Histoires Des Invités

 

Ayla

Par Dominique

 

Esclave. Je suis née esclave. Ce mot me définit mieux qu'aucun autre. Esclave, c'est ma condition. C'est aussi le nom qu'on me donna bien souvent, dans les partouzes, lorsqu'on ne connaissait pas le mien. " Lèche-moi la chatte, esclave ! " ; " Doigte-toi devant moi, esclave ! " ; " Avale mon foutre, esclave ! ". Combien de fois m'a-t-on appelée ainsi ? Impossible à dire. Mais mon nom est Ayla.

Ma mère aussi était esclave. Rien d'étonnant, les esclaves représentent environ quarante pour cent de la population du royaume. Elle appartenait au harem de la comtesse de Yanta. Lorsqu'elle eut trente-cinq ans, sa maîtresse décida de se séparer d'elle : à partir de cet âge une esclave, même très belle, perd rapidement de sa valeur marchande. Elle aurait pu l'affranchir comme cela se fait parfois mais n'en fit rien et préféra la revendre.

La comtesse eut quand même un beau geste : plutôt que de la fourguer à un quelconque bordel de la capitale, où elle serait devenue une pute vieillissante, meilleur marché au fil des ans, elle vendit cette femme, qu'elle avait dû aimer, du moins aimer caresser, au grand groupe industriel Renac, qui employait alors beaucoup d'esclaves comme ouvriers et ouvrières.

L'intendante du harem procéda selon un schéma classique : on cessa d'administrer à l'esclave son traitement contraceptif. Elle tomba bien vite enceinte, et on la vendit ; l'enfant qu'elle portait constituerait une intéressante plus-value pour l'acquéreur. Cette enfant, c'était moi.

Mon enfance fut assez heureuse ; nous n'avions rien à nous mais je n'avais pas le sentiment de manquer de quelque chose. Le groupe Renac soignait particulièrement bien ses esclaves, et ma mère me disait souvent que sa maîtresse avait été bonne de la vendre à Renac. Nous vivions dans les logements contigus à l'usine, à la campagne. Ma mère travaillait onze heures par jour, à la chaîne. Dans la journée, j'étais donc assez libre, l'école n'occupant que trois matinées par semaine. Je n'ai d'ailleurs jamais été aussi libre que durant ces premières années d'enfance où je jouais dans la cour avec les autres enfants. Les soirs d'été et le dimanche, nous allions nous promener dans la campagne environnante avec ma mère et Jonathan. Nous n'avons jamais songé à nous enfuir. Le tatouage numéroté que ma mère et Jonathan portaient au creux du cou nous auraient bien vite fait repérer. Aucune vie de fuite n'aurait pu être aussi confortable que celle que nous menions à l'usine Renac. Nous nous en contentions. Ma mère trouvait que c'était " déjà bien pour une esclave. "

Jonathan était le compagnon de ma mère, il travaillait aussi à l'usine. Ils s'étaient mis ensemble peu après leur arrivée. Il était gentil mais ma mère m'avait dit que ce n'était pas mon père. Je n'ai jamais connu mon père. Ma mère n'a probablement jamais su qui il était. Tant d'hommes avaient dû jouir en elle à cette époque ! Des hommes qu'elle ne connaissait pas, ou à peine ! Je me suis parfois demandé qui il pouvait être ? Un autre esclave, sûrement. Ou peut-être un amant de la comtesse, peut-être un duc ou un prince. Je ne le saurai jamais. J'imagine parfois, je ne sais pas pourquoi, que ma mère ne l'a même jamais vu, qu'au cours d'une des fantaisies érotiques de la comtesse elle fut prise en levrette alors que son visage était enfoui au creux du sexe d'une autre femme, ou bien les yeux bandés, peut-être se sont-ils à peine touchés, seule sa queue turgescente a défoncé sa chatte avant d'exploser en elle et de répandre sa semence au creux de son vagin, un peu par hasard, au lieu de finir comme bien souvent dans sa bouche ou sur son visage, sur ses beaux seins brillants de sueur et du sperme d'un partenaire précédent. Peu importe, au fond. D'ailleurs, lorsque j'était enfant, la question de mes origines me tourmentait fort peu. Une esclave sans père, c'était plutôt courant !

Je quittai ma mère lorsque j'eus dix ans, pour entrer au pensionnat. C'était une grande école pour jeunes filles, financée par Renac. Le groupe tenait à dispenser à ses esclaves une bonne instruction pour en faire une main d'œuvre qualifiée, ou une marchandise de qualité, donc plus chère. Les meilleures élèves pouvaient être amenées à travailler dans les bureaux. On racontait même que certaines, très brillantes, étaient vendues à des groupes qui les affranchissaient et leur assuraient une formation supérieure ; en échange elles s'engageaient à travailler une dizaine d'années pour eux, comme commerciale, par exemple, ou ingénieur.

Le pensionnat était une grande bâtisse sise elle aussi en pleine campagne. L'institution était pourvue d'un personnel entièrement féminin, et comme nous ne pouvions sortir de l'enceinte du vaste parc que pour de rares excursions, toujours en groupe et sévèrement escortées, je n'aperçus pas l'ombre d'un garçon pendant les huit années que j'y passai. Je m'y fis en revanche de très bonnes amies, avec lesquelles de classe en classe nous rîmes et grandîmes, devenant peu à peu des jeunes filles coquettes, presque des femmes.

Ma meilleure amie s'appelait Yoni. Elle fut pendant ces huit années ma voisine en classe comme au dortoir. Nous partagions tout. Le jour de nos quinze ans, quand le moment d'être tatouée fut venue pour toute la classe, nous nous arrangeâmes pour passer l'une à la suite de l'autre. Ainsi nos numéros se suivraient-ils. Le mien fut 1904527 WXCA. Je fus émue en pensant que ma mère portait une combinaison de lettres presque identique, WBCA.

Yoni et moi étions accessoirement parmi les meilleures élèves de notre promotion. Particulièrement en maths, où nous étonnions notre professeur par nos capacités. " Yoni et Ayla, laissez un peu répondre les autres ", nous disait-elle souvent. Nous partions alors d'un même éclat de rire, bien vite réprimé par la surveillante. Il ne fallait pas plaisanter avec la discipline.

Celle-ci était rigoureuse mais juste. Nous fûmes élevées selon des principes stricts qui devaient nous insuffler le goût du travail et de la discipline. Normal pour des esclaves, évidemment ! Je me souviens d'avoir été punie quelques fois. Ca se limitait souvent à quelques pages de conjugaisons (ça ne me faisait pas peur) et une volée de martinet (j'aimais moins). Une fois cependant, en dernière année, je fus consignée au cachot pendant deux semaines, au pain et à l'eau. Il faut dire que la directrice ne badinait pas avec la morale et le vice… Il y avait dans la classe une grande fille taciturne, qui s'appelait Katsa. Elle était assez mystérieuse et parlait rarement. Je la trouvais très belle, j'enviais ses longues jambes pâles dépassant de la jupe noire qui composait, avec le chemisier blanc et les socquettes blanches, l'uniforme de l'école. Plusieurs fois, nous échangeâmes quelques regards indéfinissables. Un soir, après la gym, nous nous sommes retrouvées les dernières dans les douches des vestiaires. Katsa s'est approchée de moi en me fixant de son regard impénétrable. Nous nous sommes regardées ainsi sans rien dire pendant une bonne minute, nos respirations accélérées soulevant la serviette de laquelle nous étions pudiquement couvertes au sortir de la douche. Puis, lentement, elle a posé l'index sur ma bouche, comme pour me dire de ne pas parler. Elle a ensuite approché ses lèvres des miennes et m'a embrassée furtivement, avant d'effleurer mes seins de la main, puis de l'enfouir sous la serviette. Je n'ai pas bougé, la laissant poser la paume de sa main sur ma chatte de jeune vierge. Nous sentions qu'il se passait quelque chose, sans bien savoir quoi. Bien que nous ayons eu, dans l'éducation très complète qui nous avait été dispensée, des cours de biologie et même d'éducation sexuelle, les notions de désir et de plaisir nous étaient inconnues. Nos connaissances restaient très théoriques et concernaient surtout les aspects techniques de la sexualité.

J'était troublée par le contact de la main de Katsa sur mon sexe. Je ne sais pas jusqu'où nous aurions poursuivi ce petit jeu, mais le professeur de sport a surgi dans les douches. Elle a marqué un temps d'arrêt en nous découvrant ainsi, la main de Katsa glissée sous ma serviette, puis nous a giflées l'une après l'autre en nous traitant de petites vicieuses. Elle nous a emmenées ainsi chez la directrice, qui après nous avoir sermonnées longuement nous administra chacune dix coups de martinet, renouvelables tous les deux jours pendant les quinze que nous passerions au cachot. Agenouillée sur le parquet de son bureau, je criais à chaque morsure cinglante du cuir sur mes fesses. Lorsque ce fut au tour de Katsa, elle réagit tout autrement, se mordillant les lèvres pour ne pas crier. Toujours impassible, son visage se contractait imperceptiblement à chacun des coups. Apparemment concentrée, elle semblait chercher dans cette punition douloureuse et humiliante la continuation du trouble qui l'avait envahie dans les vestiaires. Seuls les trois derniers coups lui arrachèrent un faible gémissement.

Cette épisode marqua la seule expérience un tant soit peu sexuelle de mon passage au pensionnat. Lorsque je sortis du cachot pour regagner le dortoir des " dernière année ", Yoni me reprocha mon attitude. " Tu n'aurais pas dû faire ça ", dit-elle. " Attends ", fis-je, " on n'a quasiment rien fait. " Elle sourit. " Je crois qu'en fait je suis un peu jalouse ", murmura-t-elle à mon oreille. " J'aurais voulu que tu le fasses avec moi. Mais c'est vrai que Katsa est tellement plus jolie que moi " ajouta-t-elle avec un air boudeur.

Yoni n'était pas très jolie. Encore enfants, à notre arrivée, nous nous ressemblions beaucoup. Mais la puberté était passée par là, avec ses changements physiques imprévisibles. Tandis que je m'affinais et devenais, de l'avis général, de plus en plus mignonne, avec de longues boucles brunes dévalant mes épaules hâlées, mon visage fin éclairé d'un sourire mutin et d'un regard menthe à l'eau, mon chemisier s'était emplis d'une poitrine généreuse et harmonieuse qui offrait un pendant artistique à des fesses très bien dessinées. Yoni, à son grand désespoir, était devenue à la fois plate et potelée, ses cheveux s'avéraient revêches au peigne. Sa myopie s'aggravant, elle avait dû porter de fortes lunettes qui n'aidaient pas à dégager l'harmonie simple de son visage. Sans être laide, elle ne répondait pas aux canons précis de la beauté d'une fille de dix-huit ans. " L'important, dis-je pour la consoler, c'est que tu sois ma meilleure amie, et j'espère que tu le resteras. J'espère qu'on restera ensemble."

Et c'était vrai, j'aurais voulu rester avec Yoni, et toutes mes amies du pensionnat. Mais la fin de la dernière année approchait, et avec elle l'heure de l'orientation. Il fallait décider ce qu'on allait faire après. Seulement voilà, nous n'étions jamais que des esclaves. Notre dix-huitième année constituait l'âge légal où l'on pouvait nous vendre séparément de nos parents. Autrement dit, ce n'était pas à nous de décider.

La responsabilité de l'orientation revenait à un délégué du groupe Renac qui, lors du dernier conseil de classe, décidait après consultation des professeurs, et concertation avec la directrice, ce qu'il advenait de chaque fille. Une semaine avant la fin du mois de juin, ce fatidique conseil eut lieu. Nous eûmes toutes du mal à trouver le sommeil lors de la nuit qui suivit, anxieuses dans l'attente de la proclamation des résultats. Au matin, nous étions toutes assises à nos places, dans notre vieille salle de classe, en suivant sans trop de concentration l'un des derniers cours de maths. Vers 9h00 la directrice entra. Nous nous levâmes d'un seul élan pour la saluer, le souffle court, le cœur cognant fort. " Asseyez-vous, mesdemoiselles ", nous ordonna-t-elle.

Elle commença par un bref discours, nous assurant du plaisir qu'elle avait eu à passer toutes ces années avec nous, qualifiant notre promotion de " très sympathique ". Elle nous souhaita bonne chance dans notre vie future d'esclave, enfin, l'appel commença.
- Mina, fit la directrice, affectée à la division habillement du groupe Renac, ouvrière à l'usine de lingerie de Syropolis.
Mina sourit d'un air contrasté. Elle aurait bien voulu se retrouver dans les bureaux, mais sa moyenne générale n'avait vraisemblablement pas été jugée suffisante.
- Klaire, poursuit la directrice, employée de maison chez le directeur de l'usine de Patropolis.
- Achkina, vendue à des particuliers, comme servante. Pour 30000 ducats.
Nous nous regardâmes toutes. Nous devinions ce que le terme de servante pouvait impliquer. Mais nous n'étions que des esclaves, faites pour servir nos maîtres, et éventuellement faire leur bon plaisir. Nous le savions, mais avions tout de même un peu d'appréhension ; après tout nous étions toutes pucelles.
- Kusimi, aux enchères au marché de Lesboa.

Là encore, un silence se fit, et les yeux de Kusimi s'embuèrent. Lesboa était une ville du nord, où s'installaient des femmes qui ne trouvaient leur plaisir qu'avec d'autres lesbiennes. Les hommes n'y étaient pas tolérés. Il courait sur cette ville d'innombrables rumeurs. Savoir que notre Kusimi serait vendue au marché de Lesboa, c'était bizarre. On avait l'impression qu'elle partait si loin ! On prenait conscience que nous ne nous reverrions plus les unes les autres, sauf coïncidence. Pourquoi le " conseiller d'orientation " avait-il jugé bon d'envoyer Kusimi vers un probable harem lesbien ? Il devait avoir ses raisons. Nous ne les connaîtrions jamais. Il avait tout pouvoir.

- Touna, affectée aussi à la division habillement du groupe Renac, ouvrière à l'usine de lingerie de Syropolis.
Touna et Mina se sourirent. Elles ne se retrouveraient pas seules. Nous les enviions toutes un peu. Je regardai Yoni, comme pour lui montrer que c'était possible, qu'on pouvait se retrouver ensemble.
- Katsa, aux enchères au marché de Sexopolis.
Sexopolis était la capitale. La renommée de son marché aux esclaves était immense. Celle de son marché aux vierges dépassait les limites du royaume. Il fallait que le conseiller trouvât Katsa bien jolie pour décider de la vendre là ! Katsa demeura imperturbable, comme d'habitude.
- Yoni, annonça la directrice, vendue au groupe Korsnor où elle suivra une formation pour travailler à la comptabilité. Pour la très belle somme, je dois dire, de 55000 ducats !
Un murmure d'admiration parcourut la salle. Yoni rayonnait. Son travail n'avait pas été vain ! Elle s'en sortait vraiment très bien.
- Karin, aux enchères au marché de Syropolis.
L'énumération se poursuivit. J'avais saisi la main de Yoni sous la table. J'y croyais. J'avais travaillé aussi dur qu'elle, nous avions des résultats semblables. Il n'y avait pas de raison que je ne me retrouve pas moi aussi à la comptabilité. Malgré tout ma gorge se serrait de plus en plus. Mon tour arriva enfin.
- Ayla, fit la directrice imperturbable, aux enchères au marché de Sexopolis.
J'en eus le souffle coupé. Je sentis la pression de la main de Yoni se détendre. Elle me regarda d'un air triste, moi j'avais les yeux dans le vague tout en sentant les regards se porter sur moi. Aux enchères ! J'allais être vendue aux enchères à Sexopolis ! Mes rêves d'une petite vie tranquille s'écroulaient. Qu'allait-il advenir de moi ? La plupart des filles savaient où elles allaient, et ce qu'elles allaient y faire. Sauf les quelques-unes qui allaient être vendues aux enchères ! Qui allait nous acheter ? Pour quoi faire ? L'angoisse de cette attente des résultats, bizarrement, ne retombait pas pour nous. Il nous faudrait attendre pour savoir, quitter le pensionnat sans savoir où l'on allait !

La dernière semaine fut un peu tristounette. En attendant nos maîtres ou acquéreurs, nous passions nos journées dans le grand parc que nous allions quitter pour toujours. Les copines partaient petit à petit, par maigres contingents. Kusimi fut conduite en gare par une grande femme vêtue d'un pantalon qui exigea qu'elle l'appelle " maîtresse ". Elle prit le train pour Lesboa. Yoni partit le lendemain avec un type du groupe Korsnor. On eut à peine le temps de se dire au revoir

J'étais parmi les dernières à hanter le grand parc. Enfin la surveillante vint me prévenir que madame la directrice souhaitait me voir dans son bureau.

Je m'y présentai rapidement. Une femme très blonde et très belle, la trentaine, y discutait avec la directrice. Katsa et Aoni, la troisième fille destinée au marché de Sexopolis, se tenaient immobiles dans leur uniforme, les yeux baissés, les mains derrière le dos. Je me mis aussitôt dans l'alignement. La femme s'approcha de moi. " Comment t'appelles-tu ? " demanda-t-elle. Ayla, répondis-je. La femme me souleva le menton de l'index et contempla mon visage. Elle passa la main dans mes cheveux, arrangeant les boucles brunes à sa manière, puis m'enroba d'un regard inquisiteur qui me déplut, s'attardant sur mes seins et mes fesses. " Elle aussi est très belle " lâcha-t-elle à l'adresse de la directrice.

- Ce sont vraiment trois filles superbes, continua-t-elle. Vous pouvez nous assurer qu'elles sont vierges ?
- Evidemment, fit la directrice d'un air outragé. C'est une maison sérieuse, ici. Je sais, sourit la femme pour la calmer. C'est pourquoi je vous fais confiance, je vous crois sur parole.
Puis elle se tourna vers nous.
- Esclaves, expliqua-t-elle, je suis chargée d'aller vous vendre au marché de Sexopolis où, je n'en doute pas, vous trouverez acquéreur à bon prix. En attendant, vous appartenez toujours au groupe Renac, que je représente. C'est pourquoi à partir de cet instant vous n'obéirez qu'à moi, et m'appellerez " maîtresse ". C'est compris ?
- Oui, maîtresse.
Nous avions répondu les trois en même temps, d'une petite voix timide. On ne nous avait jamais parlé comme cela. Jamais nous ne nous étions senties autant esclaves.
- Bien, reprit-elle. Je veux que vous soyez prêtes dans une heure. Prêtes, ça veut dire soigneusement lavées et changées, fit-elle en nous tendant à chacune un petit paquetage. Des questions ?
- Non, maîtresse.
- C'est bien. Alors rompez !
Nous nous enfuîmes sans demander notre reste, escaladant quatre à quatre l'escalier qui menait à notre dortoir. Nous prîmes une douche puis, nous dévêtant de notre bon vieil uniforme, entreprîmes de nous changer.

Le paquetage que notre " maîtresse " nous avait donné contenait en tout et pour tout quatre pièces d'habillement. Une longueur de tissu blanc devait servir, une fois nouée sur la poitrine, à cacher nos seins, ou plutôt à les mettre en valeur, car la largeur du tissu laissait le ventre nu, et décolletait profondément la poitrine. Je n'avais jamais porter de vêtement aussi impudique. En lieu et place de culotte, une sorte de mini-short flottant, que notre maîtresse devait par la suite appeler " pagne ", laissait l'air passer en dessous, on n'avait guère l'impression d'être vêtue avec cette chose ! Heureusement, une légère robe d'été blanche, un peu transparente malgré tout, jugeai-je en regardant Katsa et Aoni, cachait ces drôles de vêtements. Elle était tout de même très décolletée aussi, et ne descendait pas plus bas que le tiers de la cuisse. Une paire de petites chaussures d'été qui laissaient le pied nu complétait l'ensemble. Je trouvai Katsa et Aoni très jolies dans cet ensemble, mais si impudiques ! J'avais peur de sortir du dortoir ainsi vêtues. J'espérais que personne ne nous verrait ainsi.

Nous sommes sorties du dortoir. Je jetai un dernier coup d'œil à mon vieil uniforme, abandonné sur mon lit. Bientôt, ce lit et cet uniforme serviraient à une autre esclave. Ils ne m'appartenaient pas. Rien ne m'appartenait. Même mon corps ne m'appartenait pas. Il appartenait pour le moment à cette femme blonde, qui nous détailla à nouveau de son regard pénétrant avant de nous faire monter dans sa voiture.

Quelques heures plus tard, nous étions à Sexopolis. Je n'avais jamais vu une aussi grande ville. Nous la traversâmes en voiture, avant d'arrivée à une immense halle autour de laquelle régnait une forte activité. " Marché aux esclaves " indiquait une grande enseigne. La voiture s'engagea dans une petite cour latérale signalée comme " Entrée des marchandises ". Un vigile actionna une barrière qui se souleva pour nous laisser passer, après avoir salué notre maîtresse.

On nous conduisit dans un grand vestiaire collectif où notre maîtresse nous ordonna de nous asseoir. Une agitation fébrile y régnait, des gens couraient dans tous les sens. Il y avait là plein de filles. La plupart étaient encore moins vêtues que nous. Très peu avaient la chance de porter une robe et attendaient en sous-vêtements de types très variés. Certaines paraissaient aussi nerveuses et angoissées que nous. D'autres, plus âgées, semblaient davantage détendues.

Notre maîtresse était allée voir un homme en costume cravate, elle lui donna des papiers en nous montrant du doigt. Le type fit oui de la tête, ils échangèrent quelques mots puis notre maîtresse vint nous voir.

- Enlevez votre robe et vos chaussures, fit-elle.

J'étais terriblement angoissée. Enlever ma robe devant tous ces gens ! Moi qui m'arrangeais toujours pour prendre ma douche en dernier après le sport, pour ne pas me montrer nue trop longtemps devant les autres filles. Katsa s'exécuta sans protester. Il n'y avait rien à y faire. Je l'imitai, Aoni aussi. Nous nous retrouvâmes vêtues uniquement de notre curieux soutien-gorge noué sur le devant et de notre pagne, pieds nus sur le carrelage dont le contact froid me fit frissonner malgré la chaleur régnant dans la pièce. Notre maîtresse rangea robes et chaussures dans un sac qu'elle tendit à un coursier. " Mettez ça dans ma voiture ", fit-elle. Aoni et moi nous regardâmes : visiblement, il n'était pas question pour nous de remettre un jour ces vêtements.

Nous suivîmes notre maîtresse jusqu'à une sorte d'antichambre où patientaient déjà deux filles. Le type en costume était là, à côté d'un épais rideau derrière lequel on percevait des murmures et des cris confus.

- Rangez-vous derrière ces filles, nous dit-il. Aoni d'abord, ajouta-t-il en lisant ses fiches, puis Ayla et enfin Katsa. Obéissant à son ordre, nous nous rangeâmes en file indienne.

- Derrière ce rideau, expliqua-t-il, il y a une longue scène. Vous entrerez chacune à votre tour, lorsque je vous en donnerai l'ordre. Quand ce sera votre tour, vous parcourrez toute la scène, jusqu'au bout, pas trop vite, en regardant droit devant vous. Arrivée au bout, vous ferez demi-tour et reviendrez vous placer au centre de la scène face au public. C'est compris ?

Il allait donc falloir se montrer comme ça en public. Face à nos acquéreurs potentiels, probablement. Mon cœur battait à tout rompre. Le type avait une sorte d'oreillette avec laquelle il devait communiquer avec la salle. La fille qui était en tête de file attendait qu'il lui donne l'ordre d'entrer. Elle était vêtue d'une sorte de bikini rouge. Elle était moins belle que Katsa et Aoni. Mais quelle importance ? Nous étions toutes dans la même galère.

- Vas-y, ordonna soudain le type en costume à la fille, en écartant légèrement le rideau. Elle le regarda sans bouger, la bouche ouverte. " Entre ! " cria-t-il en lui donnant une grande claque sur les fesses. Cela fit sur elle l'effet d'un électrochoc, elle avança brusquement, et le rideau se referma sur elle.

Une minute ou deux s'écoulèrent avant qu'il ne fasse entrer la seconde fille. Je la trouvai beaucoup plus belle que l'autre. Cette fois, ce fut beaucoup plus long. Peut-être quatre minutes, difficile à dire. J'ai une bonne notion du temps mais je ne me sentais pas dans mon état normal. Il me semblait que j'aurais été incapable de faire une simple addition ! Aoni entra à son tour. J'étais la suivante. Je me tenais devant le rideau, percevant de l'autre côté une voix amplifiée par un micro, sans comprendre ce qui se disait. Le temps me parut à nouveau très long. Enfin, le type m'ordonna d'entrer en écartant le rideau. Je fis quelques pas et me retrouvai sur une scène très longue. Un homme en smoking équipé d'un micro se tenait sur celle-ci, un peu en retrait. Sur le côté, un parterre d'hommes et de femmes regardaient la scène, me regardaient. Je détournai les yeux, me souvenant qu'il fallait regarder droit devant moi, en marchant jusqu'au bout de la scène. J'avais envie de fuir mais pour aller où ? Alors je me concentrai sur ma marche, essayant de ne pas trop accélérer, pour gagner l'extrémité opposée dans une sorte de torpeur oppressante. Tandis que je marchais, l'homme s'était mis à parler dans son micro en lisant une fiche, sa voix résonnait terriblement.

- Le lot suivant est cette superbe vierge de dix-huit ans, type européen. Prénommée Ayla. Un mètre soixante-quinze. Totalement innocente. Bonne instruction.

J'avais atteint le bout de la scène et je fis demi-tour.

- J'ose attirer votre attention sur le fait que cette fille allie un visage superbe à des formes parfaites. C'est vraiment un lot de grande qualité. A vous de voir ! conclut le présentateur en tendant la main vers moi, me faisant brièvement signe de le rejoindre au milieu de la scène. M'attrapant le bras, il me fit me tourner vers le public. Tous élégamment vêtus, les spectateurs me regardaient. Je ne pouvais pas dire combien il y en avait au juste, car un projecteur braqué sur moi m'aveuglait. " Trente mille ! " cria une voix d'homme.

- Trente mille pour monsieur, fit le présentateur en écho. Qui dit mieux ?

- Cinquante, fit une voix de femme, puis les chiffres commencèrent à fuser de toute part. Les enchères montèrent rapidement, 70 000, 90 000, 100 000. Au bout d'un moment, seuls deux enchérisseurs continuèrent à se manifester. Un homme et une femme. La femme proposa 120 000. Un murmure parcourut l'assemblée. L'homme devait hésiter. " 120 000 une fois ", fit le présentateur. Ou dois-je dire le commissaire priseur ? L'homme ne se manifesta pas.
- Pour une somme si importante, monsieur, je vous rappelle que vous pouvez demander à en voir plus, dit le présentateur. Puis il se pencha vers moi et me dit :

- Enlève ton soutien-gorge.

Je le regardai, interdite. Pas sûre d'avoir bien compris. Il voulait que je retire mon soutif devant une centaine de personnes ? On en voyait bien assez comme ça, non ?

- Enlève ton soutif, esclave !

Son ton n'admettait pas de réplique, pourtant je n'esquissai pas un geste. J'étais paralysée par l'angoisse. Je ne savais plus quoi faire. On décida pour moi. Surgi d'on ne sait où, un mastard s'avança vers moi, et dénoua d'un geste rapide le bandeau de tissu qui tomba à terre. Mes seins jaillirent. De nouveau, la salle fut secouée d'un murmure. Dans un réflexe de pudeur, je refermai les bras sur ma poitrine. Mais le mastard passé dans mon dos saisit mes avant bras et les maintint écartés le long de mon corps. J'essayai de me débattre pendant quelques secondes, mais il avait une force incroyablement supérieure à la mienne. Je cessai de lutter, honteuse de sentir tous ces regards posés sur mes seins.

- Admirez la beauté de ces globes, messieurs dames, avait repris le présentateur. Si vous aimez les poitrines généreuses, mais harmonieuses et proportionnées, vous ne pouvez qu'être impressionnés par la perfection de ces seins. Quant au reste…

Il se pencha vers moi et glissa sa main sur ma hanche, dans l'échancrure du pagne. Toujours immobilisée par le type dans mon dos, je ne pouvais rien faire. Le présentateur, tirant d'un coup sec sur le côté, déchira le tissu léger. Je me retrouvai entièrement nue ! Dans un nouveau réflexe, j'essayai de serrer mes cuisses l'une contre l'autre afin de dérober mon sexe aux regards. Mais le présentateur m'obligea à écarter les pieds en tirant sur l'intérieur de mes cuisses. Puis il reprit son micro. Je ne les serrai pas à nouveau, je sentais que ce mouvement de rébellion serait vain, et qu'il pourrait m'attirer des ennuis. Je restai ainsi, toujours maintenue par mon garde du corps, les jambes écartées, le sexe offert à tous ces regards.

- 120 000, reprit le présentateur, elle les vaut. Mais nous n'avons vu que le côté pile, je suis sûr qu'elle vaut plus que ça.

Le mastard, relâchant légèrement son étreinte, m'ordonna de me retourner. J'obéis sans trop réfléchir, soulagée de cacher ainsi ma chatte et mes seins, honteuse de découvrir mes fesses, ne sachant plus ce qui était le plus impudique, les seins et la chatte, ou bien les fesses, ne sachant plus si la pudeur avait ici une signification quelconque.

- Admirez la courbe parfaite de ces fesses, monsieur. Cette esclave vaut largement 130 000 ducats ! Evidemment c'est une somme, mais songez à l'effet qu'elle ferait dans votre harem !

- 130 000, fit l'homme.

Les enchères repartirent. Je n'écoutais plus vraiment. J'attendais, presque indifférente, pétrifiée. Je crois qu'on monta jusqu'à 160 000. Ce fut la femme qui emporta le morceau. Je me souviens d'avoir entendu le présentateur dire :

- 160 000, adjugé, vendue !

Vendue ! Je venais d'être vendue. Pour une " fort belle somme ", comme aurait dit la directrice. Je valais cher, 160 000 ducats. C'était beaucoup, mais ça voulait aussi dire que je n'étais qu'un objet, un bel objet très cher, sur lequel on pouvait mettre une étiquette : 160 000 ducats. Pas parce que j'étais vive et intelligente, mais parce que j'étais jeune et jolie, que j'avais de gros seins, de belles fesses, et parce que j'étais vierge. La virginité était une valeur ajoutée très prisée. Déflorée, j'aurais sûrement atteint de moins grosses sommes.

- Nous allons passer au lot suivant, dit le présentateur.
- Viens, me dit le mastard en attrapant ma main et en désignant l'extrémité de la scène opposée à celle par où j'étais entrée. Il m'attira à sa suite, j'eus à peine le temps de me pencher pour ramasser le morceau de tissu qui m'avait servi de soutien-gorge. Comme sa poigne se faisait plus pressante, je n'eus pas la possibilité de reprendre le petit pagne, de toute façon il était déchiré et inutilisable. Appliquant de ma main libre la légère étoffe sur mes seins dans le sens de la largeur, en espérant qu'elle tombe assez bas pour dissimuler un peu mon sexe, je le suivis jusqu'au bout de la scène, pendant que le présentateur reprenait la parole :

- Nous vous présentons à présent Katsa, une autre vierge. Dix-huit ans également, type européen. Un mètre soixante-dix-neuf, assurément un beau brin de fille…

La suite se perdit dans le couloir dans lequel le mastard m'entraîna. Il me remit à une femme rousse vêtue d'un tailleur gris qui m'ordonna de la suivre. Ce que je fis, essayant toujours de maintenir l'étoffe blanche sur mes seins et devant ma chatte, honteuse de sentir le regard des gens qu'on croisait dans le couloir se retourner pour détailler mon petit cul. Le couloir déboucha au fond de la salle, la femme m'ordonna d'entrer dans une sorte de stalle. J'y étais seule. Je pouvais voir la scène au loin, Katsa était toujours debout au milieu d'elle. Elle venait de passer la barre des 100 000 ducats. " Je demande à voir ", fit une voix.

Le présentateur ordonna à Katsa d'enlever son soutien-gorge, elle s'exécuta, son visage toujours aussi impassible comme perdu dans la lueur aveuglante des projecteurs. Lorsqu'il lui ordonna d'enlever son pagne, elle le fit glisser tout aussi docilement le long de ses jambes magnifiques, se pliant à tous ses ordres, écartant les jambes, se tournant, faisant même à l'invitation du présentateur quelques pas, nue, sur la scène, dans un sens puis dans l'autre. Elle était magnifique. Un homme l'acheta finalement pour 190 000 ducats.

D'autres filles se succédèrent pendant deux bonnes heures. Parfois, c'était la voix de la femme qu'y m'avait achetée qui emportait l'enchère, elle semblait avoir de gros moyens à sa disposition. Alors quelques minutes après l'esclave était conduite dans la même stalle que moi. Lorsque la séance se termina, nous étions six dans le box. Trois des filles avaient dû elles aussi se dévêtir et n'avaient pu récupérer leurs habits à leur sortie de scène, elles étaient nues. Deux autres avaient gardé leurs sous-vêtements. Moi, je m'étais adossée au fond de la stalle pour cacher mes fesses, maintenant toujours le court tissu sur ma poitrine, légèrement penchée en avant pour qu'il masque mon sexe. La position était inconfortable, mais je ne pouvais me résigner à abandonner ce dernier rempart, même devant d'autres esclaves, devant d'autres filles nues qui n'en menaient guère plus large que moi. Nous avions toutes en commun d'être jeunes et jolies et, si j'avais bien suivi la présentation, toutes vierges. Nous nous regardions à la dérobée, sans nous parler.

La rousse en tailleur qui nous surveillait fut bientôt rejointe par une grande femme blonde, sculpturale, dont on devinait les formes parfaites sous le tailleur. Elle pouvait avoir trente-cinq ans. Son visage était superbe mais portait une expression sévère. Au creux de son cou, un tatouage représentait un lys. Il devait servir à masquer un ancien numéro, signe que cette belle femme était une affranchie. Elle portait une cravache de cuir noir.

- Ecoutez, fit-elle d'un ton autoritaire. Sa voix était celle qui avait fait les enchères. Vous venez d'être achetées, par mon entremise, par la duchesse de Sylve. Désormais, vous lui appartenez. Vous devrez donc l'appeler " maîtresse ", et ce titre lui sera réservé dans votre bouche. Moi vous m'appellerez " madame ". C'est compris ?

- Oui maîtresse.

J'avais répondu par réflexe, habituée déjà par la femme qui nous avait conduites au marché. Un cinglant coup de cravache vint me frapper la cuisse. Ca faisait mal, je ne pus retenir un cri.

- Tu es stupide ou quoi ? fit-elle. Je viens te dire de m'appeler " madame " !

- Oui madame. Pardon, madame.

- Que je ne t'y reprenne plus. Je suis la Supérieure du harem de madame la duchesse de Sylve. Vous devrez donc m'obéir. Seuls les ordres de votre maîtresse pourront annuler les miens. Maintenant, je vais vous appeler une par une, vous répondrez " présente " et me direz si les informations sont exactes.

- Ayla !

- Présente !

Nouveau coup de cravache !

- Aaah ! Présente, madame, fis-je en serrant les dents.

- Ayla, tu as dix-huit ans, tu es vierge, tu as été élevée à l'institution pour jeunes esclaves Renac XII, et tu portes le numéro 1904527 WXCA. Tu n'as jamais eu de rapports sexuels, même externes. C'est exact ?

- Oui, madame, répondis-je sans trop savoir ce qu'elle entendait par là. Elle devait faire allusion à la fellation ou au cunnilingus, termes que nous avions vus en cours d'éducation sexuelle mais qui restaient bien abstraits pour nous. Faute d'en avoir jamais vu, ces pratiques restaient pour nous de peu poétiques " Excitation des organes génitaux par la bouche du partenaire sexuel ".

- Nikol !

- Présente, madame.

La fille qui venait de répondre était une de celles qui était nue. Elle avait de longs cheveux frisés comme les miens, sauf qu'ils étaient blonds. Nikol écouta la Supérieure réciter son pedigree. Pendant ce temps, je me retournai vers les autres filles. La femme rousse en tailleur avait commencé à les enchaîner avec du matériel sorti d'une grande caisse. Elle commença par une fille nue. Elle referma autour de son cou un collier de fer noir, puis enserra ses poignets de deux bracelets métalliques également. Ce fut ensuite le tour des chevilles. La fille se laissait faire sans rien dire, mais on la sentait très angoissée. La rousse fixa une longue chaîne à son collier, qui descendait jusqu'à terre. Elle passait entre ses seins et devant son sexe, avant de se séparer en deux au niveau des genoux. Elle attacha chacune des extrémités de la fourche aux bracelets de ses chevilles. Une autre chaîne, très courte, vint lui entraver les chevilles. Enfin elle cadenassa ensemble les deux bracelets des poignets, obligeant la fille à tenir les mains sur son ventre. Se retrouvant ainsi humiliée, l'esclave n'entendit pas la Supérieure l'appeler. Elle reçut un cinglant coup de cravache. Elle se nommait Krysta.

La rousse continua à enchaîner les autres de la même manière. Elle n'obligea pas les deux filles habillées (si l'on peut dire !) à se dévêtir, ça lui paraissait égal qu'elles soient vêtues ou non. Je reprenais espoir, peut-être m'autoriserait-elle à garder mon carré de tissu. Ce fut le tour de la blonde Nikol, puis le mien. La rousse fixa le collier autour de mon cou. C'était une sensation étrange. J'avais le sentiment d'être entièrement écrasée par le pouvoir sur moi de cette duchesse de Sylve que je n'avais jamais vue, ce collier me faisait l'effet d'être la preuve matérielle de ma soumission à ma " propriétaire ". La rousse s'était occupée de mes chevilles, elle se releva et, me saisissant le poignet, arracha le morceau d'étoffe. " Lâche donc ça ! " fit-elle d'un air agacé, et à mon grand désespoir le soutien-gorge tomba à terre pour la seconde fois. Cette fois, c'était clair, je ne le ramasserais plus. Comment l'aurais-je pu ? Mes mains étaient à présent attachées l'une à l'autre devant mon ventre. Je les posai devant mon sexe, tâchant de serrer les bras sur les seins pour cacher au moins les mamelons.

Pourtant, la terrible humiliation que constituait le port de toutes ces chaînes vint peu à peu atténuer celle de la nudité. Au bout de quelques minutes, je cessai de serrer les bras sur la poitrine, c'était trop fatigant, et puis à quoi bon tâcher de cacher l'extrémité de mes seins, dans ma situation ? Cela ne semblait plus rimer à grand chose. En plus, personne ne faisait attention à eux : les autres filles avaient, comme moi, les yeux baissés la plupart du temps. La Supérieure annotait ses papiers en nous posant parfois quelques questions supplémentaires. La rousse, quant à elle, nous ayant toutes enchaîner, entreprenait cette fois de nous attacher les unes aux autres par de nouvelles chaînes qui couraient d'un collier à un autre.

Au bout de quelques minutes, il fallut sortir de la stalle. Encadrée par les deux femmes, nous dûmes marcher dans les vastes couloirs de la halle, nues pour la plupart, les mains en cache-sexe, en procession. Je me trouvais entre Nikol et Krysta. Nikol avait de très belles fesses elle aussi, les yeux baissés j'étais obligée de les regarder pour savoir où on allait dans le dédale du marché. La chaîne qui reliait nos deux colliers devait mesurer un peu plus d'un mètre, il ne fallait pas traîner si nous ne voulions pas qu'elle se tende, et ce n'était pas facile de marcher, à cause de la chaînette qui nous entravait les chevilles et nous forçait à faire de petits pas. Nous marchions ainsi à travers la cohue du marché, au milieu des esclaves, nues ou peu vêtues, et des clients en tenue de businessman. J'avais l'impression que le tintamarre des chaînes devait attirer sur nous les regards de tous ces gens, les attirer sur mes seins désormais offerts, oscillants au rythme saccadé de notre marche, les attirer sur mes fesses de vierge, sur la toison de ma petite chatte que je m'efforçais de cacher de mes mains tout en marchant. Toutes les esclaves n'étaient pas enchaînées et, parmi celles qui l'étaient, aucune ne l'était plus que nous. C'aurait été difficile. J'avais l'impression d'être en dessous de tous ces gens, même en dessous des autres esclaves, en dessous de Tita et Nomi, les deux esclaves de notre groupe qui étaient vêtues. Tita était une belle Noire et avait noué deux morceaux de tissu autour de sa poitrine et de son bassin. La couleur crème de ces courts habits mettait superbement en valeur sa peau d'ébène. Nomi était blonde et portait un bikini violet.

Enfin, après avoir marché de longues minutes, on nous fit monter à l'arrière d'un petit camion où nous nous tenions debout, notre collier enchaîné non plus à celui des autres mais à une barre qui courrait au milieu de la plate-forme et à laquelle nous devions nous tenir de nos mains menottées pour ne pas tomber au gré des accélérations du véhicule. Nous traversâmes ainsi de nombreux quartiers. Il va sans dire que la plate-forme était découverte, et tout le monde pouvait nous regarder, promenées nues et enchaînées à travers toute la ville.

Nous n'osions parler entre nous, timides mais surtout trop honteuses de notre condition pour partager cette humiliation. Je faisais face à la blonde Nikol. Un moment, nos yeux se croisèrent et elle esquissa un pauvre sourire. Ce n'était pas grand chose mais il me réconforta, peut-être deviendrions nous amies ?

Enfin, on arriva au palais de la duchesse de Sylve. C'était une demeure somptueuse, que nous n'eûmes cependant pas le loisir de visiter. La Supérieure et la rousse nous conduisirent dans une sorte de dortoir. Là, on nous débarrassa de nos chaînes. La Supérieure demanda aux deux filles habillées de s'approcher d'elle. Sans mot dire, elle arracha leurs habits. " Ici, vous porterez les vêtements que nous vous donnerons ! " précisa-t-elle ensuite, mais on ne nous en donna aucun. On nous apporta de la nourriture et nous passâmes la nuit dans ce dortoir, nues sur des couches confortables mais sans draps. Il faut dire que l'atmosphère de la pièce était bien chaude. Malgré mon angoisse, j'étais fatiguée et dormis d'un profond sommeil. Je me réveillai à l'aube. Peu après, la Supérieure entra. Elle portait toujours sa cravache et était suivie de la rousse. Les deux femmes avaient abandonné leurs tailleurs chics pour des tenues de latex qui moulaient leurs formes superbes et laissaient voir leurs jambes et leurs bras.

- Esclaves ! fit la Supérieure, écoutez bien. La journée d'aujourd'hui sera consacrée à différentes formalités. Dès ce soir, vous rejoindrez le harem des vierges où vous serez désormais recluses. Le harem des vierges est sous la responsabilité de Virgo, fit-elle en désignant la rousse. Vous devrez lui obéir. C'est compris ?

- Oui madame !

La matinée fut consacrée à des examens médicaux. On nous fit des tas d'analyse pour s'assurer que nous n'avions pas de maladies. Un examen gynécologique fut également pratiqué. Il s'avéra satisfaisant. La duchesse n'avait pas été trompée sur la marchandise : nous étions bien toutes vierges.

L'après midi, nous fûmes conduites tour à tour chez l'esthéticienne. Ce fut bientôt à moi. L'esthéticienne me fit marcher de long en large, toujours nue, prendre des poses, relever mes cheveux. Puis elle fit ses propositions à la Supérieure :

- Je propose de laisser ses cheveux ainsi, ils sont magnifiques. Les ongles des mains vernis en blanc, ceux des pieds naturels. Epilation totale, sexe compris.

- Laissez un filet de poil ras sur le sexe, fit la Supérieure en considérant mon entrejambe, ça lui ira bien.

Ainsi fut fait. Je dus m'asseoir et écarter les jambes, offrir ma vulve au regard de ces femmes. On aspergea ma chatte de mousse, puis l'esthéticienne me rasa la quasi intégralité du sexe. La caresse du rasoir me causa un léger trouble, qui me rappela la main de Katsa. Qu'était-elle devenue ? Et Aoni ? Elle avait été vendue juste avant moi. A qui ? Pour combien ? L'avait-on elle aussi obliger à se déshabiller sur la scène ? L'avait-on couverte de lourdes chaînes ?

On nous conduisit enfin au harem des vierges. C'était une enfilade de pièces somptueuses, organisées en carré autour d'une cour intérieure découverte à laquelle on accédait en faisant glisser de gigantesques portes vitrées. Piscines, saunas, réfectoire et dortoir collectif, salles de bains carrelées, tout était fait pour que l'on n'eût jamais à quitter cette prison dorée. Les issues étaient surveillées par des gardes. C'étaient des femmes assez belles et très musclées, vêtues d'armures sexy et armées de lances et de cravaches. Ce n'étaient pas des esclaves mais des femmes libres et sûrement très bien payées. La condition de garde était très enviée dans le royaume, et permettait souvent à des hommes et femmes de milieux modestes de s'élever socialement. La formation était exigeante et difficile ; après l'avoir suivie, ces femmes étaient rompues à toutes les techniques de combat et pouvaient mater même des hommes ; on leur apprenait aussi à administrer de savants coups de fouet ou de cravache ; de quoi nous ôter, à nous faibles vierges, toute velléité de rébellion ou d'évasion. Pour aller où, de toute façon ?

Le harem était peuplé d'une soixantaine de filles environ. Notre arrivée fut l'occasion d'une grande animation, on nous entoura de toute part pour découvrir ces nouvelles arrivantes. Les filles nous dévisageaient et faisaient à voix basse des commentaires, elles riaient entre elles. J'avais honte, parce qu'elles étaient pour la plupart habillées, voire maquillées et couvertes de bijoux, et nous étions toujours toutes nues. La rousse leur ordonna de s'écarter en administrant quelques coups de cravache qui provoquèrent le reflux des filles qui retournèrent à leurs occupations. Vautrées sur des coussins autour d'une piscine, elles continuaient à nous observer de loin en émettant, c'est ce que du moins j'imaginais, des jugements esthétiques sur nos corps, nos visages.

- Vous dormirez par deux, vos noms sont indiqués au dessus des lits qui vous sont affectés. La petite étagère placée à la tête du lit vous permettra d'y ranger vos affaires personnelles. Vous trouverez celles-ci sur votre lit. Zana ! fit-elle. Une esclave brune accourut. Tu leur feras visiter les lieux, lui ordonna la rousse Virgo. Tu t'assureras qu'elles prennent une douche avant 17 heures. Il faut qu'elles soient propres lorsque la duchesse viendra contempler ses achats !

- Bien, madame, fit Zana.

La rousse sortit. Zana se présenta à nous. Elle avait 21 ans. Elle avait travaillé comme bonniche chez les maîtres de ses parents jusqu'à ce que ces bourgeois, prenant conscience de sa beauté, eussent décidé de la vendre à un harem. C'est par une agence de traite des vierges qu'elle s'était retrouvée chez la duchesse, qui l'avait choisie sur catalogue. Elle était depuis un an au harem des vierges. Je suis une des plus anciennes, nous dit-elle.

- Tu es là depuis un an, fis-je, et tu es une des plus anciennes ?

- On ne reste pas toujours là très longtemps, tu sais.

- Comment sort-on ?

Zana sourit.

- Tu n'es pas très au courant, dit-elle. Eh bien, on reste là tant qu'on est vierge, fit-elle avec un sourire explicite, puis on rejoint le harem des femmes…

Je rougis de ma bêtise, sans rien ajouter. Ce fut Nikol qui poursuivit :

- Tu es là depuis un an et toujours vierge ?

- Oui, fit Zana. Mais tu sais ce n'est pas nous qui décidons… Ca peut prendre beaucoup moins de temps, ne sois pas trop pressée.

- Je ne suis pas pressée, assura Nikol.

Zana nous demanda de nous présenter. Elle était très sympa, et son insouciance contrastait avec nos appréhensions. Cela nous rassura quelque peu. Après tout la vie ici serait peut-être agréable. Zana nous avait conduites au dortoir. Deux rangées d'une vingtaine de lits se faisaient face. C'étaient des lits très larges, au dessus desquels étaient gravés deux noms. Ils étaient tendus d'un dessous de drap gris, mais aucun drap ne permettait de se cacher dessous pour trouver un peu d'intimité.

- C'est pour éviter qu'on se caresse en douce, expliqua Zana. Notre maîtresse nous interdit d'avoir du plaisir en dehors de sa présence.

Je fus très surprise, la masturbation étant là encore une pratique très théorique pour moi. Au pensionnat, aucunes d'entre nous n'aurait eu l'idée de se laisser aller à de telles pratiques. De toute façon nous étions trop bien surveillées. Zana surprit mon air étonné.

- Tu verras, fit-elle. Quand tu en auras vu un peu plus, tu regretteras de ne pas pouvoir évacuer ton excitation en douce…

Je partageai mon lit avec Nikol. J'en fus heureuse, bien que nous n'ayons pas échangé trois paroles je sentais que j'avais avec elle des atomes crochus. Nos " affaires personnelles ", posées sur le lit, consistaient en quelques vêtements que l'esthéticienne avait choisis pour nous. C'était assez léger. Je disposais pour ma part d'un bikini vert, ainsi que de tissus qui, noués autour des hanches et de la poitrine, constitueraient un pagne et un soutien-gorge acceptables. Nikol ne disposait que d'une petite culotte et d'une nuisette à fleurs, assez courte et transparente. " Des fois, je te prêterai mon bikini ", lui glissai-je, et elle sourit.

Trop heureuses de trouver enfin des vêtements, nous avions entrepris de nous en couvrir mais Zana nous arrêta. " Inutile de vous habiller, il faut d'abord passer à la douche, vous avez entendu madame. Sinon je serai punie, et vous aussi ". La salle de bains était vaste et très bien équipée. Au dessus des lavabos, de petites armoires gravées elles aussi aux noms des esclaves contenaient des accessoires de toilette personnels. " J'espère que vous avez une bonne hygiène, fit Zana, notre maîtresse est une maniaque de la propreté. "

Les douches étaient collectives, d'ailleurs le harem entier semblait caractérisé par ce constant manque d'intimité. Seules les toilettes permettaient de se trouver un peu seule, mais Zana nous apprit qu'elles étaient surveillées par des caméras, afin que l'on ne s'y éternisât pas et, surtout, que l'on ne pût s'y livrer à des pratiques " répréhensibles ".

Nous nous lavâmes et nous habillâmes, puis on rangea nos affaires sur les étagères. Zana nous conduisit ensuite autour de la piscine, où elle commença à nous présenter aux autres vierges. Celles-ci nous posèrent des questions sur nous, d'où nous venions, auxquelles nous répondions un peu gênées. Soudain, des trompettes retentirent. Toutes les esclaves se regardèrent, certaines commencèrent à se recoiffer, à vérifier leur décolleté, à prendre des poses sexy au bord de la piscine. " Son excellence la duchesse de Sylve ", annonça une des gardes.

La duchesse parut, accompagnée de la Supérieure et de Virgo. Elle était vêtue d'étoffes très riches, couverte de bijoux somptueux. C'était la plus belle femme que j'avais jamais vue. Environ trente ans, grande, blonde aux cheveux courts ornés d'un diadème étincelant. Certaines esclaves, visiblement les plus novices, s'agenouillèrent sur son passage mais elle leur dit de se relever, sa voix était claire et gentille.

Parvenue au bord de la piscine, elle regarda Zana en souriant et lui tendit la main. Zana, agenouillée par terre, posa un baiser sur cette main, puis deux autres, puis la prit dans ses mains et commença à en sucer l'index, lentement, en le faisant entrer entièrement dans sa bouche, puis par de lents mouvements de va-et-vient, tout en jetant à la duchesse de longs regards en coin où l'on pouvait lire le désir et la soumission. Elle suça ainsi tous les doigts de cette main, finissant par le pouce. Toutes les autres se taisaient. Je trouvais ça extrêmement gênant, surtout pour Zana. Mais elle n'avait pas l'air de s'en formaliser. La duchesse avait posé son autre main dans ses cheveux et les caressait. " Ah, Zana ! comme j'aime te voir ainsi soumise " fit-elle.

Lorsque l'esclave eut terminé ces mouvements de succion, la duchesse se tourna vers la Supérieure.

- Alors, où sont mes nouveaux bibelots ?

- Les nouvelles, debout en rang ! ordonna Virgo.

Nous nous levâmes très vite, toutes les six, et nous mîmes en rang, les mains dans le dos, sans rien dire. La duchesse passa devant nous en nous observant attentivement. Devant Tita, la fille noire, elle s'arrêta et lui enleva son soutien gorge. Les seins de Tita jaillirent, superbes globes noirs sur lesquels la duchesse posa une main. Elle les caressa, puis se pencha et déposa sur l'un deux un court baiser. Tita restait immobile, se laissait faire, attendant de voir ce qui se passait. Puis la duchesse poursuivit son inspection, enfin elle passa devant moi et me caressa la joue. " Quel beau visage ", murmura-t-elle.

- Je suis fière de toi, fit-elle enfin à la Supérieure. Ce sont de très beaux achats. Sont-elles bien soumises ?

- Esclaves, à genoux ! ordonna Virgo en faisant claquer sa cravache sur les fesses de la fille qui se trouvait en bout de rangée. Pas de chance, c'était moi ! Le contact du cuir était toujours aussi douloureux. Nous nous agenouillâmes bien vite. La duchesse se présenta devant Nikol, à l'autre bout de la rangée.

- Pose le pied de ta maîtresse sur ta nuque ! ordonna Virgo.

Nikol obéit. Elle prit le menu pied de sa maîtresse dans ses mains, puis pencha son visage vers le sol et installa le pied sur sa nuque.

- Comment t'appelles-tu, esclave ? demanda la duchesse.

- Je m'appelle Nikol.

La cravache s'abattit sur son dos. " Répète après moi ! " fit Virgo. " Je m'appelle Nikol, maîtresse, et je suis votre esclave ! "
- Je m'appelle Nikol, maîtresse, et je suis votre esclave.

- " Mon corps et mon âme vous appartiennent… ".

- Mon corps et mon âme vous appartiennent.

- " Et je suis soumise à tous vos désirs ! "

- Et je suis soumise à tous vos désirs.

La duchesse avait observé toute la scène en souriant, ses yeux brillant de contentement, debout devant l'esclave agenouillée, le pied posé sur sa nuque. " Relève-toi ! ", fit-elle en enlevant son pied. Nikol se releva et reprit sa position aux garde à vous.

L'une après l'autre, nous dûmes nous plier à ce rituel. La duchesse demandait à la fille comment elle s'appelait, après quoi celle-ci devait réciter le couplet de soumission. La duchesse arriva devant Tita.

- Comment t'appelles-tu, esclave ?

- Je m'appelle Tita, maîtresse, et je suis votre esclave. Mon corps…

- Désormais tu t'appelleras Ebena, fit la duchesse.

- Recommence, Ebena ! fit Virgo en lui fouettant les fesses. Tita émit un petit cri.

- Je m'appelle Ebena, maîtresse, et je suis votre esclave. Mon corps et mon âme vous appartiennent, et je suis soumise à tous vos désirs.

Enfin, ce fut mon tour. Le contact du pied de ma maîtresse, que je posai moi-même sur ma nuque, me fit frissonner. Quelle humiliation de se retrouver ainsi, à genoux devant cette femme, le cul en l'air et le visage à terre, devant toutes les filles du harem ! Enfin, toutes avait dû en passer par là. " Comment t 'appelles-tu, esclave ?"

- Je m'appelle Ayla, maîtresse, et je suis votre esclave. Mon corps et mon âme vous appartiennent, et je suis soumise à tous vos désirs.

Voilà ! C'était dit. On m'avait souvent appelée esclave, mais c'était la première fois que je me désignais moi-même ainsi.

- Eh bien, fit ma maîtresse, puisque tu es soumise à tous mes désirs, lèche-moi donc le pied ! Et, ôtant son pied de ma nuque, elle le présenta devant mon visage. Je le regardais, interloquée. Elle était folle ! Jamais je ne lécherais son pied ! Deux forts coups de cravache vinrent me rappeler à ma condition. Les larmes aux yeux, je commençai à déposer de petits baisers sur son pied, à le lécher maladroitement. Il sentait bon ; elle devait se parfumer avec des huiles de luxe. Ma langue remonta jusqu'à la cheville, puis je déposai des baisers sur ses orteils. " C'est bien ", fit-elle, " suce le pouce à présent ! "

Quelle humiliation ! Pourquoi moi ? Pourquoi pas les autres ? Parce que j'étais la dernière du rang, sûrement. Parce que tel était le bon plaisir de ma maîtresse. Je n'avais pas à me poser la question mais à sucer cet orteil. Je le pris lentement en bouche, puis entamai de lents mouvements de va-et-vient comme je l'avais vu faire à Zana avec l'index de notre maîtresse. Je passai des petits coups de langue dessus, maladroite, inexpérimentée, tâchant de deviner ce qu'elle attendait de moi. Au bout de deux minutes environ elle me repoussa. " J'en ai assez ! " fit-elle d'une voix dure. " Tu devras t'améliorer, esclave ! Mais c'est bien, tu es soumise ! Remercie-moi ! "

- Merci, maîtresse.
- Merci de quoi, ingrate ?
- Merci, maîtresse, de m'avoir laissée lécher votre pied et sucer votre orteil !

Je ne pouvais pas croire que c'était moi qui venais de dire ça ! Enfin, elle m'autorisa à me relever, et nous pûmes disposer. Nous allâmes nous asseoir au bord de la piscine. J'avais envie de pleurer de honte. Nikol vint s'asseoir à côté de moi.

- Ce n'est pas grave, me glissa-t-elle à l'oreille. Tu as bien fait d'obéir. Un autre jour, ce sera moi ! Tout ça n'est pas bien important. Regarde les autres filles, elles n'ont pas l'air malheureuses. Si on est sages et qu'on se plie à ses désirs, je suis sûre que la vie ici ne sera pas si mal !

Et c'était vrai que les autres filles n'avaient pas l'air malheureuses. La duchesse passait au milieu d'elles, elles minaudaient et prenaient des poses, certaines avaient le privilège de recevoir une caresse, d'autres un baiser. Je trouvais ces attouchements entre filles choquants. C'était sûrement une habitude à prendre. Enfin, la duchesse se retira.

La vie au harem s'avéra agréable, en effet. Oisives, nous passions notre temps à paresser, autour de la piscine, à jouer à des jeux, faire de la musique, chanter, parler. Lorsque le temps le permettait, nous allions nous faire bronzer dehors, dans la cour intérieure. Sauf celles qui devaient rester pâles, selon la volonté de notre maîtresse ou des esthéticiennes. Pour ma part, j'avais le teint assez mat et on avait décidé qu'il fallait que je sois très bronzée.

Les soins de notre corps prenaient beaucoup de temps. Nous étions destinées à une chose : être belles. Nous passions plusieurs heures par jour entre les mains des esthéticiennes. On surveillait également notre régime alimentaire et l'on nous faisait faire de l'exercice, natation, badminton, … Tout ça était très agréable. J'aimais moins les interminables séances de gym et d'assouplissements, où l'on nous faisait prendre des positions insensées, je ne devais comprendre que plus tard dans quel but…

Comme je m'y attendais, Nikol devint ma meilleure amie. C'était une fille très sympa, intelligente, avec qui je pouvais parler de choses un peu plus intéressantes qu'avec les autres filles, souvent assez superficielles. Certaines ne savaient même pas lire. Nikol semblait moins naïve que moi, plus courageuse devant les épreuves. Son histoire, elle me la raconta au creux de notre lit, à l'oreille : son père était un entrepreneur, il était bûcheron. Il aurait souhaité avoir des fils pour l'aider dans son travail mais n'avait eu que deux filles. Lorsque l'aînée avait eu dix-huit ans, il l'avait vendue pour pouvoir s'acheter un esclave. Nikol savait qu'à sa majorité ce serait son tour. Elle avait été vendue à un entremetteur qui l'avait conduite sur le marché aux esclaves, où nous étions retrouvées. Sa condition d'esclave était donc toute nouvelle. Il faut s'y faire, disait-elle, fataliste.

La quiète vie du harem n'était troublée que par les rares visites de la duchesse. Elle venait deux fois par semaine environ, passait entre les esclaves, leur demandant de lui rappeler leurs noms, discutant avec elles, les caressant un peu, notamment celles qu'elle connaissait le mieux, comme Zana. Nikol et moi restions timidement à l'écart.

Quelques heures après son départ, Virgo venait généralement annoncer une douzaine de noms pour " la cérémonie de ce soir ". Nikol et moi ne savions pas de quoi il s'agissait. Nous n'osions pas le demander à nos aînées. Ces soirs-là, les filles sélectionnées quittaient le harem sous bonne escorte. Elles revenaient deux ou trois heures plus tard. Une expression de soulagement, de crainte et de désir à la fois sur le visage. Elles n'avaient pas trop envie de parler. Elles ne revenaient pas toutes. Une ou deux manquaient à l'appel. Celles qui n'étaient plus vierges, évidemment. Zana était presque tout le temps sélectionnée mais revenait toujours.

Un jour, la duchesse l'embrassait au bord de la piscine. Nikol et moi nous exercions au luth un peu plus loin. La duchesse nous regarda et se pencha à l'oreille de Zana. Celle-ci lui répondit quelque chose puis la duchesse appela :

- Nikol !

Nikol se leva et courut jusqu'à elle. Elle s'agenouilla comme on devait le faire lorsqu'on était appelée ainsi. La duchesse l'attira vers elle, tandis que Zana continuait à la caresser.

- Enlève ton soutif, Nikol !

Elle portait le bikini que je lui prêtais souvent. Nikol hésita une seconde. Nous étions toutes les deux restées assez pudiques. Certaines filles se baladaient seins nus dans le harem mais ce n'était pas notre genre. Mais il fallait obéir, la cravache de Virgo n'était jamais bien loin. Elle dénoua la ficelle et fit glisser le soutif, laissant apparaître ses seins superbes.

La duchesse les regarda puis se mit à les caresser doucement. Prenant ensuite la main de Nikol, elle la posa sur l'étoffe qui couvrait sa propre poitrine. Tu es très belle, lui dit-elle. Les caresses à trois, avec Zana, perdurèrent ainsi une quinzaine de minutes, Nikol se laissait faire par les deux femmes, puis la maîtresse la renvoya. Nikol revint s'asseoir auprès de moi. Je ne trouvais rien à lui dire.

Lorsque Virgo vint annoncer la liste, Nikol en faisait partie. Ebena aussi. C'était la première fois que des " nouvelles " participaient à la " cérémonie ". A l'heure dite les filles se mirent en rang et quittèrent le harem, escortées par des gardes. Pour lui donner du courage, je serrai la main de Nikol au passage, ce qui me valut une réprimande de la part de Virgo, et trois coups de cravache appliqués avec une précision diabolique sur mes seins.

Ce genre de soirées n'était pas très gai pour les filles qui restaient au harem. Les rires et les jeux habituels laissaient place à une ambiance un peu sinistre. Nous attendions, angoissées, le retour de nos camarades, nous demandant lesquelles ne reviendraient pas, nous demandant, pour celles qui n'avaient jamais été sélectionnées, ce qui se tramait à l'extérieur de notre cage dorée.

Enfin, elles furent de retour. Nikol était parmi elles, mais c'était Ebena qui n'était pas là. La belle Ebena avait dû se faire dépuceler ! Les filles n'avaient guère envie de parler, pour la plupart elles allaient se coucher, un peu rêveuses, sur leur lit. Ce fut d'ailleurs l'heure du couvre-feu, j'allai me coucher à côté de Nikol.

Cette nuit-là, pelotonnés l'une contre l'autre, elle me raconta à l'oreille, sur mon insistance, ce qui s'était passé.

- On nous a d'abord conduites aux vestiaires. Là, les esthéticiennes se sont occupées de nous, séparément, dans des cabines individuelles. L'une d'elles m'a lavée soigneusement et parfumée, puis on m'a fait enfiler un pagne de tissu. Ensuite…

- Ensuite ?

- Ensuite on nous a conduites dans une grande pièce luxueuse. Au milieu se dressait un grand lit de satin rouge. Plus loin, un trône. Notre maîtresse était assise sur le trône. Elle tenait en laisse un esclave. Un homme… Il était… nu.

- Tout nu ?

- Oui, tout nu.

- Tu as vu son… son sexe ?

- Sa bite, oui. Appelle un chat un chat, ma fille. Crois-moi, tu vas avoir besoin de te déniaiser un peu si tu ne veux pas tomber de haut d'ici peu.

- Et alors ? Que s'est-il passé ? fis-je, angoissée et curieuse à la fois.

- Nous étions toutes vêtues du même pagne, seins nus. On nous a placées dos au mur, puis on nous a enchaînées à des anneaux scellés dans le mur, bras levés et coudes écartés, les seins offerts. Alors notre maîtresse a commencé à nous passer en revue, en promenant son esclave en laisse. Elle nous regardait, nous caressait…

- Elle t'a… caressée ?

- Elle m'a regardée dans les yeux, et puis elle m'a… Elle m'a léché les seins, mordillé les mamelons.

- Et… et ensuite ?

- Ensuite rien. Je me suis laissé faire. T'as pas intérêt à protester, à mon avis. Virgo était là, avec sa cravache… La Supérieure aussi. Notre maîtresse est passée à la fille suivante. Une fois son petit tour terminé, elle a fait venir l'esclave. Elle lui a demandé comment elle nous trouvait. L'esclave a dit que nous étions très belles. Il… il bandait un peu.

- Tu veux dire… il avait une érection ?

- Une érection, si tu veux. Il commençait à bander, quoi. " Tu voudrais bien savoir laquelle je vais offrir à ta belle bite ?" lui a dit la duchesse. " Oui, maîtresse " a-t-il répondu.

- Elle lui a dit ça ?

- Attends, tu n'as encore rien vu. La maîtresse nous a toutes regardées dans les yeux puis elle s'est avancée vers Zana. Elle a recommencé à la caresser. " Tu aimerais bien te faire empaler sur sa bite, hein, espèce de salope ? ".

- Elle a traité Zana de salope ?

- Oui. Zana a répondu : " J'adorerais ça, maîtresse, si tel est votre plaisir ". " Tu attendras encore, espèce de petite pute en chaleur ", lui a répondu la duchesse. Et puis elle s'est approchée de moi. Elle m'a donné son annulaire à sucer.

- Et… tu l'as fait ?

- Bien sûr que je l'ai fait. Du mieux que j'ai pu, je me suis appliquée, crois-moi. Mais finalement elle s'est tournée vers Ebena.

- Et alors ?

- Elle a commencé à l'embrasser, d'abord des petits baisers sur les lèvres, puis elle l'a prise à pleine bouche. L'esclave bandait à fond, c'était incroyable. J'avais déjà vu des sexes d'homme, mais jamais bandés. Je ne sais pas comment on peut prendre un truc pareil dans le vagin, crois-moi. La maîtresse a arraché le pagne d'Ebena, elle a léché ses seins, et même… sa chatte.

- Et… ensuite ?

- Ebena poussait de petits soupirs, de petits cris. Elle semblait assez angoissée. Nous l'étions toutes, pour la plupart, à part les plus expérimentées. La duchesse a ordonné qu'on détache Ebena. " Tu vas devenir une femme, lui a-t-elle dit. Je te regarderai, tâche de me donner beaucoup de plaisir. "
On l'a conduite sur le lit de satin, elle a dû se coucher, nue, sur le dos. La maîtresse lui a ordonné d'écarter les jambes. D'abord, elle n'a pas obéi, mais la Supérieure lui a donné un coup de cravache sur les seins. Alors elle les a écartées.

- La pauvre !

- Oui. Elle était là, toute nue devant nous, le sexe offert dans notre direction. Notre maîtresse a alors fait détacher Zana. " Prépare-la " lui a-t-elle ordonné. Alors Zana s'est couchée sur Ebena. Elle a commencé à l'embrasser, à la lécher, d'abord les seins, puis elle est descendue, donnant des coups de langue sur son ventre. " Détends-toi ", lui conseillait-elle, " laisse-toi faire, abandonne-toi au plaisir. Il faut que tu mouilles ". Ebena a fermé les yeux, elle a posé ses mains sur la tête de Zana qui était descendue jusqu'à sa chatte.

- Elle… elle lui léchait la vulve ?

- Et elle avait l'air de savoir s'y prendre, crois-moi. Elle lui pourléchait le contour de la chatte, enfonçait sa langue entre ses lèvres. Ebena poussait des soupirs de plus en plus forts. Puis Zana s'est arrêtée et a regardé notre maîtresse. " Elle est prête, maîtresse ", a-t-elle dit. " Viens ", lui a dit la duchesse. Zana s'est levée et a marché jusqu'à son trône, elle s'est assise sur ses talons au pied du trône, la joue contre la jambe de la duchesse.

- Et… Ebena ?

- La maîtresse s'est tournée vers l'esclave. Nous le regardions toutes. Pas besoin de le préparer, lui, ça se voyait. " Fais d'elle une femme ", lui a ordonné notre maîtresse.
Alors il s'est couché sur Ebena. Le sexe posé sur son ventre. Elle avait peur, sa respiration soulevait ses gros seins. Il l'a un peu embrassée, léchée, puis il a pris sa bite dans sa main.

- Et… et alors ?

- Il a posé le gland sur sa chatte et il l'a enfoncé. D'abord un tout petit peu.

- Elle a crié ?

- Pas tout de suite. Il a fait quelques courts mouvements de va-et-vient, puis un peu plus violents et de plus en plus profonds. Elle s'est mise à crier, lui il continuait à la pénétrer de plus en plus régulièrement. On ne voyait plus sa bite, juste ses fesses s'agiter entre les cuisses d'Ebena.

- …

- Au bout d'un moment ses cris se sont transformés en soupirs. Elle avait l'air de ne pas trop souffrir. Elle a même refermé ses jambes sur les fesses de l'esclave. J'ai détourné le regard vers notre maîtresse. Zana, sur son ordre, avait écarté l'étoffe qui lui cachait le sexe, elle enfonçait deux doigts dans sa chatte blonde. Puis elle s'est mise à lui sucer le clitoris.

- Et toi là dedans ?

- Nous, on regardait. Apeurées, fascinées, je ne sais pas trop. La maîtresse aussi regardait. Elle caressait les cheveux de Zana mais n'avait pas un regard pour elle. Elle matait l'esclave en train de déflorer Ebena qui se laissait faire en soupirant, de temps en temps elle nous regardait nous pour juger de notre réaction. Elle avait l'air d'y prendre un plaisir incroyable.
Finalement, les mouvements des fesses de l'esclave se sont faits de plus en plus rapides. Il a poussé quelques cris de jouissance et s'est laissé retomber sur Ebena. Notre maîtresse encourageait Zana. " Broute-moi, petite salope, oui, broute-moi comme tu sais si bien le faire ! ". Elle a joui elle aussi. Ensuite elle a dit à l'esclave de sortir. Deux gardes l'ont emmené. Elle a dit à Ebena de marcher jusqu'à elle. Ebena s'est agenouillée devant elle. Il y avait un peu de sang sur sa chatte. " Tu es fière d'avoir sacrifié ta virginité devant moi ? " " Oui, maîtresse, merci de m'avoir fait cet honneur. J'espère vous avoir donné du plaisir. " " Un peu, a répondu la duchesse, mais ce n'est pas fini, nous avons toute la nuit. On va te laver un peu, puis je te ferai découvrir d'autres sensations. "

- Et alors ?

- La Supérieure a emmené Ebena, pour aller lui faire prendre une douche sans doute. La duchesse nous a congédiées. On nous a détachées, on a dû reprendre une douche puis nous rhabiller, et on a rejoint le harem. Au passage on m'a donné ça. Et elle me fit toucher, dans l'obscurité, un collier de perles qu'elle portait à son cou. C'est la récompense, notre maîtresse aime faire cadeau de bijoux aux vierges qui ont participé à ses " soirées ".

J'eus du mal à trouver le sommeil. J'étais angoissée à l'idée qu'un jour je participerais à une de ces " soirées ". Un peu excitée aussi, sans vouloir me l'avouer, en tout cas intriguée.

La vie reprit son cours normal, puis revint le jour du " sacrifice de la virginité ". Je ne pensais pas être choisie, la duchesse n'avait pas eu un regard pour moi lors de sa visite préparatoire. Virgo vint annoncer les noms des élues. Zana, une fois de plus, en faisait partie. Nikol aussi. A ma grande surprise, je fus choisie également. Nous étions onze filles.

On nous emmena dans des vestiaires. Là, onze esthéticiennes nous prirent en charge. L'une d'elles me fit entrer dans une cabine. Il y avait là une douche, des toilettes, une chaise, des miroirs et des produits de beauté. La fille m'ordonna de me déshabiller. Je déposai mes vêtements sur la chaise, toujours un peu honteuse mais commençant à m'habituer à être ainsi traitée. L'esthéticienne était vêtue d'un maillot de bain une pièce.

- Fais tes besoins, m'ordonna-t-elle en me désignant la cuvette des toilettes.

Je n'osai protester. Je m'assis sur les toilettes, honteuse. Faire mes besoins devant elle, c'était la première fois qu'on me demandait ça ! Mais il fallait obéir. Je n'avais pas trop envie pourtant, et sa présence me bloquait.

- Je… je n'y arrive pas, madame, finis-je par dire. Pourriez-vous vous tourner s'il vous plaît ?

Elle soupira. " Toujours la même chose avec les nouvelles ", fit-elle. Elle se retourna vers la porte.

- Essaye de te dépêcher, à présent.

Je m'appliquai, et finis par pouvoir faire mes besoins, même si les bruits me faisaient honte. Dès qu'elle entendit le bruit, d'ailleurs, l'esthéticienne se retourna. Quand j'eus fini, elle me fit entrer dans la douche. Là, elle entreprit de me laver, sous le jet chaud, avec du savon à la lavande et un gant de toilette. " Je peux me laver seule ", dis-je. " Ne discute pas ! " m'ordonna-t-elle. Elle me disait de lever les bras, d'écarter les jambes, de pencher la tête en arrière, … pour me laver où elle le désirait. Elle s'attarda longuement sur mon sexe, mon cul. " Tu es une belle fille, dit-elle, il faut que tu sois propre pour plaire à ta maîtresse. " Elle me fit un shampoing également, puis me sécha les cheveux. Elle vérifia soigneusement mon épilation, le vernis de mes ongles, la propreté de mes dents. Elle me mit du mascara sur les cils. Enfin, elle me dit de m'habiller. Le vêtement prévu était une aube blanche, transparente, qui descendait du cou jusqu'aux chevilles, laissant libres les bras. Puis je sortis de la cabine. D'autres filles attendaient déjà, portant la même aube que moi. On pouvait tout voir au travers, j'étais gênée.

Les dernières filles nous rejoignirent. Nikol était superbe, ses cheveux bouclés ramenés en un chignon, son corps mis en valeur par la transparence du vêtement. " Tu es très belle ", lui glissai-je, autant parce que c'était vrai que pour dire quelque chose, dissimuler ma nervosité. " Assez belle pour se faire mettre " répondit-elle sans sourire. On nous fit entrer dans la pièce. Celle-ci était telle que me l'avait décrite Nikol. Notre maîtresse attendait sur son trône. Je ne vis pas d'esclave à ses côtés.

On nous attacha comme Nikol me l'avait expliqué, les bras de côté, poignets à hauteur de la tête. La duchesse commença à nous caresser à travers nos aubes. Elle embrassa les seins de Nikol à travers le tissu. Parvenue devant moi, elle déposa un long baiser sur mes lèvres. Puis je sentis sa langue entrer dans ma bouche et jouer avec ma langue. C'était la première fois qu'on m'embrassait depuis le baiser de Katsa, au pensionnat. Je me laissais faire. Soudain, ses mains saisirent mon aube à hauteur de la poitrine. J'entendis le tissu se déchirer, je sentis le courant d'air sur mes seins, puis ses mains sur eux. Elle les massait, les frottait l'un contre l'autre, les pétrissait. Elle me pinça les mamelons. Je voulus crier mais sa langue me bâillonnait. Elle tortura ainsi ma poitrine pendant de longues minutes. C'était bon et douloureux à la fois. Incrédule, je sentis pour la première fois une humidité au creux de mes cuisses. La duchesse me lâcha soudain. Je restais là, les seins à l'air et le souffle court après cet interminable baiser.

Ma maîtresse s'arrêta enfin devant Zana. Elle la détacha. " A genoux !" lui ordonna-t-elle. Zana s'agenouilla. " Supplie-moi ! " lui ordonna la duchesse.

- Maîtresse, par pitié, entama Zana, permettez-moi d'être déflorée devant vous ce soir.

- Et pourquoi le ferais-je ?

- Je sais que je ne suis qu'une esclave indigne de cet honneur, mais j'ai tellement envie de me faire prendre devant vous.

- Tu peux faire mieux !

- J'ai tellement envie de vous témoigner ma soumission, belle maîtresse. Je veux vous procurer du plaisir autrement que par ma langue. Quel honneur ce serait pour moi de penser que votre Excellence mouille en me regardant me faire mettre une grosse bite dans ma petite chatte de jeune salope.

- Mmmm… Continue !

C'était incroyable d'entendre Zana, cette fille sympa qui nous avait si gentiment accueillies à notre arrivée, se laisser aller à ce jeu, employer des mots aussi vulgaires. Elle qui nous disait de n'être pas trop pressées ! Elle continuait.

- Je veux vous témoigner ma reconnaissance. Je veux vous remercier de votre indulgence pour une petite pute en chaleur comme moi. Je veux me faire défoncer la chatte devant vous, je veux crier ma douleur pour vous, me faire mettre en pensant à vous, à votre belle vulve humide. Par pitié, laissez-moi vous sacrifier mon pucelage !

Depuis combien de temps la duchesse la faisait-elle ainsi languir ? Plus d'un an, nous avait dit Zana. Ce jeu devait exciter notre maîtresse au plus haut point, aussi Zana ne devait-elle pas s'attendre à la réponse qui tomba :

-Eh bien soit, puisque tu ne peux pas te contrôler, petite pute, je consens à te laisser te faire pénétrer devant moi.

Zana , qui jusqu'alors n'avait semblé guère émue, habituée sûrement à ce petit jeu, en fut toute surprise.

- Me… Merci maîtresse. Oh merci ! Et elle lui lécha le pied. Elle réagissait vite, mais j'étais certaine qu'au fond d'elle elle aurait souhaité rester vierge, retourner tranquillement au harem où sa vie était si douce.

- Qu'attends-tu, salope ? Déshabille-toi et couche-toi, puisque c'est ce que tu veux.

Zana leva les yeux vers elle, puis se leva lentement et ôta son aube. Son beau corps nu semblait plus magnifique encore depuis qu'il était promis à ce sacrifice. Ses seins semblaient durcis par l'excitation qui avait malgré tout dû la prendre. Elle marcha en balançant les hanches, habile, suggestive, jusqu'à la couche de satin. Cette fille ne perdait pas la tête. Elle se coucha et écarta les cuisses, le sexe offert en notre direction.

- Qu'attends-tu ? demanda la maîtresse.

Zana parut surprise. Je ne sais pas, maîtresse. Votre bon vouloir.

- Tu attends une fille pour te préparer ?

- Oui, maîtresse.

- Et bien tu n'en n'auras pas. Prépare-toi toi même. Aucune de ces filles n'y parviendrait aussi bien que toi.

- Que dois-je faire, maîtresse ?

- Caresse-toi, masturbe-toi. Montre-leur que tu es une vraie salope, que tu ne t'es pas vantée tout à l'heure.

La duchesse semblait trouver un grand plaisir à l'insulter ainsi, et à lui proposer de l'imprévu. Zana s'exécuta. Elle ferma les yeux et bascula la tête en arrière. Elle posa ses mains sur ses seins, et commença à les toucher, les masser en cercle. Ils étaient magnifiques. Elle soupirait le plus langoureusement possible. Elle savait qu'elle devait se faire mouiller pour faciliter la pénétration, mais aussi faire mouiller sa maîtresse assise sur son trône. Sa main gauche resta sur sa poitrine, tandis que l'autre descendait lentement sur son ventre. Enfin elle la glissa entre ses cuisses, se mit à se masturber, s'attardant sur les lèvres de sa vulve, sur son clitoris. Je n'avais jamais vu ça. Je mouillais vraiment, malgré mon appréhension. Je ne pensais plus à moi, j'étais fascinée par Zana, par son corps ondulant au rythme de ses propres caresses, par ses soupirs d'aise qu'on sentait exagérés, faits pour exciter la duchesse autant qu'elle, et qui ne pouvaient cependant qu'être efficaces.

- Raconte-moi ce qui va se passer ! l'encouragea la duchesse de Sylve.

- Un esclave va entrer. Il va me regarder et se mettre à bander. Il va écarter mes cuisses et enfoncer son sexe dans ma chatte !

- Continue… fit la duchesse qui avait commencé à se toucher les seins au travers de sa riche robe.

- Il va me déchirer l'hymen. Je vais crier. Puis je vais sentir sa grosse bite me ramoner le vagin. J'aurai un peu mal mais je penserai à vous, je penserai que c'est à vous que cet esclave donnera du plaisir par l'entremise de mes cris de salope.

- Oui, salope. Tu aimes la bite, avoue ?

- Oui, maîtresse, j'adore la bite, mais je n'en ai jamais eu dans le vagin.

- Tu aimes les grosses bites bien dures ?

- Oui, maîtresse, j'aime les grosse bites, j'adore les sucer, bientôt j'aimerai me les faire mettre, j'en suis sûre !

- Tu as de la chance, esclave. L'homme que je t'ai réservé à une énorme bite, elle va emplir tout ton petit vagin de pucelle !

- Oh merci, maîtresse, merci de me traiter comme vous le faites, criait Zana en se tordant sur le lit comme un serpent.

La duchesse avait marché jusqu'à elle. Elle retira sa main de son sexe pour y poser la sienne.

- Mmmm… C'est vrai que tu es toute humide ! Ca t'excite donc vraiment, de te faire dépuceler par une grosse bite.

- Oui, maîtresse, oh oui, ça m'excite.

- Bien, faites entrer l'esclave !

Une des gardes entra en traînant un esclave enchaîné. Il avait les yeux bandés, son sexe pendait entre ses jambes. Je n'en avais jamais vu, mais je ne le trouvais pas si gros que ça.

- Notre ami a visiblement besoin d'être excité, fit la duchesse en se tournant vers nous. Nikol !

Nous avons toutes regardé Nikol. Elle ouvrit la bouche, interloquée. Fascinée comme nous l'étions, nous avions presque oublié notre présence ici ; nous n'étions que des spectatrices, nous croyant hors de danger. Virgo détacha Nikol et l'attira au pied du lit. Elle la fit s'agenouiller devant l'esclave, le visage à hauteur de son sexe. Je fixais mon amie, épouvantée de l'humiliation qu'on lui faisait subir. Mais je n'avais encore rien vu. La duchesse pencha la tête sur le côté et regarda Nikol avec un air mystérieux. Puis elle dit simplement, d'une voix très douce :

- Suce-le !

Nikol la regardait sans vouloir comprendre. " Prends son sexe dans ta bouche ", expliqua la maîtresse.

Nikol leva les yeux vers l'esclave qui attendait, les yeux bandés, les mains attachées derrière le dos. Puis elle reporta son regard sur le sexe recroquevillé. Doucement, elle tendit la main vers cette bite, la souleva et, se penchant vers elle, l'enfourna dans sa bouche.

" C'est très bien ! " fit notre maîtresse. Nikol était là, la bouche en rond autour de cette queue qui s'était mise à grossir à l'intérieur d'elle, faisant une petite bosse sur sa joue. Très vite elle comprit qu'elle ne pouvait pas rester ainsi. Elle n'avait jamais dû voir de fellation, pas plus que moi, mais elle se mit rapidement à effectuer autour de cette bite braquée des mouvements de va-et-vient avec sa bouche, la faisant entrer en elle le plus loin possible puis coulisser dans l'autre sens.

- J'adore voir des pucelles lécher une bite, fit la duchesse en riant. Elles ne savent pas s'y prendre mais leur instinct de suceuse reprend vite le dessus ! Elle s'en sort pas mal, tu ne trouves pas ? demanda-t-elle à Zana.

- Sûr, répondit celle-ci. Cette petite vicieuse m'excite, elle fera une excellente suceuse de queues !

Je ne pouvais pas croire que c'était Zana qui insultait Nikol ainsi. Elle qui s'était montrée si gentille avec nous ! Mais je comprenais. Elle devait jouer ce rôle. D'ailleurs elle même ne devait pas en mener large sous ces airs de salope : excité par la fellation de Nikol, le sexe de l'esclave s'était entièrement dressé. Il devait mesurer au moins vingt centimètres !

La fellation dura encore quelques instants. Nikol s'appliquait. Le sexe était devenu si gros qu'elle ne pouvait le garder en bouche tout le temps, elle le léchait par la hampe, par les côtés, ne négligeant pas les testicules, embrassant le gland. Elle paraissait concentrée, faire du mieux qu'elle le pouvait afin de ne pas mériter de réprimande. Le sexe de l'esclave brillait sous la lumière des chandeliers, brillait de salive et de ses propres secrétions. Pendant ce temps notre maîtresse avait enfoui la tête au creux des cuisses de Zana, afin de la lubrifier encore mieux. Puis elle ordonna à Nikol d'arrêter. On détacha l'esclave, on lui ôta son bandeau. " Accroupie ! " ordonna la duchesse à Zana.