis les chiffres commencèrent à fuser de toute part. Les
enchères montèrent rapidement, 70 000, 90 000, 100 000.
Au bout d'un moment, seuls deux enchérisseurs continuèrent
à se manifester. Un homme et une femme. La femme proposa 120 000.
Un murmure parcourut l'assemblée. L'homme devait hésiter.
" 120 000 une fois ", fit le présentateur. Ou dois-je
dire le commissaire priseur ? L'homme ne se manifesta pas.
- Pour une somme si importante, monsieur, je vous rappelle que vous pouvez
demander à en voir plus, dit le présentateur. Puis il se
pencha vers moi et me dit :
- Enlève ton soutien-gorge.
Je le regardai, interdite. Pas sûre
d'avoir bien compris. Il voulait que je retire mon soutif devant une centaine
de personnes ? On en voyait bien assez comme ça, non ?
- Enlève ton soutif, esclave
!
Son ton n'admettait pas de réplique,
pourtant je n'esquissai pas un geste. J'étais paralysée
par l'angoisse. Je ne savais plus quoi faire. On décida pour moi.
Surgi d'on ne sait où, un mastard s'avança vers moi, et
dénoua d'un geste rapide le bandeau de tissu qui tomba à
terre. Mes seins jaillirent. De nouveau, la salle fut secouée d'un
murmure. Dans un réflexe de pudeur, je refermai les bras sur ma
poitrine. Mais le mastard passé dans mon dos saisit mes avant bras
et les maintint écartés le long de mon corps. J'essayai
de me débattre pendant quelques secondes, mais il avait une force
incroyablement supérieure à la mienne. Je cessai de lutter,
honteuse de sentir tous ces regards posés sur mes seins.
- Admirez la beauté de ces globes,
messieurs dames, avait repris le présentateur. Si vous aimez les
poitrines généreuses, mais harmonieuses et proportionnées,
vous ne pouvez qu'être impressionnés par la perfection de
ces seins. Quant au reste
Il se pencha vers moi et glissa sa
main sur ma hanche, dans l'échancrure du pagne. Toujours immobilisée
par le type dans mon dos, je ne pouvais rien faire. Le présentateur,
tirant d'un coup sec sur le côté, déchira le tissu
léger. Je me retrouvai entièrement nue ! Dans un nouveau
réflexe, j'essayai de serrer mes cuisses l'une contre l'autre afin
de dérober mon sexe aux regards. Mais le présentateur m'obligea
à écarter les pieds en tirant sur l'intérieur de
mes cuisses. Puis il reprit son micro. Je ne les serrai pas à nouveau,
je sentais que ce mouvement de rébellion serait vain, et qu'il
pourrait m'attirer des ennuis. Je restai ainsi, toujours maintenue par
mon garde du corps, les jambes écartées, le sexe offert
à tous ces regards.
- 120 000, reprit le présentateur,
elle les vaut. Mais nous n'avons vu que le côté pile, je
suis sûr qu'elle vaut plus que ça.
Le mastard, relâchant légèrement
son étreinte, m'ordonna de me retourner. J'obéis sans trop
réfléchir, soulagée de cacher ainsi ma chatte et
mes seins, honteuse de découvrir mes fesses, ne sachant plus ce
qui était le plus impudique, les seins et la chatte, ou bien les
fesses, ne sachant plus si la pudeur avait ici une signification quelconque.
- Admirez la courbe parfaite de ces
fesses, monsieur. Cette esclave vaut largement 130 000 ducats ! Evidemment
c'est une somme, mais songez à l'effet qu'elle ferait dans votre
harem !
- 130 000, fit l'homme.
Les enchères repartirent. Je
n'écoutais plus vraiment. J'attendais, presque indifférente,
pétrifiée. Je crois qu'on monta jusqu'à 160 000.
Ce fut la femme qui emporta le morceau. Je me souviens d'avoir entendu
le présentateur dire :
- 160 000, adjugé, vendue !
Vendue ! Je venais d'être vendue.
Pour une " fort belle somme ", comme aurait dit la directrice.
Je valais cher, 160 000 ducats. C'était beaucoup, mais ça
voulait aussi dire que je n'étais qu'un objet, un bel objet très
cher, sur lequel on pouvait mettre une étiquette : 160 000 ducats.
Pas parce que j'étais vive et intelligente, mais parce que j'étais
jeune et jolie, que j'avais de gros seins, de belles fesses, et parce
que j'étais vierge. La virginité était une valeur
ajoutée très prisée. Déflorée, j'aurais
sûrement atteint de moins grosses sommes.
- Nous allons passer au lot suivant,
dit le présentateur.
- Viens, me dit le mastard en attrapant ma main et en désignant
l'extrémité de la scène opposée à celle
par où j'étais entrée. Il m'attira à sa suite,
j'eus à peine le temps de me pencher pour ramasser le morceau de
tissu qui m'avait servi de soutien-gorge. Comme sa poigne se faisait plus
pressante, je n'eus pas la possibilité de reprendre le petit pagne,
de toute façon il était déchiré et inutilisable.
Appliquant de ma main libre la légère étoffe sur
mes seins dans le sens de la largeur, en espérant qu'elle tombe
assez bas pour dissimuler un peu mon sexe, je le suivis jusqu'au bout
de la scène, pendant que le présentateur reprenait la parole
:
- Nous vous présentons à
présent Katsa, une autre vierge. Dix-huit ans également,
type européen. Un mètre soixante-dix-neuf, assurément
un beau brin de fille
La suite se perdit dans le couloir
dans lequel le mastard m'entraîna. Il me remit à une femme
rousse vêtue d'un tailleur gris qui m'ordonna de la suivre. Ce que
je fis, essayant toujours de maintenir l'étoffe blanche sur mes
seins et devant ma chatte, honteuse de sentir le regard des gens qu'on
croisait dans le couloir se retourner pour détailler mon petit
cul. Le couloir déboucha au fond de la salle, la femme m'ordonna
d'entrer dans une sorte de stalle. J'y étais seule. Je pouvais
voir la scène au loin, Katsa était toujours debout au milieu
d'elle. Elle venait de passer la barre des 100 000 ducats. " Je demande
à voir ", fit une voix.
Le présentateur ordonna à
Katsa d'enlever son soutien-gorge, elle s'exécuta, son visage toujours
aussi impassible comme perdu dans la lueur aveuglante des projecteurs.
Lorsqu'il lui ordonna d'enlever son pagne, elle le fit glisser tout aussi
docilement le long de ses jambes magnifiques, se pliant à tous
ses ordres, écartant les jambes, se tournant, faisant même
à l'invitation du présentateur quelques pas, nue, sur la
scène, dans un sens puis dans l'autre. Elle était magnifique.
Un homme l'acheta finalement pour 190 000 ducats.
D'autres filles se succédèrent
pendant deux bonnes heures. Parfois, c'était la voix de la femme
qu'y m'avait achetée qui emportait l'enchère, elle semblait
avoir de gros moyens à sa disposition. Alors quelques minutes après
l'esclave était conduite dans la même stalle que moi. Lorsque
la séance se termina, nous étions six dans le box. Trois
des filles avaient dû elles aussi se dévêtir et n'avaient
pu récupérer leurs habits à leur sortie de scène,
elles étaient nues. Deux autres avaient gardé leurs sous-vêtements.
Moi, je m'étais adossée au fond de la stalle pour cacher
mes fesses, maintenant toujours le court tissu sur ma poitrine, légèrement
penchée en avant pour qu'il masque mon sexe. La position était
inconfortable, mais je ne pouvais me résigner à abandonner
ce dernier rempart, même devant d'autres esclaves, devant d'autres
filles nues qui n'en menaient guère plus large que moi. Nous avions
toutes en commun d'être jeunes et jolies et, si j'avais bien suivi
la présentation, toutes vierges. Nous nous regardions à
la dérobée, sans nous parler.
La rousse en tailleur qui nous surveillait
fut bientôt rejointe par une grande femme blonde, sculpturale, dont
on devinait les formes parfaites sous le tailleur. Elle pouvait avoir
trente-cinq ans. Son visage était superbe mais portait une expression
sévère. Au creux de son cou, un tatouage représentait
un lys. Il devait servir à masquer un ancien numéro, signe
que cette belle femme était une affranchie. Elle portait une cravache
de cuir noir.
- Ecoutez, fit-elle d'un ton autoritaire.
Sa voix était celle qui avait fait les enchères. Vous venez
d'être achetées, par mon entremise, par la duchesse de Sylve.
Désormais, vous lui appartenez. Vous devrez donc l'appeler "
maîtresse ", et ce titre lui sera réservé dans
votre bouche. Moi vous m'appellerez " madame ". C'est compris
?
- Oui maîtresse.
J'avais répondu par réflexe,
habituée déjà par la femme qui nous avait conduites
au marché. Un cinglant coup de cravache vint me frapper la cuisse.
Ca faisait mal, je ne pus retenir un cri.
- Tu es stupide ou quoi ? fit-elle.
Je viens te dire de m'appeler " madame " !
- Oui madame. Pardon, madame.
- Que je ne t'y reprenne plus. Je suis
la Supérieure du harem de madame la duchesse de Sylve. Vous devrez
donc m'obéir. Seuls les ordres de votre maîtresse pourront
annuler les miens. Maintenant, je vais vous appeler une par une, vous
répondrez " présente " et me direz si les informations
sont exactes.
- Ayla !
- Présente !
Nouveau coup de cravache !
- Aaah ! Présente, madame, fis-je
en serrant les dents.
- Ayla, tu as dix-huit ans, tu es vierge,
tu as été élevée à l'institution pour
jeunes esclaves Renac XII, et tu portes le numéro 1904527 WXCA.
Tu n'as jamais eu de rapports sexuels, même externes. C'est exact
?
- Oui, madame, répondis-je sans
trop savoir ce qu'elle entendait par là. Elle devait faire allusion
à la fellation ou au cunnilingus, termes que nous avions vus en
cours d'éducation sexuelle mais qui restaient bien abstraits pour
nous. Faute d'en avoir jamais vu, ces pratiques restaient pour nous de
peu poétiques " Excitation des organes génitaux par
la bouche du partenaire sexuel ".
- Nikol !
- Présente, madame.
La fille qui venait de répondre
était une de celles qui était nue. Elle avait de longs cheveux
frisés comme les miens, sauf qu'ils étaient blonds. Nikol
écouta la Supérieure réciter son pedigree. Pendant
ce temps, je me retournai vers les autres filles. La femme rousse en tailleur
avait commencé à les enchaîner avec du matériel
sorti d'une grande caisse. Elle commença par une fille nue. Elle
referma autour de son cou un collier de fer noir, puis enserra ses poignets
de deux bracelets métalliques également. Ce fut ensuite
le tour des chevilles. La fille se laissait faire sans rien dire, mais
on la sentait très angoissée. La rousse fixa une longue
chaîne à son collier, qui descendait jusqu'à terre.
Elle passait entre ses seins et devant son sexe, avant de se séparer
en deux au niveau des genoux. Elle attacha chacune des extrémités
de la fourche aux bracelets de ses chevilles. Une autre chaîne,
très courte, vint lui entraver les chevilles. Enfin elle cadenassa
ensemble les deux bracelets des poignets, obligeant la fille à
tenir les mains sur son ventre. Se retrouvant ainsi humiliée, l'esclave
n'entendit pas la Supérieure l'appeler. Elle reçut un cinglant
coup de cravache. Elle se nommait Krysta.
La rousse continua à enchaîner
les autres de la même manière. Elle n'obligea pas les deux
filles habillées (si l'on peut dire !) à se dévêtir,
ça lui paraissait égal qu'elles soient vêtues ou non.
Je reprenais espoir, peut-être m'autoriserait-elle à garder
mon carré de tissu. Ce fut le tour de la blonde Nikol, puis le
mien. La rousse fixa le collier autour de mon cou. C'était une
sensation étrange. J'avais le sentiment d'être entièrement
écrasée par le pouvoir sur moi de cette duchesse de Sylve
que je n'avais jamais vue, ce collier me faisait l'effet d'être
la preuve matérielle de ma soumission à ma " propriétaire
". La rousse s'était occupée de mes chevilles, elle
se releva et, me saisissant le poignet, arracha le morceau d'étoffe.
" Lâche donc ça ! " fit-elle d'un air agacé,
et à mon grand désespoir le soutien-gorge tomba à
terre pour la seconde fois. Cette fois, c'était clair, je ne le
ramasserais plus. Comment l'aurais-je pu ? Mes mains étaient à
présent attachées l'une à l'autre devant mon ventre.
Je les posai devant mon sexe, tâchant de serrer les bras sur les
seins pour cacher au moins les mamelons.
Pourtant, la terrible humiliation que
constituait le port de toutes ces chaînes vint peu à peu
atténuer celle de la nudité. Au bout de quelques minutes,
je cessai de serrer les bras sur la poitrine, c'était trop fatigant,
et puis à quoi bon tâcher de cacher l'extrémité
de mes seins, dans ma situation ? Cela ne semblait plus rimer à
grand chose. En plus, personne ne faisait attention à eux : les
autres filles avaient, comme moi, les yeux baissés la plupart du
temps. La Supérieure annotait ses papiers en nous posant parfois
quelques questions supplémentaires. La rousse, quant à elle,
nous ayant toutes enchaîner, entreprenait cette fois de nous attacher
les unes aux autres par de nouvelles chaînes qui couraient d'un
collier à un autre.
Au bout de quelques minutes, il fallut
sortir de la stalle. Encadrée par les deux femmes, nous dûmes
marcher dans les vastes couloirs de la halle, nues pour la plupart, les
mains en cache-sexe, en procession. Je me trouvais entre Nikol et Krysta.
Nikol avait de très belles fesses elle aussi, les yeux baissés
j'étais obligée de les regarder pour savoir où on
allait dans le dédale du marché. La chaîne qui reliait
nos deux colliers devait mesurer un peu plus d'un mètre, il ne
fallait pas traîner si nous ne voulions pas qu'elle se tende, et
ce n'était pas facile de marcher, à cause de la chaînette
qui nous entravait les chevilles et nous forçait à faire
de petits pas. Nous marchions ainsi à travers la cohue du marché,
au milieu des esclaves, nues ou peu vêtues, et des clients en tenue
de businessman. J'avais l'impression que le tintamarre des chaînes
devait attirer sur nous les regards de tous ces gens, les attirer sur
mes seins désormais offerts, oscillants au rythme saccadé
de notre marche, les attirer sur mes fesses de vierge, sur la toison de
ma petite chatte que je m'efforçais de cacher de mes mains tout
en marchant. Toutes les esclaves n'étaient pas enchaînées
et, parmi celles qui l'étaient, aucune ne l'était plus que
nous. C'aurait été difficile. J'avais l'impression d'être
en dessous de tous ces gens, même en dessous des autres esclaves,
en dessous de Tita et Nomi, les deux esclaves de notre groupe qui étaient
vêtues. Tita était une belle Noire et avait noué deux
morceaux de tissu autour de sa poitrine et de son bassin. La couleur crème
de ces courts habits mettait superbement en valeur sa peau d'ébène.
Nomi était blonde et portait un bikini violet.
Enfin, après avoir marché
de longues minutes, on nous fit monter à l'arrière d'un
petit camion où nous nous tenions debout, notre collier enchaîné
non plus à celui des autres mais à une barre qui courrait
au milieu de la plate-forme et à laquelle nous devions nous tenir
de nos mains menottées pour ne pas tomber au gré des accélérations
du véhicule. Nous traversâmes ainsi de nombreux quartiers.
Il va sans dire que la plate-forme était découverte, et
tout le monde pouvait nous regarder, promenées nues et enchaînées
à travers toute la ville.
Nous n'osions parler entre nous, timides
mais surtout trop honteuses de notre condition pour partager cette humiliation.
Je faisais face à la blonde Nikol. Un moment, nos yeux se croisèrent
et elle esquissa un pauvre sourire. Ce n'était pas grand chose
mais il me réconforta, peut-être deviendrions nous amies
?
Enfin, on arriva au palais de la duchesse
de Sylve. C'était une demeure somptueuse, que nous n'eûmes
cependant pas le loisir de visiter. La Supérieure et la rousse
nous conduisirent dans une sorte de dortoir. Là, on nous débarrassa
de nos chaînes. La Supérieure demanda aux deux filles habillées
de s'approcher d'elle. Sans mot dire, elle arracha leurs habits. "
Ici, vous porterez les vêtements que nous vous donnerons ! "
précisa-t-elle ensuite, mais on ne nous en donna aucun. On nous
apporta de la nourriture et nous passâmes la nuit dans ce dortoir,
nues sur des couches confortables mais sans draps. Il faut dire que l'atmosphère
de la pièce était bien chaude. Malgré mon angoisse,
j'étais fatiguée et dormis d'un profond sommeil. Je me réveillai
à l'aube. Peu après, la Supérieure entra. Elle portait
toujours sa cravache et était suivie de la rousse. Les deux femmes
avaient abandonné leurs tailleurs chics pour des tenues de latex
qui moulaient leurs formes superbes et laissaient voir leurs jambes et
leurs bras.
- Esclaves ! fit la Supérieure,
écoutez bien. La journée d'aujourd'hui sera consacrée
à différentes formalités. Dès ce soir, vous
rejoindrez le harem des vierges où vous serez désormais
recluses. Le harem des vierges est sous la responsabilité de Virgo,
fit-elle en désignant la rousse. Vous devrez lui obéir.
C'est compris ?
- Oui madame !
La matinée fut consacrée
à des examens médicaux. On nous fit des tas d'analyse pour
s'assurer que nous n'avions pas de maladies. Un examen gynécologique
fut également pratiqué. Il s'avéra satisfaisant.
La duchesse n'avait pas été trompée sur la marchandise
: nous étions bien toutes vierges.
L'après midi, nous fûmes
conduites tour à tour chez l'esthéticienne. Ce fut bientôt
à moi. L'esthéticienne me fit marcher de long en large,
toujours nue, prendre des poses, relever mes cheveux. Puis elle fit ses
propositions à la Supérieure :
- Je propose de laisser ses cheveux
ainsi, ils sont magnifiques. Les ongles des mains vernis en blanc, ceux
des pieds naturels. Epilation totale, sexe compris.
- Laissez un filet de poil ras sur
le sexe, fit la Supérieure en considérant mon entrejambe,
ça lui ira bien.
Ainsi fut fait. Je dus m'asseoir et
écarter les jambes, offrir ma vulve au regard de ces femmes. On
aspergea ma chatte de mousse, puis l'esthéticienne me rasa la quasi
intégralité du sexe. La caresse du rasoir me causa un léger
trouble, qui me rappela la main de Katsa. Qu'était-elle devenue
? Et Aoni ? Elle avait été vendue juste avant moi. A qui
? Pour combien ? L'avait-on elle aussi obliger à se déshabiller
sur la scène ? L'avait-on couverte de lourdes chaînes ?
On nous conduisit enfin au harem des
vierges. C'était une enfilade de pièces somptueuses, organisées
en carré autour d'une cour intérieure découverte
à laquelle on accédait en faisant glisser de gigantesques
portes vitrées. Piscines, saunas, réfectoire et dortoir
collectif, salles de bains carrelées, tout était fait pour
que l'on n'eût jamais à quitter cette prison dorée.
Les issues étaient surveillées par des gardes. C'étaient
des femmes assez belles et très musclées, vêtues d'armures
sexy et armées de lances et de cravaches. Ce n'étaient pas
des esclaves mais des femmes libres et sûrement très bien
payées. La condition de garde était très enviée
dans le royaume, et permettait souvent à des hommes et femmes de
milieux modestes de s'élever socialement. La formation était
exigeante et difficile ; après l'avoir suivie, ces femmes étaient
rompues à toutes les techniques de combat et pouvaient mater même
des hommes ; on leur apprenait aussi à administrer de savants coups
de fouet ou de cravache ; de quoi nous ôter, à nous faibles
vierges, toute velléité de rébellion ou d'évasion.
Pour aller où, de toute façon ?
Le harem était peuplé
d'une soixantaine de filles environ. Notre arrivée fut l'occasion
d'une grande animation, on nous entoura de toute part pour découvrir
ces nouvelles arrivantes. Les filles nous dévisageaient et faisaient
à voix basse des commentaires, elles riaient entre elles. J'avais
honte, parce qu'elles étaient pour la plupart habillées,
voire maquillées et couvertes de bijoux, et nous étions
toujours toutes nues. La rousse leur ordonna de s'écarter en administrant
quelques coups de cravache qui provoquèrent le reflux des filles
qui retournèrent à leurs occupations. Vautrées sur
des coussins autour d'une piscine, elles continuaient à nous observer
de loin en émettant, c'est ce que du moins j'imaginais, des jugements
esthétiques sur nos corps, nos visages.
- Vous dormirez par deux, vos noms
sont indiqués au dessus des lits qui vous sont affectés.
La petite étagère placée à la tête du
lit vous permettra d'y ranger vos affaires personnelles. Vous trouverez
celles-ci sur votre lit. Zana ! fit-elle. Une esclave brune accourut.
Tu leur feras visiter les lieux, lui ordonna la rousse Virgo. Tu t'assureras
qu'elles prennent une douche avant 17 heures. Il faut qu'elles soient
propres lorsque la duchesse viendra contempler ses achats !
- Bien, madame, fit Zana.
La rousse sortit. Zana se présenta
à nous. Elle avait 21 ans. Elle avait travaillé comme bonniche
chez les maîtres de ses parents jusqu'à ce que ces bourgeois,
prenant conscience de sa beauté, eussent décidé de
la vendre à un harem. C'est par une agence de traite des vierges
qu'elle s'était retrouvée chez la duchesse, qui l'avait
choisie sur catalogue. Elle était depuis un an au harem des vierges.
Je suis une des plus anciennes, nous dit-elle.
- Tu es là depuis un an, fis-je,
et tu es une des plus anciennes ?
- On ne reste pas toujours là
très longtemps, tu sais.
- Comment sort-on ?
Zana sourit.
- Tu n'es pas très au courant,
dit-elle. Eh bien, on reste là tant qu'on est vierge, fit-elle
avec un sourire explicite, puis on rejoint le harem des femmes
Je rougis de ma bêtise, sans
rien ajouter. Ce fut Nikol qui poursuivit :
- Tu es là depuis un an et toujours
vierge ?
- Oui, fit Zana. Mais tu sais ce n'est
pas nous qui décidons
Ca peut prendre beaucoup moins de temps,
ne sois pas trop pressée.
- Je ne suis pas pressée, assura
Nikol.
Zana nous demanda de nous présenter.
Elle était très sympa, et son insouciance contrastait avec
nos appréhensions. Cela nous rassura quelque peu. Après
tout la vie ici serait peut-être agréable. Zana nous avait
conduites au dortoir. Deux rangées d'une vingtaine de lits se faisaient
face. C'étaient des lits très larges, au dessus desquels
étaient gravés deux noms. Ils étaient tendus d'un
dessous de drap gris, mais aucun drap ne permettait de se cacher dessous
pour trouver un peu d'intimité.
- C'est pour éviter qu'on se
caresse en douce, expliqua Zana. Notre maîtresse nous interdit d'avoir
du plaisir en dehors de sa présence.
Je fus très surprise, la masturbation
étant là encore une pratique très théorique
pour moi. Au pensionnat, aucunes d'entre nous n'aurait eu l'idée
de se laisser aller à de telles pratiques. De toute façon
nous étions trop bien surveillées. Zana surprit mon air
étonné.
- Tu verras, fit-elle. Quand tu en
auras vu un peu plus, tu regretteras de ne pas pouvoir évacuer
ton excitation en douce
Je partageai mon lit avec Nikol. J'en
fus heureuse, bien que nous n'ayons pas échangé trois paroles
je sentais que j'avais avec elle des atomes crochus. Nos " affaires
personnelles ", posées sur le lit, consistaient en quelques
vêtements que l'esthéticienne avait choisis pour nous. C'était
assez léger. Je disposais pour ma part d'un bikini vert, ainsi
que de tissus qui, noués autour des hanches et de la poitrine,
constitueraient un pagne et un soutien-gorge acceptables. Nikol ne disposait
que d'une petite culotte et d'une nuisette à fleurs, assez courte
et transparente. " Des fois, je te prêterai mon bikini ",
lui glissai-je, et elle sourit.
Trop heureuses de trouver enfin des
vêtements, nous avions entrepris de nous en couvrir mais Zana nous
arrêta. " Inutile de vous habiller, il faut d'abord passer
à la douche, vous avez entendu madame. Sinon je serai punie, et
vous aussi ". La salle de bains était vaste et très
bien équipée. Au dessus des lavabos, de petites armoires
gravées elles aussi aux noms des esclaves contenaient des accessoires
de toilette personnels. " J'espère que vous avez une bonne
hygiène, fit Zana, notre maîtresse est une maniaque de la
propreté. "
Les douches étaient collectives,
d'ailleurs le harem entier semblait caractérisé par ce constant
manque d'intimité. Seules les toilettes permettaient de se trouver
un peu seule, mais Zana nous apprit qu'elles étaient surveillées
par des caméras, afin que l'on ne s'y éternisât pas
et, surtout, que l'on ne pût s'y livrer à des pratiques "
répréhensibles ".
Nous nous lavâmes et nous habillâmes,
puis on rangea nos affaires sur les étagères. Zana nous
conduisit ensuite autour de la piscine, où elle commença
à nous présenter aux autres vierges. Celles-ci nous posèrent
des questions sur nous, d'où nous venions, auxquelles nous répondions
un peu gênées. Soudain, des trompettes retentirent. Toutes
les esclaves se regardèrent, certaines commencèrent à
se recoiffer, à vérifier leur décolleté, à
prendre des poses sexy au bord de la piscine. " Son excellence la
duchesse de Sylve ", annonça une des gardes.
La duchesse parut, accompagnée
de la Supérieure et de Virgo. Elle était vêtue d'étoffes
très riches, couverte de bijoux somptueux. C'était la plus
belle femme que j'avais jamais vue. Environ trente ans, grande, blonde
aux cheveux courts ornés d'un diadème étincelant.
Certaines esclaves, visiblement les plus novices, s'agenouillèrent
sur son passage mais elle leur dit de se relever, sa voix était
claire et gentille.
Parvenue au bord de la piscine, elle
regarda Zana en souriant et lui tendit la main. Zana, agenouillée
par terre, posa un baiser sur cette main, puis deux autres, puis la prit
dans ses mains et commença à en sucer l'index, lentement,
en le faisant entrer entièrement dans sa bouche, puis par de lents
mouvements de va-et-vient, tout en jetant à la duchesse de longs
regards en coin où l'on pouvait lire le désir et la soumission.
Elle suça ainsi tous les doigts de cette main, finissant par le
pouce. Toutes les autres se taisaient. Je trouvais ça extrêmement
gênant, surtout pour Zana. Mais elle n'avait pas l'air de s'en formaliser.
La duchesse avait posé son autre main dans ses cheveux et les caressait.
" Ah, Zana ! comme j'aime te voir ainsi soumise " fit-elle.
Lorsque l'esclave eut terminé
ces mouvements de succion, la duchesse se tourna vers la Supérieure.
- Alors, où sont mes nouveaux
bibelots ?
- Les nouvelles, debout en rang ! ordonna
Virgo.
Nous nous levâmes très
vite, toutes les six, et nous mîmes en rang, les mains dans le dos,
sans rien dire. La duchesse passa devant nous en nous observant attentivement.
Devant Tita, la fille noire, elle s'arrêta et lui enleva son soutien
gorge. Les seins de Tita jaillirent, superbes globes noirs sur lesquels
la duchesse posa une main. Elle les caressa, puis se pencha et déposa
sur l'un deux un court baiser. Tita restait immobile, se laissait faire,
attendant de voir ce qui se passait. Puis la duchesse poursuivit son inspection,
enfin elle passa devant moi et me caressa la joue. " Quel beau visage
", murmura-t-elle.
- Je suis fière de toi, fit-elle
enfin à la Supérieure. Ce sont de très beaux achats.
Sont-elles bien soumises ?
- Esclaves, à genoux ! ordonna
Virgo en faisant claquer sa cravache sur les fesses de la fille qui se
trouvait en bout de rangée. Pas de chance, c'était moi !
Le contact du cuir était toujours aussi douloureux. Nous nous agenouillâmes
bien vite. La duchesse se présenta devant Nikol, à l'autre
bout de la rangée.
- Pose le pied de ta maîtresse
sur ta nuque ! ordonna Virgo.
Nikol obéit. Elle prit le menu
pied de sa maîtresse dans ses mains, puis pencha son visage vers
le sol et installa le pied sur sa nuque.
- Comment t'appelles-tu, esclave ?
demanda la duchesse.
- Je m'appelle Nikol.
La cravache s'abattit sur son dos.
" Répète après moi ! " fit Virgo. "
Je m'appelle Nikol, maîtresse, et je suis votre esclave ! "
- Je m'appelle Nikol, maîtresse, et je suis votre esclave.
- " Mon corps et mon âme
vous appartiennent
".
- Mon corps et mon âme vous appartiennent.
- " Et je suis soumise à
tous vos désirs ! "
- Et je suis soumise à tous
vos désirs.
La duchesse avait observé toute
la scène en souriant, ses yeux brillant de contentement, debout
devant l'esclave agenouillée, le pied posé sur sa nuque.
" Relève-toi ! ", fit-elle en enlevant son pied. Nikol
se releva et reprit sa position aux garde à vous.
L'une après l'autre, nous dûmes
nous plier à ce rituel. La duchesse demandait à la fille
comment elle s'appelait, après quoi celle-ci devait réciter
le couplet de soumission. La duchesse arriva devant Tita.
- Comment t'appelles-tu, esclave ?
- Je m'appelle Tita, maîtresse,
et je suis votre esclave. Mon corps
- Désormais tu t'appelleras
Ebena, fit la duchesse.
- Recommence, Ebena ! fit Virgo en
lui fouettant les fesses. Tita émit un petit cri.
- Je m'appelle Ebena, maîtresse,
et je suis votre esclave. Mon corps et mon âme vous appartiennent,
et je suis soumise à tous vos désirs.
Enfin, ce fut mon tour. Le contact
du pied de ma maîtresse, que je posai moi-même sur ma nuque,
me fit frissonner. Quelle humiliation de se retrouver ainsi, à
genoux devant cette femme, le cul en l'air et le visage à terre,
devant toutes les filles du harem ! Enfin, toutes avait dû en passer
par là. " Comment t 'appelles-tu, esclave ?"
- Je m'appelle Ayla, maîtresse,
et je suis votre esclave. Mon corps et mon âme vous appartiennent,
et je suis soumise à tous vos désirs.
Voilà ! C'était dit.
On m'avait souvent appelée esclave, mais c'était la première
fois que je me désignais moi-même ainsi.
- Eh bien, fit ma maîtresse,
puisque tu es soumise à tous mes désirs, lèche-moi
donc le pied ! Et, ôtant son pied de ma nuque, elle le présenta
devant mon visage. Je le regardais, interloquée. Elle était
folle ! Jamais je ne lécherais son pied ! Deux forts coups de cravache
vinrent me rappeler à ma condition. Les larmes aux yeux, je commençai
à déposer de petits baisers sur son pied, à le lécher
maladroitement. Il sentait bon ; elle devait se parfumer avec des huiles
de luxe. Ma langue remonta jusqu'à la cheville, puis je déposai
des baisers sur ses orteils. " C'est bien ", fit-elle, "
suce le pouce à présent ! "
Quelle humiliation ! Pourquoi moi ?
Pourquoi pas les autres ? Parce que j'étais la dernière
du rang, sûrement. Parce que tel était le bon plaisir de
ma maîtresse. Je n'avais pas à me poser la question mais
à sucer cet orteil. Je le pris lentement en bouche, puis entamai
de lents mouvements de va-et-vient comme je l'avais vu faire à
Zana avec l'index de notre maîtresse. Je passai des petits coups
de langue dessus, maladroite, inexpérimentée, tâchant
de deviner ce qu'elle attendait de moi. Au bout de deux minutes environ
elle me repoussa. " J'en ai assez ! " fit-elle d'une voix dure.
" Tu devras t'améliorer, esclave ! Mais c'est bien, tu es
soumise ! Remercie-moi ! "
- Merci, maîtresse.
- Merci de quoi, ingrate ?
- Merci, maîtresse, de m'avoir laissée lécher votre
pied et sucer votre orteil !
Je ne pouvais pas croire que c'était
moi qui venais de dire ça ! Enfin, elle m'autorisa à me
relever, et nous pûmes disposer. Nous allâmes nous asseoir
au bord de la piscine. J'avais envie de pleurer de honte. Nikol vint s'asseoir
à côté de moi.
- Ce n'est pas grave, me glissa-t-elle
à l'oreille. Tu as bien fait d'obéir. Un autre jour, ce
sera moi ! Tout ça n'est pas bien important. Regarde les autres
filles, elles n'ont pas l'air malheureuses. Si on est sages et qu'on se
plie à ses désirs, je suis sûre que la vie ici ne
sera pas si mal !
Et c'était vrai que les autres
filles n'avaient pas l'air malheureuses. La duchesse passait au milieu
d'elles, elles minaudaient et prenaient des poses, certaines avaient le
privilège de recevoir une caresse, d'autres un baiser. Je trouvais
ces attouchements entre filles choquants. C'était sûrement
une habitude à prendre. Enfin, la duchesse se retira.
La vie au harem s'avéra agréable,
en effet. Oisives, nous passions notre temps à paresser, autour
de la piscine, à jouer à des jeux, faire de la musique,
chanter, parler. Lorsque le temps le permettait, nous allions nous faire
bronzer dehors, dans la cour intérieure. Sauf celles qui devaient
rester pâles, selon la volonté de notre maîtresse ou
des esthéticiennes. Pour ma part, j'avais le teint assez mat et
on avait décidé qu'il fallait que je sois très bronzée.
Les soins de notre corps prenaient
beaucoup de temps. Nous étions destinées à une chose
: être belles. Nous passions plusieurs heures par jour entre les
mains des esthéticiennes. On surveillait également notre
régime alimentaire et l'on nous faisait faire de l'exercice, natation,
badminton,
Tout ça était très agréable.
J'aimais moins les interminables séances de gym et d'assouplissements,
où l'on nous faisait prendre des positions insensées, je
ne devais comprendre que plus tard dans quel but
Comme je m'y attendais, Nikol devint
ma meilleure amie. C'était une fille très sympa, intelligente,
avec qui je pouvais parler de choses un peu plus intéressantes
qu'avec les autres filles, souvent assez superficielles. Certaines ne
savaient même pas lire. Nikol semblait moins naïve que moi,
plus courageuse devant les épreuves. Son histoire, elle me la raconta
au creux de notre lit, à l'oreille : son père était
un entrepreneur, il était bûcheron. Il aurait souhaité
avoir des fils pour l'aider dans son travail mais n'avait eu que deux
filles. Lorsque l'aînée avait eu dix-huit ans, il l'avait
vendue pour pouvoir s'acheter un esclave. Nikol savait qu'à sa
majorité ce serait son tour. Elle avait été vendue
à un entremetteur qui l'avait conduite sur le marché aux
esclaves, où nous étions retrouvées. Sa condition
d'esclave était donc toute nouvelle. Il faut s'y faire, disait-elle,
fataliste.
La quiète vie du harem n'était
troublée que par les rares visites de la duchesse. Elle venait
deux fois par semaine environ, passait entre les esclaves, leur demandant
de lui rappeler leurs noms, discutant avec elles, les caressant un peu,
notamment celles qu'elle connaissait le mieux, comme Zana. Nikol et moi
restions timidement à l'écart.
Quelques heures après son départ,
Virgo venait généralement annoncer une douzaine de noms
pour " la cérémonie de ce soir ". Nikol et moi
ne savions pas de quoi il s'agissait. Nous n'osions pas le demander à
nos aînées. Ces soirs-là, les filles sélectionnées
quittaient le harem sous bonne escorte. Elles revenaient deux ou trois
heures plus tard. Une expression de soulagement, de crainte et de désir
à la fois sur le visage. Elles n'avaient pas trop envie de parler.
Elles ne revenaient pas toutes. Une ou deux manquaient à l'appel.
Celles qui n'étaient plus vierges, évidemment. Zana était
presque tout le temps sélectionnée mais revenait toujours.
Un jour, la duchesse l'embrassait au
bord de la piscine. Nikol et moi nous exercions au luth un peu plus loin.
La duchesse nous regarda et se pencha à l'oreille de Zana. Celle-ci
lui répondit quelque chose puis la duchesse appela :
- Nikol !
Nikol se leva et courut jusqu'à
elle. Elle s'agenouilla comme on devait le faire lorsqu'on était
appelée ainsi. La duchesse l'attira vers elle, tandis que Zana
continuait à la caresser.
- Enlève ton soutif, Nikol !
Elle portait le bikini que je lui prêtais
souvent. Nikol hésita une seconde. Nous étions toutes les
deux restées assez pudiques. Certaines filles se baladaient seins
nus dans le harem mais ce n'était pas notre genre. Mais il fallait
obéir, la cravache de Virgo n'était jamais bien loin. Elle
dénoua la ficelle et fit glisser le soutif, laissant apparaître
ses seins superbes.
La duchesse les regarda puis se mit
à les caresser doucement. Prenant ensuite la main de Nikol, elle
la posa sur l'étoffe qui couvrait sa propre poitrine. Tu es très
belle, lui dit-elle. Les caresses à trois, avec Zana, perdurèrent
ainsi une quinzaine de minutes, Nikol se laissait faire par les deux femmes,
puis la maîtresse la renvoya. Nikol revint s'asseoir auprès
de moi. Je ne trouvais rien à lui dire.
Lorsque Virgo vint annoncer la liste,
Nikol en faisait partie. Ebena aussi. C'était la première
fois que des " nouvelles " participaient à la "
cérémonie ". A l'heure dite les filles se mirent en
rang et quittèrent le harem, escortées par des gardes. Pour
lui donner du courage, je serrai la main de Nikol au passage, ce qui me
valut une réprimande de la part de Virgo, et trois coups de cravache
appliqués avec une précision diabolique sur mes seins.
Ce genre de soirées n'était
pas très gai pour les filles qui restaient au harem. Les rires
et les jeux habituels laissaient place à une ambiance un peu sinistre.
Nous attendions, angoissées, le retour de nos camarades, nous demandant
lesquelles ne reviendraient pas, nous demandant, pour celles qui n'avaient
jamais été sélectionnées, ce qui se tramait
à l'extérieur de notre cage dorée.
Enfin, elles furent de retour. Nikol
était parmi elles, mais c'était Ebena qui n'était
pas là. La belle Ebena avait dû se faire dépuceler
! Les filles n'avaient guère envie de parler, pour la plupart elles
allaient se coucher, un peu rêveuses, sur leur lit. Ce fut d'ailleurs
l'heure du couvre-feu, j'allai me coucher à côté de
Nikol.
Cette nuit-là, pelotonnés
l'une contre l'autre, elle me raconta à l'oreille, sur mon insistance,
ce qui s'était passé.
- On nous a d'abord conduites aux vestiaires.
Là, les esthéticiennes se sont occupées de nous,
séparément, dans des cabines individuelles. L'une d'elles
m'a lavée soigneusement et parfumée, puis on m'a fait enfiler
un pagne de tissu. Ensuite
- Ensuite ?
- Ensuite on nous a conduites dans
une grande pièce luxueuse. Au milieu se dressait un grand lit de
satin rouge. Plus loin, un trône. Notre maîtresse était
assise sur le trône. Elle tenait en laisse un esclave. Un homme
Il était
nu.
- Tout nu ?
- Oui, tout nu.
- Tu as vu son
son sexe ?
- Sa bite, oui. Appelle un chat un
chat, ma fille. Crois-moi, tu vas avoir besoin de te déniaiser
un peu si tu ne veux pas tomber de haut d'ici peu.
- Et alors ? Que s'est-il passé
? fis-je, angoissée et curieuse à la fois.
- Nous étions toutes vêtues
du même pagne, seins nus. On nous a placées dos au mur, puis
on nous a enchaînées à des anneaux scellés
dans le mur, bras levés et coudes écartés, les seins
offerts. Alors notre maîtresse a commencé à nous passer
en revue, en promenant son esclave en laisse. Elle nous regardait, nous
caressait
- Elle t'a
caressée ?
- Elle m'a regardée dans les
yeux, et puis elle m'a
Elle m'a léché les seins, mordillé
les mamelons.
- Et
et ensuite ?
- Ensuite rien. Je me suis laissé
faire. T'as pas intérêt à protester, à mon
avis. Virgo était là, avec sa cravache
La Supérieure
aussi. Notre maîtresse est passée à la fille suivante.
Une fois son petit tour terminé, elle a fait venir l'esclave. Elle
lui a demandé comment elle nous trouvait. L'esclave a dit que nous
étions très belles. Il
il bandait un peu.
- Tu veux dire
il avait une érection
?
- Une érection, si tu veux.
Il commençait à bander, quoi. " Tu voudrais bien savoir
laquelle je vais offrir à ta belle bite ?" lui a dit la duchesse.
" Oui, maîtresse " a-t-il répondu.
- Elle lui a dit ça ?
- Attends, tu n'as encore rien vu.
La maîtresse nous a toutes regardées dans les yeux puis elle
s'est avancée vers Zana. Elle a recommencé à la caresser.
" Tu aimerais bien te faire empaler sur sa bite, hein, espèce
de salope ? ".
- Elle a traité Zana de salope
?
- Oui. Zana a répondu : "
J'adorerais ça, maîtresse, si tel est votre plaisir ".
" Tu attendras encore, espèce de petite pute en chaleur ",
lui a répondu la duchesse. Et puis elle s'est approchée
de moi. Elle m'a donné son annulaire à sucer.
- Et
tu l'as fait ?
- Bien sûr que je l'ai fait.
Du mieux que j'ai pu, je me suis appliquée, crois-moi. Mais finalement
elle s'est tournée vers Ebena.
- Et alors ?
- Elle a commencé à l'embrasser,
d'abord des petits baisers sur les lèvres, puis elle l'a prise
à pleine bouche. L'esclave bandait à fond, c'était
incroyable. J'avais déjà vu des sexes d'homme, mais jamais
bandés. Je ne sais pas comment on peut prendre un truc pareil dans
le vagin, crois-moi. La maîtresse a arraché le pagne d'Ebena,
elle a léché ses seins, et même
sa chatte.
- Et
ensuite ?
- Ebena poussait de petits soupirs,
de petits cris. Elle semblait assez angoissée. Nous l'étions
toutes, pour la plupart, à part les plus expérimentées.
La duchesse a ordonné qu'on détache Ebena. " Tu vas
devenir une femme, lui a-t-elle dit. Je te regarderai, tâche de
me donner beaucoup de plaisir. "
On l'a conduite sur le lit de satin, elle a dû se coucher, nue,
sur le dos. La maîtresse lui a ordonné d'écarter les
jambes. D'abord, elle n'a pas obéi, mais la Supérieure lui
a donné un coup de cravache sur les seins. Alors elle les a écartées.
- La pauvre !
- Oui. Elle était là,
toute nue devant nous, le sexe offert dans notre direction. Notre maîtresse
a alors fait détacher Zana. " Prépare-la " lui
a-t-elle ordonné. Alors Zana s'est couchée sur Ebena. Elle
a commencé à l'embrasser, à la lécher, d'abord
les seins, puis elle est descendue, donnant des coups de langue sur son
ventre. " Détends-toi ", lui conseillait-elle, "
laisse-toi faire, abandonne-toi au plaisir. Il faut que tu mouilles ".
Ebena a fermé les yeux, elle a posé ses mains sur la tête
de Zana qui était descendue jusqu'à sa chatte.
- Elle
elle lui léchait
la vulve ?
- Et elle avait l'air de savoir s'y
prendre, crois-moi. Elle lui pourléchait le contour de la chatte,
enfonçait sa langue entre ses lèvres. Ebena poussait des
soupirs de plus en plus forts. Puis Zana s'est arrêtée et
a regardé notre maîtresse. " Elle est prête, maîtresse
", a-t-elle dit. " Viens ", lui a dit la duchesse. Zana
s'est levée et a marché jusqu'à son trône,
elle s'est assise sur ses talons au pied du trône, la joue contre
la jambe de la duchesse.
- Et
Ebena ?
- La maîtresse s'est tournée
vers l'esclave. Nous le regardions toutes. Pas besoin de le préparer,
lui, ça se voyait. " Fais d'elle une femme ", lui a ordonné
notre maîtresse.
Alors il s'est couché sur Ebena. Le sexe posé sur son ventre.
Elle avait peur, sa respiration soulevait ses gros seins. Il l'a un peu
embrassée, léchée, puis il a pris sa bite dans sa
main.
- Et
et alors ?
- Il a posé le gland sur sa
chatte et il l'a enfoncé. D'abord un tout petit peu.
- Elle a crié ?
- Pas tout de suite. Il a fait quelques
courts mouvements de va-et-vient, puis un peu plus violents et de plus
en plus profonds. Elle s'est mise à crier, lui il continuait à
la pénétrer de plus en plus régulièrement.
On ne voyait plus sa bite, juste ses fesses s'agiter entre les cuisses
d'Ebena.
-
- Au bout d'un moment ses cris se sont
transformés en soupirs. Elle avait l'air de ne pas trop souffrir.
Elle a même refermé ses jambes sur les fesses de l'esclave.
J'ai détourné le regard vers notre maîtresse. Zana,
sur son ordre, avait écarté l'étoffe qui lui cachait
le sexe, elle enfonçait deux doigts dans sa chatte blonde. Puis
elle s'est mise à lui sucer le clitoris.
- Et toi là dedans ?
- Nous, on regardait. Apeurées,
fascinées, je ne sais pas trop. La maîtresse aussi regardait.
Elle caressait les cheveux de Zana mais n'avait pas un regard pour elle.
Elle matait l'esclave en train de déflorer Ebena qui se laissait
faire en soupirant, de temps en temps elle nous regardait nous pour juger
de notre réaction. Elle avait l'air d'y prendre un plaisir incroyable.
Finalement, les mouvements des fesses de l'esclave se sont faits de plus
en plus rapides. Il a poussé quelques cris de jouissance et s'est
laissé retomber sur Ebena. Notre maîtresse encourageait Zana.
" Broute-moi, petite salope, oui, broute-moi comme tu sais si bien
le faire ! ". Elle a joui elle aussi. Ensuite elle a dit à
l'esclave de sortir. Deux gardes l'ont emmené. Elle a dit à
Ebena de marcher jusqu'à elle. Ebena s'est agenouillée devant
elle. Il y avait un peu de sang sur sa chatte. " Tu es fière
d'avoir sacrifié ta virginité devant moi ? " "
Oui, maîtresse, merci de m'avoir fait cet honneur. J'espère
vous avoir donné du plaisir. " " Un peu, a répondu
la duchesse, mais ce n'est pas fini, nous avons toute la nuit. On va te
laver un peu, puis je te ferai découvrir d'autres sensations. "
- Et alors ?
- La Supérieure a emmené
Ebena, pour aller lui faire prendre une douche sans doute. La duchesse
nous a congédiées. On nous a détachées, on
a dû reprendre une douche puis nous rhabiller, et on a rejoint le
harem. Au passage on m'a donné ça. Et elle me fit toucher,
dans l'obscurité, un collier de perles qu'elle portait à
son cou. C'est la récompense, notre maîtresse aime faire
cadeau de bijoux aux vierges qui ont participé à ses "
soirées ".
J'eus du mal à trouver le sommeil.
J'étais angoissée à l'idée qu'un jour je participerais
à une de ces " soirées ". Un peu excitée
aussi, sans vouloir me l'avouer, en tout cas intriguée.
La vie reprit son cours normal, puis
revint le jour du " sacrifice de la virginité ". Je ne
pensais pas être choisie, la duchesse n'avait pas eu un regard pour
moi lors de sa visite préparatoire. Virgo vint annoncer les noms
des élues. Zana, une fois de plus, en faisait partie. Nikol aussi.
A ma grande surprise, je fus choisie également. Nous étions
onze filles.
On nous emmena dans des vestiaires.
Là, onze esthéticiennes nous prirent en charge. L'une d'elles
me fit entrer dans une cabine. Il y avait là une douche, des toilettes,
une chaise, des miroirs et des produits de beauté. La fille m'ordonna
de me déshabiller. Je déposai mes vêtements sur la
chaise, toujours un peu honteuse mais commençant à m'habituer
à être ainsi traitée. L'esthéticienne était
vêtue d'un maillot de bain une pièce.
- Fais tes besoins, m'ordonna-t-elle
en me désignant la cuvette des toilettes.
Je n'osai protester. Je m'assis sur
les toilettes, honteuse. Faire mes besoins devant elle, c'était
la première fois qu'on me demandait ça ! Mais il fallait
obéir. Je n'avais pas trop envie pourtant, et sa présence
me bloquait.
- Je
je n'y arrive pas, madame,
finis-je par dire. Pourriez-vous vous tourner s'il vous plaît ?
Elle soupira. " Toujours la même
chose avec les nouvelles ", fit-elle. Elle se retourna vers la porte.
- Essaye de te dépêcher,
à présent.
Je m'appliquai, et finis par pouvoir
faire mes besoins, même si les bruits me faisaient honte. Dès
qu'elle entendit le bruit, d'ailleurs, l'esthéticienne se retourna.
Quand j'eus fini, elle me fit entrer dans la douche. Là, elle entreprit
de me laver, sous le jet chaud, avec du savon à la lavande et un
gant de toilette. " Je peux me laver seule ", dis-je. "
Ne discute pas ! " m'ordonna-t-elle. Elle me disait de lever les
bras, d'écarter les jambes, de pencher la tête en arrière,
pour me laver où elle le désirait. Elle s'attarda
longuement sur mon sexe, mon cul. " Tu es une belle fille, dit-elle,
il faut que tu sois propre pour plaire à ta maîtresse. "
Elle me fit un shampoing également, puis me sécha les cheveux.
Elle vérifia soigneusement mon épilation, le vernis de mes
ongles, la propreté de mes dents. Elle me mit du mascara sur les
cils. Enfin, elle me dit de m'habiller. Le vêtement prévu
était une aube blanche, transparente, qui descendait du cou jusqu'aux
chevilles, laissant libres les bras. Puis je sortis de la cabine. D'autres
filles attendaient déjà, portant la même aube que
moi. On pouvait tout voir au travers, j'étais gênée.
Les dernières filles nous rejoignirent.
Nikol était superbe, ses cheveux bouclés ramenés
en un chignon, son corps mis en valeur par la transparence du vêtement.
" Tu es très belle ", lui glissai-je, autant parce que
c'était vrai que pour dire quelque chose, dissimuler ma nervosité.
" Assez belle pour se faire mettre " répondit-elle sans
sourire. On nous fit entrer dans la pièce. Celle-ci était
telle que me l'avait décrite Nikol. Notre maîtresse attendait
sur son trône. Je ne vis pas d'esclave à ses côtés.
On nous attacha comme Nikol me l'avait
expliqué, les bras de côté, poignets à hauteur
de la tête. La duchesse commença à nous caresser à
travers nos aubes. Elle embrassa les seins de Nikol à travers le
tissu. Parvenue devant moi, elle déposa un long baiser sur mes
lèvres. Puis je sentis sa langue entrer dans ma bouche et jouer
avec ma langue. C'était la première fois qu'on m'embrassait
depuis le baiser de Katsa, au pensionnat. Je me laissais faire. Soudain,
ses mains saisirent mon aube à hauteur de la poitrine. J'entendis
le tissu se déchirer, je sentis le courant d'air sur mes seins,
puis ses mains sur eux. Elle les massait, les frottait l'un contre l'autre,
les pétrissait. Elle me pinça les mamelons. Je voulus crier
mais sa langue me bâillonnait. Elle tortura ainsi ma poitrine pendant
de longues minutes. C'était bon et douloureux à la fois.
Incrédule, je sentis pour la première fois une humidité
au creux de mes cuisses. La duchesse me lâcha soudain. Je restais
là, les seins à l'air et le souffle court après cet
interminable baiser.
Ma maîtresse s'arrêta enfin
devant Zana. Elle la détacha. " A genoux !" lui ordonna-t-elle.
Zana s'agenouilla. " Supplie-moi ! " lui ordonna la duchesse.
- Maîtresse, par pitié,
entama Zana, permettez-moi d'être déflorée devant
vous ce soir.
- Et pourquoi le ferais-je ?
- Je sais que je ne suis qu'une esclave
indigne de cet honneur, mais j'ai tellement envie de me faire prendre
devant vous.
- Tu peux faire mieux !
- J'ai tellement envie de vous témoigner
ma soumission, belle maîtresse. Je veux vous procurer du plaisir
autrement que par ma langue. Quel honneur ce serait pour moi de penser
que votre Excellence mouille en me regardant me faire mettre une grosse
bite dans ma petite chatte de jeune salope.
- Mmmm
Continue !
C'était incroyable d'entendre
Zana, cette fille sympa qui nous avait si gentiment accueillies à
notre arrivée, se laisser aller à ce jeu, employer des mots
aussi vulgaires. Elle qui nous disait de n'être pas trop pressées
! Elle continuait.
- Je veux vous témoigner ma
reconnaissance. Je veux vous remercier de votre indulgence pour une petite
pute en chaleur comme moi. Je veux me faire défoncer la chatte
devant vous, je veux crier ma douleur pour vous, me faire mettre en pensant
à vous, à votre belle vulve humide. Par pitié, laissez-moi
vous sacrifier mon pucelage !
Depuis combien de temps la duchesse
la faisait-elle ainsi languir ? Plus d'un an, nous avait dit Zana. Ce
jeu devait exciter notre maîtresse au plus haut point, aussi Zana
ne devait-elle pas s'attendre à la réponse qui tomba :
-Eh bien soit, puisque tu ne peux pas
te contrôler, petite pute, je consens à te laisser te faire
pénétrer devant moi.
Zana , qui jusqu'alors n'avait semblé
guère émue, habituée sûrement à ce petit
jeu, en fut toute surprise.
- Me
Merci maîtresse. Oh
merci ! Et elle lui lécha le pied. Elle réagissait vite,
mais j'étais certaine qu'au fond d'elle elle aurait souhaité
rester vierge, retourner tranquillement au harem où sa vie était
si douce.
- Qu'attends-tu, salope ? Déshabille-toi
et couche-toi, puisque c'est ce que tu veux.
Zana leva les yeux vers elle, puis
se leva lentement et ôta son aube. Son beau corps nu semblait plus
magnifique encore depuis qu'il était promis à ce sacrifice.
Ses seins semblaient durcis par l'excitation qui avait malgré tout
dû la prendre. Elle marcha en balançant les hanches, habile,
suggestive, jusqu'à la couche de satin. Cette fille ne perdait
pas la tête. Elle se coucha et écarta les cuisses, le sexe
offert en notre direction.
- Qu'attends-tu ? demanda la maîtresse.
Zana parut surprise. Je ne sais pas,
maîtresse. Votre bon vouloir.
- Tu attends une fille pour te préparer
?
- Oui, maîtresse.
- Et bien tu n'en n'auras pas. Prépare-toi
toi même. Aucune de ces filles n'y parviendrait aussi bien que toi.
- Que dois-je faire, maîtresse
?
- Caresse-toi, masturbe-toi. Montre-leur
que tu es une vraie salope, que tu ne t'es pas vantée tout à
l'heure.
La duchesse semblait trouver un grand
plaisir à l'insulter ainsi, et à lui proposer de l'imprévu.
Zana s'exécuta. Elle ferma les yeux et bascula la tête en
arrière. Elle posa ses mains sur ses seins, et commença
à les toucher, les masser en cercle. Ils étaient magnifiques.
Elle soupirait le plus langoureusement possible. Elle savait qu'elle devait
se faire mouiller pour faciliter la pénétration, mais aussi
faire mouiller sa maîtresse assise sur son trône. Sa main
gauche resta sur sa poitrine, tandis que l'autre descendait lentement
sur son ventre. Enfin elle la glissa entre ses cuisses, se mit à
se masturber, s'attardant sur les lèvres de sa vulve, sur son clitoris.
Je n'avais jamais vu ça. Je mouillais vraiment, malgré mon
appréhension. Je ne pensais plus à moi, j'étais fascinée
par Zana, par son corps ondulant au rythme de ses propres caresses, par
ses soupirs d'aise qu'on sentait exagérés, faits pour exciter
la duchesse autant qu'elle, et qui ne pouvaient cependant qu'être
efficaces.
- Raconte-moi ce qui va se passer !
l'encouragea la duchesse de Sylve.
- Un esclave va entrer. Il va me regarder
et se mettre à bander. Il va écarter mes cuisses et enfoncer
son sexe dans ma chatte !
- Continue
fit la duchesse qui
avait commencé à se toucher les seins au travers de sa riche
robe.
- Il va me déchirer l'hymen.
Je vais crier. Puis je vais sentir sa grosse bite me ramoner le vagin.
J'aurai un peu mal mais je penserai à vous, je penserai que c'est
à vous que cet esclave donnera du plaisir par l'entremise de mes
cris de salope.
- Oui, salope. Tu aimes la bite, avoue
?
- Oui, maîtresse, j'adore la
bite, mais je n'en ai jamais eu dans le vagin.
- Tu aimes les grosses bites bien dures
?
- Oui, maîtresse, j'aime les
grosse bites, j'adore les sucer, bientôt j'aimerai me les faire
mettre, j'en suis sûre !
- Tu as de la chance, esclave. L'homme
que je t'ai réservé à une énorme bite, elle
va emplir tout ton petit vagin de pucelle !
- Oh merci, maîtresse, merci
de me traiter comme vous le faites, criait Zana en se tordant sur le lit
comme un serpent.
La duchesse avait marché jusqu'à
elle. Elle retira sa main de son sexe pour y poser la sienne.
- Mmmm
C'est vrai que tu es toute
humide ! Ca t'excite donc vraiment, de te faire dépuceler par une
grosse bite.
- Oui, maîtresse, oh oui, ça
m'excite.
- Bien, faites entrer l'esclave !
Une des gardes entra en traînant
un esclave enchaîné. Il avait les yeux bandés, son
sexe pendait entre ses jambes. Je n'en avais jamais vu, mais je ne le
trouvais pas si gros que ça.
- Notre ami a visiblement besoin d'être
excité, fit la duchesse en se tournant vers nous. Nikol !
Nous avons toutes regardé Nikol.
Elle ouvrit la bouche, interloquée. Fascinée comme nous
l'étions, nous avions presque oublié notre présence
ici ; nous n'étions que des spectatrices, nous croyant hors de
danger. Virgo détacha Nikol et l'attira au pied du lit. Elle la
fit s'agenouiller devant l'esclave, le visage à hauteur de son
sexe. Je fixais mon amie, épouvantée de l'humiliation qu'on
lui faisait subir. Mais je n'avais encore rien vu. La duchesse pencha
la tête sur le côté et regarda Nikol avec un air mystérieux.
Puis elle dit simplement, d'une voix très douce :
- Suce-le !
Nikol la regardait sans vouloir comprendre.
" Prends son sexe dans ta bouche ", expliqua la maîtresse.
Nikol leva les yeux vers l'esclave
qui attendait, les yeux bandés, les mains attachées derrière
le dos. Puis elle reporta son regard sur le sexe recroquevillé.
Doucement, elle tendit la main vers cette bite, la souleva et, se penchant
vers elle, l'enfourna dans sa bouche.
" C'est très bien ! "
fit notre maîtresse. Nikol était là, la bouche en
rond autour de cette queue qui s'était mise à grossir à
l'intérieur d'elle, faisant une petite bosse sur sa joue. Très
vite elle comprit qu'elle ne pouvait pas rester ainsi. Elle n'avait jamais
dû voir de fellation, pas plus que moi, mais elle se mit rapidement
à effectuer autour de cette bite braquée des mouvements
de va-et-vient avec sa bouche, la faisant entrer en elle le plus loin
possible puis coulisser dans l'autre sens.
- J'adore voir des pucelles lécher
une bite, fit la duchesse en riant. Elles ne savent pas s'y prendre mais
leur instinct de suceuse reprend vite le dessus ! Elle s'en sort pas mal,
tu ne trouves pas ? demanda-t-elle à Zana.
- Sûr, répondit celle-ci.
Cette petite vicieuse m'excite, elle fera une excellente suceuse de queues
!
Je ne pouvais pas croire que c'était
Zana qui insultait Nikol ainsi. Elle qui s'était montrée
si gentille avec nous ! Mais je comprenais. Elle devait jouer ce rôle.
D'ailleurs elle même ne devait pas en mener large sous ces airs
de salope : excité par la fellation de Nikol, le sexe de l'esclave
s'était entièrement dressé. Il devait mesurer au
moins vingt centimètres !
La fellation dura encore quelques instants.
Nikol s'appliquait. Le sexe était devenu si gros qu'elle ne pouvait
le garder en bouche tout le temps, elle le léchait par la hampe,
par les côtés, ne négligeant pas les testicules, embrassant
le gland. Elle paraissait concentrée, faire du mieux qu'elle le
pouvait afin de ne pas mériter de réprimande. Le sexe de
l'esclave brillait sous la lumière des chandeliers, brillait de
salive et de ses propres secrétions. Pendant ce temps notre maîtresse
avait enfoui la tête au creux des cuisses de Zana, afin de la lubrifier
encore mieux. Puis elle ordonna à Nikol d'arrêter. On détacha
l'esclave, on lui ôta son bandeau. " Accroupie ! " ordonna
la duchesse à Zana.
|